MUSCLES COURTS DIRECTS
a. Les uns se portent d'une apophyse épineuse à une apophyse épineuse; ce sont les muscles interépineux. Ils sont représentés chez l'Hippopotame, d'abord par le petit droit postérieur de la tête qui, de Tare postérieur de l'atlas, se rend sur l'occipital immédiatement au-dessus du condyle, et par le grand droit postérieur qui se détache de l'apophyse épineuse de l'axis et va s'attacher à l'occipital au-dessus du précédent. Ces deux muscles sont assez forts.
Dans le reste de la région cervicale, dans la région dorsale et dans la région lombaire, les interépineux existent sans avoir un grand développement.
Dans la région caudale, ils sont représentés par des faisceaux courts allant d'une vertèbre à l'autre, de chaque côté de la ligne médiane.
iV. B. — On peut rattacher au système des muscles interépineux, le grand ligament cervical. Dans l'Hippopotame, ce ligament remplit l'espace qui sépare l'apophyse épineuse de l'occipital de celle de la première dorsale; il s'attache à toutes les apophyses épineuses cervicales moins l'atlas, et offre une grande hauteur; mais, dans le fœtus, son épaisseur est médiocre. Il est très-élastique (1).
(1) On peut distinguer dans ce ligament un faisceau qui se rend à l'occipital, c'est le plus superficiel et le plus volumineux ; et un faisceau qui se termine par autant de digitations sur les apophyses épineuses des six dernières cervicales. Celui de l'axis est encore très-fort. L'extrémité postérieure du ligament peut être suivie sur les quatre premières dorsales.
260 ANATOiMIE DE L'HIPPOPOTAME.
b. D'autres muscles courts se portent directement d'une apophyse transverse à une apophyse transverse, ce sont les muscles intertransversaires. Le système des intertransversaires peut être très-simple, il peut être en revanche très-compliqué. On s'explique aisément la possibilité de cette complication, en songeant que toute apophyse transverse est idéalement composée de trois tubercules: le terminal s'articulant avec la côte, l'antérieur faisant saillie en avant et remontant plus ou moins sur les côtés de l'apophyse articulaire antérieure de la vertèbre jusqu'à la surmonter, le postérieur, au contraire, se prolongeant directement en arrière et formant des épines multiples d'attache pour les muscles extenseurs d'ensemble, ou même donnant lieu à des articulations compliquées (tatous, fourmiliers). De la sorte, l'apophyse transverse est en réalité un élément triple dans chaque vertèbre, et l'on conçoit dès lors la possibilité d'avoir des muscles distincts, courts ou obliques, pour chacune de ces parties composantes. La Girafe nous en fournit un exemple aujourd'hui bien connu.
Cette complication n'a pas lieu dans l'Hippopotame.
À la région cervicale, le système des intertransversaires est représenté d'abord par le petit droit latéral, qui va de l'atlas à l'occipital (1); puis par des faisceaux charnus faciles à reconnaître entre les diverses vertèbres cervicales, mais peu distincts de la masse des muscles qui les recouvrent et qui
(<) 11 recouvre en partie l'apophyse jugulaire. Celte apophyse, peu saillante, est coiffée par le petit droit latéral et le petit droit antérieur.
MYOLOGIE. 261
appartiennent principalement au groupe que l'on a désigné sous le nom de scalènes; dans cette masse charnue les faisceaux qui unissent entre eux les tubercules supérieurs (1) des apophyses sont seuls de véritables inter transversa ires , les autres faisceaux répondent plus particulièrement à des surcostaux.
c. D'autres muscles se portent d'un élément costal à un élément costal voisin, ce sont les muscles intercostaux.
A la région cervicale, ils sont représentés par les fibres charnues qui unissent entre eux les tubercules inférieurs ou costiformes des apophyses transverses.
A la région thoracique, ils constituent les intercostaux proprement dits, qui offrent chez l'Hippopotame la disposition habituelle.
A la région lombaire, ils sont représentés par le petit oblique et le carré des lombes.
La série sternale ne parait présenter en aucun cas de muscles analogues (c'est-à-dire des muscles courts directs) , ce qu'on pourrait prévoir à priori, attendu que les différentes pièces, n'exerçant aucun mouvement les unes par rapport aux autres, ne peuvent donner, attache qu'à des muscles se portant de ces pièces à des pièces osseuses de signification différente.
(4) Ce sont, chez l homme, les tubercules postérieurs de l'apophyse transverse cervicale; ils répondent à cet élément moyen de l'apophyse transverse dorsale qui s'articule avec la côte.
I'i2 ANATOMIE DE L'HIPPOPOTAME.
MLSCLEft COURTS OBLIQUE*.
11 peut y avoir des muscles obliques passant d'un élément d'une apophyse transverse à un élément transversaire différent dans une vertèbre voisine. Mais ce point offre trop de variétés pour que nous y insistions ici, et ce motif a dans le cas présent d'autant plus de force que cette complication n'est point réalisée dans l'Hippopotame.
Nous admettrons en conséquence les divisions principales suivantes.
a. Muscles allant d'une apophyse épineuse à l'élément transversaire de quelque vertèbre voisine; ce sont les muscles épineux transversaires ou transversaircs épineux. Ils sont bien développés dans l'Hippopotame.
Ils sont représentés d'abord par le muscle petit oblique de la tête qui se rend de l'occipital à l'apophyse transverse de l'atlas, et par le grand oblique qui va de l'apophyse épineuse de l'axis à cette même apophyse transverse de l'atlas. Ces deux muscles sont ici très-forts et à peu près égaux l'un à l'autre sous le rapport du volume et des dimensions»
Depuis l'axis jusqu'au sacrum on voit se succéder une série de faisceaux charnus dont les uns vont d'une vertèbre à l'autre, les autres franchissent une ou deux vertèbres, quelquefois un plus grand »o»bre, mais sans offrir jamais assez d'étendue pour être rangés parmi les muscles longs.
A la région dorsale, ces muscles s'insèrent directement sur
MYOLOGIE. 2M
l'apophyse transverse; à la région cervicale et à la région lombaire, ils s'attachent à cet élément qui se détache de l'apophyse transverse pour s'unir à l'apophyse articulaire antérieure.
b. Muscles allant d'une apophyse transverse à une côte voisine ; ce sont les muscles surcostaux ou mieux transverso-costaux.
A ta région cervicale , ce système est représenté par les fibres charnues qui vont obliquement du tubercule supérieur d'une apophyse transverse au tubercule inférieur ou costal de l'apophyse transverse suivante.
A la région dorsale, où ils donnent l'expression même de la forme typique de ce système, ils sont bien développés chez l'Hippopotame.
A la région lombaire et à la région caudale, ils ne sont pas représentés.
C'est dans ce groupe que l'on doit ranger, pour la région cervico-thoracique, les muscles scalènes.
Le scaléne postérieur, constitué par une série de faisceaux qui émanent des tubercules supérieurs des cinq dernières vertèbres cervicales, va se terminer par des digitations successives sur les trois premières côtes.
Le scaléne antérieur formé par des faisceaux émanés des tubercules inférieurs ou costaux des mêmes vertèbres cervicales (à l'exception nécessairement de la septième), se fixe uniquement à la première côte.
c. Muscles allant de la saillie épineuse inférieure d'un corps de vertèbre à la base de la masse transversaire de quelque
Wx ANAT0M1E DE L'HIPPOPOTAME.
vertèbre voisine. — Ils ne sont pas en général réalisés chez les mammifères dans Tordre des muscles courts.
Chez l'Hippopotame, on doit rattacher à ce système le petit droit antérieur de la tête, qui va de l'apophyse transverse de l'atlas à la base de l'occipital, et à l'apophyse jugulaire. Il est plus fibreux que charnu.
d. Muscles allant des pièces sternales aux éléments sternaux des côtes voisines; ce sont les muscles sous-sternaux. Ils sont bien développés chez l'Hippopotame, et recouverts par de vigoureux faisceaux aponévrotiques.
Telles sont les divisions du système des muscles courts. Les mêmes divisions peuvent être établies à peu près pour les muscles longs.
Ml SC LES LONGS DIRECTS.
Certains muscles en effet passent, en franchissant de longs espaces, d'un élément vertébral d'un certain nom dans une vertèbre à un élément vertébral de même nom dans une vertèbre fort éloignée de la première.
a. Ils passent, par exemple, d'une apophyse épineuse à une apophyse épineuse éloignée.Ce sont de longs surêpineux. Ce système est représenté chez l'Hippopotame par le long surépineux formé par une succession de longues anses charnues et tendineuses, qui partent des apophyses épineuses lombaires et des quatre dernières apophyses épineuses dorsales, pour se rendre aux dix premières apophyses épineuses dorsales et à la septième
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cervicale. Par rapport à ces anses, la onzième vertèbre dorsale joue le rôle de vertèbre indifférente.
b. Us vont de certaines apophyses transverses à des éléments transversales plus ou moins éloignés. Ce sont de longs surtransversales. Ce système est représenté chez l'Hippopotame par le petit complêxus, qui se détache de l'apophyse mastoïde du temporal et va s'insérer sur les apophyses transverses cervicales depuis la troisième jusqu'à la septième, et sur celle de la première dorsale.
Immédiatement en dehors du petit complexus, on trouve un autre muscle surtransversaire que l'on peut appeler le transversaire cervical, qui vient de l'apophyse transverse de l'atlas, et qui va se terminer par une série de digitations sur les autres apophyses transverses cervicales.
c. Ils vont d'un élément costal à un élément costal éloigné. Ce sont de longs surcostaux* Ce système est représenté par le muscle sacro-lombaire.
Chez l'Hippopotame, ce muscle vient de l'iléon et va comme (t habitude s'épuiser par des digitations successives sur les côtes qui, à leur tour, lui envoient des faisceaux de renforcement à partir de la treizième côte. Très-faible dans sa partie postérieure, cç muscle est beaucoup plus vigoureux en avant; il se continue jusqu'à la cinquième cervicale.
d. ils vont enfin d'un élément sterno-raphéen à un élément sterno-raphéen éloigné. C'est le système du muscle long rentrai qui, suivant les régions où on le considère, constitue le pubiococcygien, le droit antérieur de tabdomen^ le sterno-thyroïdien, le
siernû-hyoidien, le thyro-hyoidim, Xhyo-génhn ou gèmorhyoxdim^ et le génio-glosse.
. Dans l'Hippopotame, le pubio-coceygien se détache des apophyses transverses des trois premières caudales, pour aller s'insérer au pubis en complétant ainsi un anneau que traverse le rectum ; une partie de ce muscle n'adhéré pas à la colonne vertébrale et constitue l'anse charnue que l'on désigne sous le nom de releveur de Fanw,
Le droit antérieur de l'abdomen, chez l'Hippopotame, va du pubis à la troisième côte ; on peat le considérer comme se continuant jusqu'à la première côte par une lame fibreuse que viennent fortifier deux faisceaux de renforcement émanés de la troisième et de la deuxième côte.
Le sterno-hyoidien est assez fort ; il se fixe au bord antérieur du sternum, sans se prolonger sur la face profonde de cet os, et va se terminer sur un raphé aponévrotique très-remarquable. Ce raphé, qui donne insertion au peaucier cervical, au digastrique et au sterno-hyoïdien, adhère à l'angle inférieur et aux deux bords latéraux du corps de l'hyoïde. Il a près de 2 centimètres de hauteur, ce qui donne à cette région un volume dont on ne saurait juger à la vue de l'os hyoïde * dépouillé des parties qui l'entourent. Nous le nommerons raphé sow-hyoidien.
Le sterno-thyroïdieyi forme un ruban assez étroit. Il se fixe sur la face profonde du cartilage de la première côte et un peu sur le sternum, et va se terminer sur le cartilage thyroïde à une faible distance de son bord inférieur et de son bord postérieur.
MYOLOGÏE. 267
Un raphé perpendiculaire à sa direction, le sépare d'un thyro-hyoidien d'une force médiocre, qui glisse sur la plus grande étendue du cartilage thyroïde sans y adhérer, et va se fixer sur le tiers interne du bord postérieur de la corne thyroïdienne, ainsi que sur la face postérieure de l'os hyoïde.
Le génio-kyoïdien est représenté par une lame charnue assez mince qui s'insère sur le bord latéral de l'os hyoïde et un peu sur la corne thyroïdienne, et s'attache d'ailleurs au bord de la branche horizontale du maxillaire inférieur, dans l'espace de plus de 2 centimètres, en arrière de la symphyse.
Le gémo-glo$se> très-vigoureux, se compose d'un faisceau génio-hyoïdien assez fort qui s'attache au genou antérieur de la corne styloïdienne de l'hyoïde, et du génio-glosse proprement dit qui atteint la langue dans sa moitié postérieure, s'étale en éventail et s'épanouit dans toute l'étendue de cet organe. Des fibres intermédiaires passent sous la corne de l'hyoïde et, se plaçant sous les muscles constricteurs, forment au pharynx une enveloppe immédiate.