‹ Recherches Sur L'Acétonurie Et Le Coma DiabétiqueChapitre 11 sur 12 · REA · texte numérisé non relu

REA

Le lendemain, il n’a pas diminué sensibiement de poids, mais sa température n’est plus que de 38°6.

Le surlendemain, poids : 2 k.600. Température, 3902.

6°) Cobaye mâle, Poids 775 grammes.

Injection intrapéritonéale de 0 gr.028 de nitrile cinna-

mique par kilogramme en solution alcoolisée.

Aussitôt après l’injection, la respiration est irrégulière et difficile; l'animal marche lourdement ; il présente de la somnolence.

Après 2 minutes, il tombe sur le flanc. Les membres s'étendent par résolutionmusculaire; la mortsemble imminente. Cet état dure une minute, puis l'animal commence à se mouvoir ; ilse relève très péniblement pour retomber de nouveau, et cela, plusieurs fois de suite.

Dix minutes après, l'animal est toujours engourdi. Les membres sont paralysés; il tombe comme une masse au moindre choc.

Au bout de 20 minutes, les mouvements deviennent plus faciles.

La dyspnée, qui était très intense, a diminué progressivement.

Le lendemain, l'animal ne pèse plus que 675 grammes.

7°) Cobaye mâle. Poids : 645 grammes.

Injection intrapéritonéale de 2 centigrammes de nitrile cinnamique par kilogramme, en solution alcoolisée .

À peine l'injection est elle faite que l'animal paraît inanimé. Après une minute environ, il fait quelques petits mouvements, mais il reste néanmoins couché sur le côté. La respiration est haletante et irrégulière.

Vingt minutes après, l'animal a perdu toute sensibi-

En BDD

“lité ; touché avec une baguette de platine rougie au feu,

il ne réagit par aucun mouvement ; la résolution muscu-

laire est complète. La respiration se ralentit, (50 inspirations par minute). A

Une heure après, même état. La respiration se ralentit encore (30 inspirations par minute).

L'animal meurt au bout de 2 heures.

Ainsi, l’on retrouve, dans l’intoxication par les nitriles, de même que par les cyanures ou l'acide cyanhydrique, tous les symptômes du coma diabétique, se succédant dans le même ordre que lorsqu'on les observe chez les comateux, la dyspnée se manifestant toujours dès le début de l’intoxication.

La toxicité des nitriles est dûe, d’après M. Fiquet, au

groupe CAz qui fait partie de leur formule de constitution; il est donc naturel que l’intoxication par les nitriles soit caractérisée par les mêmes symptômes que l’intoxication par les cyanures ou l'acide cyanhydrique.

Il serait difficile d'expliquer comment ces derniers corps pourraient se produire dans l’organisme des. diabétiques ; la formation des nitriles toxiques chez ces. malades. peut, au contraire, aisément se concevoir, et M. Fiquet en donne la théorie suivante :

Les matières albuminoïdes, ainsi que l'a dit M. le professeur Gautier dans ses («Leçons de chimie biologique» (p. 44) doivent être considérées comme des nitriles complexes, d’après leurs propriétés chimiques ; il est donc naturel de concevoir, sous l'influence d’une dislocation moléculaire d’une partie de ces albuminoïdes dans l'organisme, l'existence de nitriles à poids moléculaire

LABUSSIÈRE > 5

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beaucoup moins élévé. Pour que ces nitriles soient complètement détruits, il faut qu'ils subissent les phénomènes d’hydratation et les phénomènes d’oxydation qui constituent le double processus de désassimilation des albuminoïdes dans l’économie. Or, dans le diabète, -le processus d'oxydation est entravé, et la preuve nous en est donnée par ce-fait que le sucre qui, normalement, devrait être brûlé d’après l'équation :

CHMOETRO=CCOrELEO

demeure sans modification dans le sang et passe dans les urines. |

Les phénomènes d'hydratation persistent cependant, car ils sont intimement liés à la vie de la cellule, et transforment le groupe nitrile en acide carboxylé par fixation de 2? molécules d’eau, en donnant naissance à de l’ammoniaque. L’acide f-amidobutyrique, par exemple, duquel dérive l'acide $-oxybutyrique, proviendrait donc de l’hydratation du nitrile amidobutyrique.

CH°CH.AzH?.CH?.CAz+2H?0—=AzH + nitrile amidobutyrique CH?.CH.AzH?.CH?COONH acide amidobutyrique

Cette hydratation du nitrile amidobutyrique, donnant naissance à de l’'ammoniaque et à de l'acide amidobutyrique, sans aboutir à l’urée, suivie à son tour de l’hydratation de l’acide amidobutyrique, qui donne naissance à de l’ammoniaque également et à de l'acide oxybutyrique sans aboutir non plus à l’urée, est confirmée par ces deux faits que, dans les urines diabétiques, on constate :

1°) que l’ammoniaque urinaire est considérablement augmentée ; et 2) que la production de l’acétone, provenant elle-même de l’acide oxybutyrique, ne suit pas les variations de la production de l’urée.

Si, à un moment donné, la perturbation de l’organisme diabétique s'aggrave encore, le processus d'hydratation sera lui-même entravé; les nitriles provenant de la désassimilation imparfaite des substances albuminoides, demeureront intacts et détermineront, par leur -extrème toxicité, le coma diabétique. -

La démonstration directe de la présence de ces nitriles

‘toxiques dans l’organisme des diabétiques présentant des accidents comateux ou bien ayant succombé au coma, n’a pas encore été faite ; cette conception de la pathogénie du coma diabétique est de date trop récente; en outre, 1…l sera difficile de mettre en évidence et d'isoler des poisons qui agissent en aussi infinie quantité, en un état d'aussi grande dilution dans les liquides organiques. Il sera diffi-

cile également de déterminer exactement quels sont les nitriles auxquels doit être attribué le coma. La grande toxicité de ces corps explique bien l’irrémédiable gravité des accidents comateux une fois qu’ils sont nettement déclarés, et l'impuissance de tous les traitements qui -ont été préconisés pour les combattre. é

Quelle est la cause de ce trouble de nutrition qui

-enraye successivement les processus ordinaires de la désassimilation des substances protéiques et permet ainsi aux nitriles toxiques, provenant de cette désassimilation imparfaite, de demeurer intacts dans l'organisme des dia-

bétiques pour produire le coma ? Il faudrait, pour

ES

répondre à cette question, remonter à Ja pathogénie du diabète lui-même et dépasser les limites que nous nous sommes assignés de restreindre notre étude à la recherche de la pathogénie d’une des plus graves compli-

cations de cette maladie, le coma diabétique. 3

En résumé, le coma diabétique est le résultat d’une intoxication, déterminée par un corps toxique qui prend naissance dans l’organisme même des malades, ainsi que tous les auteurs sont üunanimes à le reconnaitre actuellement. L’acétone, l'acide diacétiqueet l’acide $-oxybutyrique, qui ont été considérés successivement comme les agents producteurs des accidents comateux, ne possèdent pas une toxicité suffisante pour qu’on puisse admettre les théories qui les ont mis en cause. Il est donc rationnel d'attribuer ces accidents à d’autres corps, à fonction nitrile, infiniment plus toxiques, qui, sous l'influence de la perversion générale des actes nutritifs inhérente au diabète lui-même, proviennent de la désassimilation imparfaite des albuminoïdes dans l'organisme atteint par cette maladie.

La formation de l’acétone, provenant de l’accide B-0xYbutyrique, est en corrélation avec l’existence première de ces nitriles, et par conséquent, avec le trouble de nutrition qui nepermet pas aux processus de désassimilation de suivre leur cours normal. L'évaluation de l’acétonurie fera donc connaitre l'intensité de ce trouble de nutrition, car on trouvera d'autant plus d’acétone dans les urines que le processus d’oxydation aura été lui-même plus profondément entravé. Il faudra craindre dès lors l’immi-

pe nence du coma si, à un Bot de le processus d'hy- “ | dration vient : à être entravé à son tour chez un diabétique ne dans les urines duquel on aura constaté une acétonurie | progressivement cr HAEAULES

Sn Me fees VU: LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE. ESS Éc- Re D CCIR NP Xe D Ju tr Doyen | We D à "BROUARDEL | CR

: Vu et permis d'imprimer.

dm: er Pt RECTEUR DE L'ACADÉMIE DE PARIS 154 D en sn. GRÉARD. | 45

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