F, — RÉGION SACRÉE
a. — Dans le fott».
Les tertèbres sacrées de distinguent immédiatement, dans le fœtus, d'avec les vertèbres lombaires par l'aplatissement de leur corps et par le peu d'étendue de leurs masses latérales, par la brièveté de leurs lames, et, sauf la première, par l'absence, ou plutôt l'atrophie, et la soudure réciproque de leurs apophyse* articulaires. Ajoutons que les trous de conjugaison, qui résultent de leur rapprochement en série, sont relativement beaucoup plus étroits.
La première vertèbre sacrée fait seule exception à cette règle générale. Elle a une masse latérale très-forte, une apo-physe transverse marquée, enfin, en avant, une apophyse articulaire nettement constituée et enveloppante , selon le type des vertèbres lombaires; l'apophyse articulaire postérieure y est encore indiquée, mais à l'état de vestige seulement. La seconde vertèbre présente encore une masse latérale distincte et un rudiment d'apophyse transverse. Ces deux vertèbres seules s'articulent avec l'iléon.
Dans un des jeunes individus que nous, avons sous les yeux, elles présentent toutes deux une particularité curieuse. L'une et l'autre portent un tubercule costal bien séparé et fort distinct au bout de son apophyse transverse. La première vertèbre présente cette particularité du côté droit seulement; dans la seconde, au contraire, elle existe à gauche. Il est probable qu'à une époque moins avancée de la vie fœtale, ces noyaux étaient distincts des deux côtés de ces vertèbres, et leur présence est sans doute expliquée par l'importance du rôle que jouent ces vertèbres considérées comme la base et le point d'appui du membre postérieur (1). La troisième et la quatrième vertèbre ne m'ont offert rien de semblable, et elles n'ont en effet avec le bassin aucun rapport direct.
b. — Dans l'adulte.
Les vertèbres sacrées, toutes distinctes et indépendantes dans le premier âge, sont ici soudées entre elles par leur corps, par leurs apophyses transverses taillées en fer de hache, et même par les rudiments de leurs apophyses articulaires. Les deux premières sont très-larges; elles s'articulent seules
(4) Dans le squelette (Ton Hippopotame du Nil, âgé de quatre jours, et dont nous avons déjà parlé plusieurs fois, les apophyses transverses de la première sacrée portent chacune un noyau costal distinct qui s'applique en avant à l'os coxal et fait partie de l'articulation sacro-iléale. Rien de pareil n'existe sur la deuxième sacrée, où ces éléments, en se soudant, ont cessé préalablement d'être distincts. L'existence d'éléments costaux aux vertèbres sacrées, est loin de donner gain de cause à ceux qui ne voient dans la ceinture iléale que la représentation d'arcs costaux, manière de voir que l'étude du système nerveux ne confirme pas davantage.
(Cf Owen, De l'archétype, et Gervais, Comidérations sur la théorie du iquelette.)
avec l'os des iles et sont des vertèbres sacrées par excellence. Les autres vertèbres ne diffèrent pas sensiblement des vertèbres caudales, et ne peuvent être rattachées au sacrum que par le fait de leurs mutuelles soudures. On sent qu'un caractère pareil est nécessairement très-incertain; aussi est-il à peu près impossible de déterminer le nombre typique des vertèbres sacrées de l'Hippopotame.
Les lames supérieures de ces vertèbres sont très-peu élevées, et, à l'exception de la première qui est grêle et distincte, toutes les autres sont basses, très-dé veloppées. d'arrière en avant, et surmontées d'une épiphyse étroite et couchée sur le bord supérieur de leur apophyse épineuse. Ces lames et ces épiphyses ont une tendance très-prononcée à la soudure, dans toute la longueur [du sacrum, par les progrès de l'âge. La soudure commence par les épiphyses, elle s'étend ensuite à toute l'étendue des lames. Dans les vieux individus, toutes les vertèbres sont ainsi confondues en un seul os.
Leurs apophyses transverses sont intimement confondues avec leurs lames costales. Nous avons dit que la lame générale qui résulte de cette union, est en forme de fer de hache. Ces fers de hache, distincts à leur base, se soudent en série par les extrémités de leur tranchant; les trous que circonscrivent ces soudures de deux apophyses transverso-costales consécutives, sont grands et dilatés, et cette particularité fournit un excellent caractère ostéologique. Les apophyses articulaires sont manifestement 'indiquées, mais elles ne s'articulent point, et tout au plus chez les vieux animaux viennent-elles à se souder
à îâ fois par des prolongements stalactiformes. Elles sont d'ailleurs surmontées par des tubercules antérieurs assez saillants, qui, bien distincts sur les premières vertèbres, se rapprochent de plus en plus du plan médian des apophyses épineuses, et fofrniént ainsi deux séries convergentes en arrière. Toutes ces particularités méritent d'être signalées avec soin; elles fournissent un ensemble de caractères tout à fait propres â l'Ëippopotâme, et qui peuvent être, dans beaucoup de cas, d'un excellent secours. Il serait, par exemple, impossible de confondre le sacrum d'un Hippopotame avec celui d'un tthinocéros aux grandes apophyses épineuses, surmontées d'épiphyses tuberculeuses et bilobées, aux apophyses articulaires bien développées, aux lames costales médiocres, circonscris Vant par leur soudure des trous très-petits. Des remarques analogues permettent de les distinguer également des Chevaux et des Ruminants. Chez les Tapirs, dont le sacrum n'a, comme celui de l'Hippopotame, que des apophyses épineuses trèsbasses, la petitesse des trous circonscrits par la soudure des apophyses transverses et le développement des apophyses articulaires fournissent un élément immédiat de distinctioh facile. Enfin, dans les cochons, qui s'éloignent moins à cet égard, les apophyses épineuses sont étroites et ne présentent plus aucune tendance à se souder par leurs sommets.
Tel est le sacrum de l'Hippopotame; ses dernières vertèbres fournissent une transition facile à la forme des premières caudales.