V. Supra
25. Rigole d’environ 0 m, 60, versant l'eau du puits du Maltais dans le bassin trochoïde. V. Supra.
26. Puits du Maltais, moderne, à côté d'un orifice ancien qui a 2 mètres de large sur 5 mètres de long.
27. 28, 29. Le bassin trochoïde et ses annexes. Il a quelques pieds seulement de profondeur. Un enduit imperméable le couvrait. Spon i a trouvé au centre quelques colonnes, et Tournefort 2 deux piédestaux sur lesquels il a pu lire les noms de Mithridate et de Nicomède Epiphane. L’aspect de cet étang, malgré les modifications qu’il a subies, et sa position nous prouvent que c’était « l'étang en forme de disque » signalé par les auteurs. Hérodote le compare à l'étang de Sais, à peu près de la même grandeur, comme lui circulaire et comme lui entouré d’un mur 3. Il était voisin du palmier de Latone, de l’autel de cornes, et nourrissait les cygnes d’Apollon 4. Il est ceint d'un portique. [29]
Le monument n° 27 est probablement un gymnase. Il avait des colonnes au moins de deux côtés . Quelques-unes sont encore debout. (Diam., 0 m. 60; mesure des entrecolonnements, 2 m. 50.) Les chapiteaux sont doriques, d'un art médiocre. La tradition en fait un
1 Spon, 1, 179.
2 Tournefort, I, 297, 298.
5 Hérodot., II, 170, 171.
1 Cf. Eurip., Ion , 161, 170; Iph. in Taur ., 1103; Callim., H. in Del ., 261 ; H. in Ap ., 59 ; Theognis, 7.
DÉLOS
gymnase, et Spon a trouvé dans le voisinage 1 une inscription qui mentionne le gymnasiarque Séleucus. Il peut y avoir eu plusieurs gymnases à Délos. Monsieur Terrier voit, je crois, avec raison, dans le monument n° 28, l’agora de la ville. Ce monument était un portique formé par une double rangée de colonnes en marbre, séparées de loin en loin par des colonnes de granit2. Les colonnes, fort nombreuses du temps de Tournefort3, ont aujourd’hui presque disparu.
30. Sur deux lignes parallèles à ce dernier monument, nous trouvons des fragments de sièges en marbre, semi-circulaires, des piédestaux, des têtes de taureaux. Cet édifice, s’il dépendait de Tagora, servait peut-être aux jeux et aux cérémonies sacrées de Délos. Une fouille y serait fort utile.
J’en dirai autant pour les édifices 31, 32, 33, 34. On doit retrouver dans ce groupe le temple d'Apollon, le sanctuaire de Diane et leurs annexes. La place du temple d’Apollon [31] et celle du colosse des Naxiens [35] élevé autrefois devant ce temple 4, est fixée par la seule inspection des ruines .
31 . Le temple d'Apollon . Il renfermait tant de marbres que son emplacement est encore tout couvert de débris. L'expédition de Moréô en a étudié et dessiné quelques-uns5. Les colonnes n'étaient cannelées que
1 Spon, vol. III, p. 86.
2 Cette disposition de l’agora grecque est mentionnée par Vitruve, 5, 1.
5 Tournefort, I, 300.
4 Plut., Nicias , 3.
* Lxpéd. de Morée, vol. III, pi. 3 et 4.
GÉOGRAPHIE
près du sol et à la gorge du chapiteau. Cependant, nous fait observer M. Terrier, elles étaient achevées, puisque le temple fut réparé entre l’olympiade 110 et Tolympiade 150 1 2 3 4, longtemps avant la dévastation de l’île. Les tambours ont, les uns 0 m. 95, les autres,
0 m. 70. La plinthe du chapiteau mesurait O m. £0 d'épaisseur sur 1 m. 15 de largeur. L'édifice n'était guère plus grand que le temple de Thésée à Athènes, et n'avait pas 50 mètres de long.
Les édifices 32 et 33 semblent avoir été reliés l'un à l'autre. On voit entre eux des têtes de dauphins, des tuiles de marbre, des fragments de pilastres. Parmi les ruines du premier, on rencontre des chapiteaux, doriques d’un côté, représentant de l'autre des taureaux agenouillés i2.
L’édifice n° 33 est un temple dorique de 16 mètres de long 3. Le diamètre des colonnes est de 0 m . 65 . Parmi ces débris, une petite base ronde porte une ins^ cription qui est donnée incomplètement dans le troisième volume de l'Expédition de Morée 4.
Les édifices 34 et 35 furent un grand temple et peutêtre des propylées. En 35 5 * * se trouve la base d'une
1 C. I. Gr., n* 2266.
2 Expéd. de Morée, vol. III, pl. 7. Ces génisses ou ces taureaux ne seraient-ils par les représentations de divinités lunaires ? d’Artémis taurique ? des vierges hyperboréennes ?
3 Voir le dessin d’un fragment d’antéfixe. Expéd. de Morée, vol. III, pl. 9, fig. 5.
4 Cf. C. I. Gr. add. n° 2283 c.
5 Kirchhoff (Histoire de l’alphabet grec)% et M. Terrier ( Mém . '
inéd.), ont fait l’histoire de cette base et de l’inscription qu’on
y trouve gravée.
DÉLOS
statue colossale que les Naxiens avaient érigée au dieu de Délos. Cette statue fut renversée par le palmier de bronze que Nicias consacra1 devant le temple d’Apollon. La base de la statue est encore en place. On y a gravé deux inscriptions, l’une, aujourd'hui très-mutilée: «Les Naxiens à Apollon » ; l'autre, beaucoup plus ancienne, et qui doit être ainsi restituée : toO avrov KQov dfj.i dvd pixç, xal zo ayiXaç 2. — < Nous ne sommes qu’une même pierre, la statue et la base .*>. Sans doute le colosse abattu fut relevé, et l’inscription des Naxiens gravée après coup. Au moyen âge, le dieu était encore debout; les Vénitiens voulurent l’enlever et ne réussirent qu’à le renverser 3. On a raconté à Wheeler 4 qu'un Anglais avait mutilé cette statue, et à Spon, qu’un provéditeur de Tinos avait fait scier le visage du dieu. Tournefort vit le colosse brisé en deux morceaux. Ils ont été transportés à quelque distance de leur base [37].
36. Portique de Philippe. Ce monument mesurait plus de 100 mètres de long. Les colonnes sont en style dorique, très-élancées, puisqu’elles n'avaient à supporter qu'un plafond . Sur l’architrave courait une inscription 5 consacrée au roi de Macédoine Philippe, fils de Démétrius. On ne distingue plus que le mot j3aat ).éooç .