COMPARAISONS ET DIFFÉRENCES CARACTÉRISTIQUES
Le bassin de l'Hippopotame ne saurait être confondu qu'avec celui des herbivores en général, et en particulier du Rhinocéros, du Tapir et de l'Eléphant. Nous insisterons en conséquence sur ces animaux d'une manière particulière.
Dans les Rhinocéros, la palette iléale est beaucoup plus dilatée que dans l'Hippopotame et portée sur une base extrêmement évidée. La concavité du bord inguinal est à peu près équivalente à celle du bord sciatiquc, tandis que dans l'Hippopotame ces deux concavités sont fort inégales.
Le bord supérieur, ou crête de l'iléon, est convexe dans les petites espèces, telles que le sumairensis et le sondmais; mais dans les grandes espèces, telles que le Rhinocéros sinus, Vafricanus, et Y indiens, il fait une grande ondulation. Les angles de la palette sqnt beaucoup moins émoussés que dans l'Hippopotame; l'angle sciatique, qui s'appuie sur le sacrum, est fort aigu; l'externe l'est aussi, mais sa pointe épiphysaire est bifide et porte deux tubercules divergents: aucun de ces caractères ne convient à l'Hippopotame, dont la palette iléale a ses angles émoussés.
L'ischion, si long chez ce dernier, est court dans le Rhinocéros, et terminé par une apophyse tuberculeuse extrêmement épaisse dont le crochet est très-relevé; en outre, chez ces animaux, les pubis sont plus robustes dans leur corps et dans leurs branches descendantes; enfin la symphyse est fort épaisse 9 et porte une épine inférieure.
Le renflement du bassin, au point d'union des trois os composants, est énorme, et enveloppe une large cavité cotyloïde qui a une profonde échancrure à son bord interne. En arrière de ce renflement est un vestige d'épine sciatique tronquée à sa base. Le trou sous-pubien est grand et elliptique ; l'ellipse est moins allongée que dans l'Hippopotame. Mais ce n'est pas tout. Dans ce dernier, son grand axe était longitudinal; dans le Rhinocéros, il est transversal. Le pourtour du détroit supérieur du bassin fournit enfin un dernier caractère : sa forme, dans le Rhinocéros, est celle d'une ellipse dont le grand axe est vertical ; nous avons vu que ses deux diamètres sont égaux dans l'Hippopotame.
Les Tapirs rappellent en général les Rhinocéros, sauf la forme des angles de la palette iléale, qui sont dilatés, tronqués à leur extrémité, et si saillants en avant, que le bord antérieur est concave.
Le bord sciatique et le bord inguinal sont inégaux comme dans l'Hippopotame, mais d'une manière inverse, la concavité du bord inguinal l'emportant sur celle du bord sciatique. L'ischion est beaucoup plus allongé que dans l'Hippopotame, mais le pubis l'est relativement beaucoup moins par sa branche descendante; la tubérosité ischiatique est double. Enfin, le trou sous-pubien est presque circulaire. La cavité cotyloïde est petite avec une forte échancrure. Terminons en disant que le détroit supérieur du bassin est de forme ronde trèsrégulière.
On passe aisément de la forme des Tapirs à celle des Chevaux/
qui en diffèrent cependant par une dilatation plus grande des tubérosités ischiatiques, qui concourent dans une plus grande étendue à la formation de la symphyse. Enfin, le trou souspubien est très-petit, l'ouverture du détroit supérieur est bilobée, et la cavité cotyloïde a une grande échancrure. Aucun de ces caractères ne concorde avec ceux que nous a présentés le bassin de l'Hippopotame.
Nous ne citerons ici les Éléphants que pour mémoire, tant les formes de leur bassin diffèrent.
Jetons maintenant un coup d'oeil sur le bassin des Ruminants. La palette iléale est peu évasée. Son col est évidé, et son angle externe fait en avant une grande saillie, ce qui n'a pas lieu dans l'Hippopotame. La palette ischia tique est peu épaisse, mais très-dilatée, surtout dans les grandes espèces de Cerfs et d'Antilopes. La tubérosité ischiatique est forte, avec une grande épiphyse ; elle porte à son côté externe une grande apophyse. Le pubis est court, mais sa branche descendante, unie à la branche de l'ischion, est tout entière comprise dans la symphyse.
Le trou sous-pubien est énorme et fort allongé en général, du moins dans les Cerfs et dans les Antilopes. Il l'est beaucoup moins dans les Girafes et dans les Bœufs. Le bassin de ces Ruminants est d'ailleurs remarquable par un caractère facile à saisir; ce caractère consiste dans la présence d'une dépression marquée et souvent profonde à la partie inférieure du bord inguinal; immédiatement au-dessus de la cavité cotyloïde, qui est petite et peu échancrée, ce caractère, la présence d'une apo-
physe saillante au côté externe de l'ischion , l'étroitesse de l'iléon et le prolongement en ayant de l'angle externe de sa palette, distinguent donc le bassin des Ruminants de celui des Hippopotames.
Les Chameaux, parmi les Pachydermes ruminants, se distinguent aussi de ces animaux par des caractères très-précis en ce qui touche le bassin. Ainsi leur ischion est très-court, avec une apophyse énorme au côté externe de sa tubérosité ; leur pubis est trapu, avec de larges branches descendantes; enfin le trou sous-pubien est fort petit et de forme à peu près circulaire.
Tous ces caractères établissent des différences capables de frapper l'œil le moins exercé. D'ailleurs l'iléon est de toute forme; son angle antérieur interne est tronqué à son sommet; il fait néanmoins une beaucoup plus grande saillie que l'externe, qui est fort aigu. Il n'y a d'ailleurs aucune trace de fossette à son bord inguinal au-dessus de la cavité cotyloïde : ces caractères permettent de distinguer les Chameaux des vrais Ruminants autant que des Hippopotames. Ajoutons que chez eux le détroit supérieur du bassin est de forme ovale avec son extrémité dilatée en haut. Nous avons vu que dans l'Hippopotame, il est rectangulaire avec ses angles émoussés, mais la forme du détroit est celle d'un trapèze ou d'un rectangle dont le diamètre est vertical.
On aurait pu s'attendre à trouver dans les Cochons des formes moins différentes. La forme de leur bassin a cependant d'autres caractères. La palette iléale est étroite et son angle externe est saillant. Sa face externe est parcourue dans toute sa Ion-
gueur par une arête saillante. L'ischion est plus court, plus massif, plus relevé, et surmonté d'une épiphyse triangulaire; l'épine sciatique est tronquée, mais sa base est grande et large ; enfin la cavité cotyloïde est petite et profondément échancrée. Le pubis d'ailleurs est grêle. Le trou sous-pubien est elliptique, et son grand axe est longitudinal; ce sont là deux caractères communs avec l'Hippopotame, mais ce sont les seuls.
r Du fémur dan* l'adulte.
Le fémur de l'Hippopotame se [distingue immédiatement par la gracilité relative du corps de sa diaphyse et par le renflement de ses extrémités* Cette diaphyse n'offre d'ailleurs aucune trace de troisième trochanter, ce qui ne permet de confondre avec aucun Pachyderme à système digital impair» La face antérieure présente au bas de son quart supérieur un trou nourricier, caractère qu'on retrouve dans les Cochons et dans les vrais Ruminants ; inférieurement, elle présente une légère excavation immédiatement au-dessus de la trochlée rotulienne. La face postérieure présente les particularités suivantes. Les deux crêtes qui descendent du grand et du petit trochanter aux tubérosités épicondyliennes, et qui, dans un grand nombre d'animaux, s'unissent vers leur milieu pour constituer la ligne âpre, sont ici séparées par un grand intervalle. Celle de ces lignes qui descend du [grand trochanter à l'épicondyle externe est surtout fort saillante à sa partie inférieure, et recouvre une dépression ou fosse à fond rugueux, qui est située vers le quart inférieur de la diaphyse, au côté externe de sa lace postérieure*
Cette dépression, très-profonde dans un Hippopotame de Natal adulte, mais jeune encore, Tétait moins chez deux Hippopotames plus vieux, l'un du Sénégal et l'autre du Cap. Elle parait donc se combler par les progrès de l'âge, mais en revanche la tête qui la recouvre se charge de nodosités stalactiformes. Ses bords, dans l'Hippopotame de Natal, étaient abrupts, rugueux et comme déchirés.
Le grand trochanter est massif, très-saillant en dehors et un peu recourbé ; il porte deux tubérosités : l'une, antérieure, est arrondie; l'autre, externe, est conique; elle forme le sommet de l'épiphyse.
Deux murailles unissent le grand trochanter, l'une à la tête du fémur, l'autre au petit trochanter. Ces deux murailles unies au col du fémur, limitent un espace triangulaire dans lequel est creusée une fosse trochantérienne largement ouverte et très-profonde.
Le col du fémur, sans être fort long, est recourbé en dedans, et bien détaché du corps de la diaphyse. Sa tête est coiffée d'une calotte articulaire sphérique qui se prolonge surtout en dedans et en arrière. Elle est d'ailleurs de volume médiocre. Une bande rugueuse l'unit au petit trochanter, qui est large, rugueux, peu saillant et de forme elliptique.
L'extrémité inférieure de la diaphyse est extrêmement massive. Elle est fort recourbée en arrière (caractère fort opposé à ceux que présentent les Proboscidiens) , et se partage entre deux masses condyliennes divergentes que séparent une gorge et une échancrure profondes ; la face antérieure de cette partie
condylienne recourbée porte un massif énorme taillé en poulie pour l'articulation rotulienne; la gorge de cette poulie est large, mais peu profonde. Elle est fort sensiblement oblique de haut en bas et de dedans en dehors. De ses deux moulures, l'externe est à la fois la plus épaisse, la plus saillante et la plus haute. Les flancs de cette poulie sont élevés au-dessus de la masse épicondylienne et sensiblement plats.
CARACTÉRISTIQUES DIFFÉRENTIELLES
Il ne saurait être permis d'hésiter entre le fémur d'un Hippopotame et celui d'un Rhinocéros. Dans ce dernier, en elfet, la diaphyse est plus massive et fortement aplatie d'avant en arrière ;i sa partie supérieure. Au bord externe de cette partie aplatie est un troisième trochanter saillant et recourbé en avant; un peu plus haut, au côté interne, est le petit trochanter. Le grand trochanter est massif, tuberculeux, mais il a peu de saillie, et sa fosse trochantérienne est presque nulle. Chez un vieux individu de Rhinocéros indien de la collection du Muséum, il s'en détache une épine qui vient s'unir à une épine correspondante du trochanter externe, et ces deux épines circonscrivent un grand trou ovale au côté externe de la diaphyse. Rien de semblable ne pourrait se produire dans l'Hippopotame par les progrès de l'âge. Enfin le col du fémur est sessile dans les Rhinocéros. La calotte articulaire de la tête est large, et, au contraire de ce qui a lieu dans l'Hippopotame, elle se prolonge surtout en dehors.
L'extrémité du fémur est très-massive, mais les condylos y
•il
sont moins grands, moins détachés ; la gouttière et la gorge qui les séparent sont plus étroites et l'épicondyle externe présente un gros tubercule qui n'existe point dans l'Hippopotame. La poulie rotulienne a une gorge plus étroite. Sa moulure externe est plus petite, mais, en revanche, la moulure interne atteint des proportions énormes, et fait à son extrémité supérieure une grande saillie qu'une dépression profonde sépare à la face interne du fémur d'avec la base de l'apophyse épicondylienne.
Nous n'insisterons pas sur les Tapirs et sur les Chevaux, qui diffèrent, il est vrai, des Rhinocéros à certains égards, mais présentent la plupart des caractères principaux par lesquels le fémur de ces derniers se distingue de celui des Hippopotames. 11 serait également superflu d'insister sur les différences présentées par les Proboscidiens; la longueur énorme du fémur chez ces derniers, son aplatissement, sa gracilité relative, le défaut de courbure de son extrémité inférieure qui est à peine 3 renllée, tous les accidents de la surface et la physionomie
générale des formes concordent pour renàre toute confusion impossible.
Il y a plus de ressemblances avec les Ruminants, mais, chez ces derniers, la diaphyse est moins grêle dans sa partie moyenne et moins dilatée à ses extrémités. Le grand trochanter est plus saillant et surtout plus élevé ; la tête articulaire est plus petite et moins distincte du grand trochanter, vers la base duquel son cartilage se prolonge; ajoutons que les condyles sont plus petits relativement, moins étalés, et que la poulie
rotulienne est plus étroite. Un caractère commun consiste dans la présence d'une dépression à la partie inférieure de l'os, sous la division externe de la ligne âpre.
En parlant ici des Ruminants, nous avons fait abstraction des Chameaux, qui n'ont avec eux rien de commun. Chez ces derniers, le fémur est allongé, aplati à son extrémité supérieure ; le grand trochanter est tuberculeux, mais peu saillant; les lignes âpres, confondues en une seule vers le milieu de la diaphyse, se séparent au bas en deux crêtes saillantes et rugueuses. L'extrémité inférieure est remarquable ; le condyle externe est plus grand que l'interne. La poulie rotulienne est fort étroite, elle n'a point de moulures latérales, et sa gorge occupe toute sa largeur, disposition qui s'accorde avec la configuration d'une rotule semblable à un sésamoïde allongé. Aucun de ces caractères ne convient à l'Hippopotame, et c'est en somme de celui des Cochons qu'il se rapproche le plus par les formes de son fémur. Nous retrouvpns en effet dans ces animaux quelques-uns des caractères généraux que nous avons rappelés. Il y a toutefois â côté de ces ressemblances des différences sensibles. Ainsi, dans les Cochons, la diaphyse, massive en haut, est fort atténuée vers le bas ; la fossette de la ligne âpre externe y est remplacée par une gouttière étroite ; la tête du fémur est relativement plus petite, plus détachée ; la masse condylienne est plus étroite, plus serrée ; enfin la poulie rotulienne est plus relevée que dans l'Hippopotame. Avec un peu d'habitude, ces différences deviennent sensibles au premier coup d'œil
m ANATOMIE DE L'HIPPOPOTAME.
3° Jambe de l'Hippopotame adulte.
a. Tibia. — Cet os est court, de forme trapue ; ses extrémités épipliysaires sont dilatées. La diaphyse a trois faces, et présente en avant, suivant l'usage, une de ses arêtes. La face interne et la postérieure sont larges et sans courbures notables ; elles présentent vers leurs extrémités des dépressions légères. Quant à ia face externe, elle est au contraire creusée en une gouttière large et profonde qui, vers le bas de l'os, anticipe sur son arête antérieure et s'étale en une surface à peu près plane. Les trois arêtes ont des caractères différents: l'externe, qui regarde le péroné, est tranchante, vers son quart supérieur on observe un petit trou nourricier; l'interne est émoussée; l'antérieure est en forme de crête étroite et se recourbe légèrement audessus de la gouttière creusée sur la face externe. Ces particularités caractérisent assez bien ia diaphyse *du tibia dans l'Hippopotame.
Vers l'extrémité supérieure de l'os, les trois arêtes s'écartent et se renflent en trois masses distinctes. La masse antérieure sert d'attache au ligament rotulien; elle est évidemment décomposée en deux tubercules dont l'externe est le plus grand.
Les masses qui terminent les arêtes latérales sont plus consi-
J. dérables encore; elles sont terminées par les deux facettes
d'articulation avec le fémur. La facette interne est concave
d'arrière en avant. L'externe a la forme d'une gorge large, mais
vj peu profonde; elle se développe d'arrière en avant, en décri-
ai
ii»;
vaut une courbe légèrement convexe. La masse qui la supporte s'étale en dehors en une sorte d'entablement rugueux au-dessous duquel s'articule la tête du péroné. Ces deux facettes sont relevées en crêtes saillantes, sur les côtés d'une vallée abrupte qui les sépare l'une de l'autre. Ces crêtes forment, à proprement parler, l'épine du tibia.
L'extrémité inférieure est également dilatée par une. poulie à deux gorges qui s'articulent avec l'astragale, dont la poulie est embrassée par deux prolongements osseux auxquels aboutissent les extrémités de la moulure saillante qui les sépare. Ajoutons qu'au niveau de cette extrémité, l'arête externe du tibia est rugueuse et s'articule, dans une certaine étendue, avec le péroné.
CARACTÉRISTIQUES DIFFÉRENTIELLES
Toutes les particularités que nous venons de décrire distinguent l'Hippopotame des Rhinocéros, des Tapirs, des Chevaux, des Éléphants, des vrais Ruminants et des Caméliens, pour le rapprocher des Cochons; mais ce rapprochement n'implique point une similitude absolue. Chez ces derniers animaux, en effet, l'extrémité inférieure du tibia est plus allongée et plus grêle ; la crête de l'arête antérieure est moins saillante, moins recourbée, et surtout beaucoup moins longue. Le péroné est relativement plus massif, moins atténué à sa partie supérieure; la malléole externe qui le termine est moins large que dans l'Hippopotame.
Les Ruminants et les Solipèdes en diffèrent bien davantage
encore. Chez les premiers, la diaphyse est. grêle et presque cylindrique dans ses deux tiers inférieurs, mais, vers son tiers supérieur, elle est tendue pour ainsi dire et recourbée en dehors. La crête est fort saillante, moins limitée à cette dernière partie de la diaphyse. Cette crête est, suivant l'usage, terminée par un tubercule d'insertion pour le ligament rotulien, mais ce tubercule est simple. Ces caractères suffiraient seuls pour distinguer les vrais Ruminants d'avec l'Hippopotame, et Ton peut ajouter que l'extrémité inférieure du tibia fournit un autre caractère d'un emploi facile. Il consiste dans la facette d'articulation avec l'os malléolaire externe, qui remplace dans les Ruminants vrais et les Caméliens l'extrémité inférieure du péroné, dont il représente l'épiphyse : ainsi rien n'y rappelle cette arête externe du tibia, si saillante chez l'Hippopotame, et la longue série de rugosités par lesquelles elle s'articule sous la diaphyse du péroné.
Cette dernière remarque s'applique également aux Chevaux, mais ici la malléole externe semble dépendre du tibia et ne constitue point un os indépendant. C'est d'ailleurs le môme allongement de la diaphyse à sa partie inférieure, la même brièveté de la crête tibiale. Ils diffèrent cependant des Ruminants par des caractères tranchés : ainsi la diaphyse n'est point tordue vers le haut; la crête se termine par un double tubercule ; les masses articulaires ont une autre forme, l'inférieure surtout se distingue par la grandeur et l'obliquité des gorges qui correspondent aux moulures astfagaliennes.
Ainsi le tibia de l'Hippopotame, avec sa crête prolongée et
sa face externe profondément excavée, ne saurait être confondu ni avec celui des Ruminants, ni avec celui des Solipèdes. On le distinguerait du tibia des Rhinocéros et des Tapirs par les mêmes caractères. On pourrait y ajouter ceux que fournit chez ces derniers animaux la longueur de l'articulation péronéotibiale, la configuration des cupules articulaires supérieures, et l'étranglement de la diaphyse au-dessous du renflement qui les supporte. Nous n'insisterons pas sur les différences que présente chez ces animaux l'extrémité astragalienne ; elles correspondent en effet à certaines différences des astragales, dont nous parlerons dans un instant.
Nous croyons également inutile d'appuyer sur les différences qui distinguent l'Hippopotame des Éléphants, dont la diaphyse est, pour ainsi dire, dépourvue de crête, et présente une longueur et des formes tout à fait exceptionnelles.
b. Péroné. — Cet os, dans l'Hippopotame adulte, est très- ' grêle à sa partie supérieure et fort évidé vers son milieu, mais il se renfle à sa partie inférieure en une malléole externe aplatie, relativement très-large, et, chez les vieux animaux, munie en arrière d'une forte apophyse tuberculeuse. Cette malléole, au bas de sa face interne, porte une facette articulaire oblongue et obliquement dirigée, qui s'applique à la face externe de l'astragale, vers la pointe de la malléole. A sa face inférieure est une autre facette oblique d'arrière en avant et légèrement convexe; elle s'articule en dehors de l'astragale à une facette de la muraille externe du calcanéum, caractère qu'on retrouve dans les Cochons, dans les Ruminants, et
même dans les Éléphants, et qui les distingue des Chevaux, des Tapirs et des Rhinocéros, qui ne présentent rien de semblable.
DIFFÉRENCES ET CARACTÉKISTIQlîES.
Il est à peine nécessaire de faire remarquer combien peu, par la forme du péroné, l'Hippopotame ressemble aux Ruminants, et aux Chevaux, chez lesquels cet os n'existe qu'en rudiment. Il serait également impossible d'hésiter entre lui et les Rhinocéros et les Tapirs, chez lesquels le péroné est robuste, prismatique, également renflé vers ses deux extrémités, et manque d'ailleurs de facette calcanéenne au sommet de son extrémité malléolaire. Cette facette se retrouve dans l'Éléphant, mais la forme de la malléole externe d'une part, la longueur et l'aplatissement de la diaphyse, qui est fortement comprimée d'arrière en avant, d'autre part, rendent toute confusion impossible.
C'est donc des Cochons encore que, sur ce point, l'Hippopotame se rapproche, mais, outre certaines particularités offertes par la diaphyse, on trouve dans la forme de l'épiphyse malléolaire et de sa facette calcanéenne des caractères distinctifs d'un emploi facile. Cette épiphyse est allongée, rugueuse et obliquement prolongée vers le bas dans l'Hippopotame; dans les Cochons, au contraire, elle est à peu près rectangulaire. La facette calcanéenne est oblique dans le premier et légèrement convexe ; elle est horizontale dans les seconds et fortement concave vers son milieu, réalisant des formes qui se rapprochent, à certains égards, de celles de l'os malléolaire
externe des Ruminants. Concluons qu'un péroné présentant une facette calcanéeuue simple avec une malléole plate et dilatée et une diaphyse grêle sans renflement sensible à son extrémité supérieure, est uu péroné d'Hippopotame.
c. Rotule. — Cet os est large, avec un gros tubercule relevé à sa face antérieure. La face postérieure présente deux gorges séparées par une moulure verticale ; de ces gorges l'interne est la plus grande $ cette rotule est surtout analogue à celles des Cochons où Ton voit également un indice de crête à la face antérieure.