‹ Recherches sur l'anatomie de l'hippopotameChapitre 42 sur 50 · MUSCEES M LA JAMBE IT DU PIED · texte numérisé non relu

MUSCEES M LA JAMBE IT DU PIED

Face dorsale.

Lejambier antérieur (premier métatarsien dorsal) se compose d'un faisceau tarsien et d'un faisceau métatarsien. Le muscle tarsien qui, dans le haut de la jambe, est le plus superficiel, est large et fort. Ses attaches supérieures sont assez compliquées si on veut les décrire avec précision. Elles se font à la tubérosité antérieure du tibia, au bord externe du ligament rotulien, à la capsule articulaire, à un ligament tibio-rotulien externe sur lequel se terminent d'autre part une partie des fibres du biceps (1), à la face antérieure de la rotule, à la face antérieure du ligament rotulien, et enfin à la face interne de la capsule articulaire. Ce muscle se termine par un tendon qui se porte obliquement sur la face interne du cunéiforme, se fixe à cet os, et envoie une petite expansion à l'os métatarsien.

Le muscle métatarsien naît par un tendon très-fort de la lèvre même du condyle fémoral externe. Ce tendon adhère à la capsule, glisse dans une gouttière entre la tubérosité externe et la tubérosité antérieure du tibia, et fait place à un système en partie charnu, en partie aponévrotique, lequel au niveau des malléoles se divise en deux chefs. Le chef interne se termine par un tendon perforé qui se rend par une de ses divi-

(I) Un TBptié les sépare.

sions sur le cunéiforme interne et par l'autre sur la face dorsale de la base du métatarsien. Le chef externe, réuni en arcade avec le précédent, forme une lame considérable qui va se terminer sur le cuboïde et sur la base du cinquième métatarsien, en fournissant une gaine fibreuse qui enveloppe le court péronier latéral et le sépare du long péronier.

V extenseur commun des doigts ou extenseur direct naît tout entier de la face profonde du tendon par lequel le muscle précédent s'attache au fémur. Il se divise en quatre tendons. Ceux du troisième et du quatrième doigts restent réunis jusque trèsprès de la base des premières phalanges ; là ils se séparent, le plus interne se portant en dedans vers le troisième doigt, le plus externe se portant en dehors vers le quatrième. D'ailleurs quelques expansions aponévrotiques relient encore ces tendons dans toute leur étendue.

Les extenseurs latéraux sont fournis en partie par le pédieux, en partie par le court péronier latéral. Ce dernier muscle fournit des tendons au quatrième et au cinquième doigts, le pédieux fournit des digitations au deuxième, au troisième et au quatrième.

Il y a un muscle que l'on peut comparer à un extenseur propre du pouce (tel que celui que l'on voit chez les animaux à cinq doigts). Ce muscle, assez grêle, s'attache au quart supérieur du péroné, près du court péronier latéral; une aponévrose le sépare de l'extenseur commun. Il se place sous la face profonde du faisceau métatarsien du jambier antérieur, perfore son tendon au niveau du scaphoïde, se porte au côté libre du

MYOLOGIE. 293

métatarsien interne, et vient obliquement s'insérer sur la base de la première phalange du doigt interne.

Il y a un muscle pédieux large et épais qui se fixe sur le calcanéum et sur l'astragale et qui se divise en trois faisceaux charnus. L'un de ces faisceaux se porte obliquement en dedans sur la face dorsale de la première phalange du doigt interne, c'est-à-dire le deuxième, le premier manquant. Les deux autres vont coiffer la face dorsale de la première phalange de chacun des deux doigts intermédiaires. Dans la partie antérieure du métatarse, ils adhèrent à la face profonde de l'extenseur commun. Il résulte de la disposition de ces deux faisceaux que le plus externe va en partie au côté interne du quatrième doigt, et que le plus interne va en partie au côté externe du troisième, ce qui est en rapport avec la présence d'un système digital pair.

Le court péronier latéral s'attache à la partie moyenne du péroné, il se termine par un tendon qui se place dans une gouttière située sur le côté libre de la malléole externe, se réfléchit, et se divise en deux parties pour fournir l'extenseur latéral du cinquième doigt et celui du quatrième.

Ce muscle est placé au côté externe de la jambe, un peu en arrière du long péronier. La gouttière que lui offre la face externe de la malléole occupe la moitié postérieure de cette face. La gouttière ou se place le tendon du long péronier en occupe la moitié antérieure (1).

(I) En passant sur le tarse, le tendon du long péron r cr croise celui du court péronier. Dans ce croisement, c'est le tendon du long péronier qui est le plus superficiel. Des deux divisions que présente le tendon du court péronier, celle du doigt externe est .

Le hng péronier latéral Tient du péroné et de la tubérosité externe du tibia. Son tendon terminal s'attache principalement au cunéiforme interne et n'envoie qu'une faible expansion au métatarsien. La gouttière dans laquelle il se réfléchit en atteignant le tarse n'appartient pas seulement an cuboide; elle est formée en partie par cet os, en partie par le cinquième métatarsien. Un frein vigoureux rattache te tendon au fond de la gouttière, qui est fermée par des ligaments tareo- métatarsiens très-vigoureux.

Face plantaire.

Muscle court allant du fémur au tibia.

Le poplitê s'attache au tiers supérieur du tibia. Ses fibres inférieures sont assez obliques, les supérieures presque transversales. Il s'insère d'autre part, à l'aide d'un tendon arrondi assez fort, à la lèvre même du condyle externe du fémur.

Muscle du tarse correspondant au cubital palmaire de la main.

Il est représenté par le jumeau externe, auquel s'unit lejtaneau interne.

hejttmeau externe est constitué par un corps charnu très-fort qui s'attache au condyle externe du fémur, en partie par un trousseau tendineux, en partie par des fibres charnues; le plan des fibres charnues se continue sur le condyle externe

beaucoup plus forte que Tantre. En suivant avec attention l'origine des fibres de ces deux divisions, on voit que celles de la division interne viennent de la partie postérieure du muscle, en sorte que, sous ce rapport, il y a encore un croisement.

MYOLOGiE. 205

du tibia et sur la tête du péroné ; peut-être le faisceau de ces dernières fibres pourrait-il être considéré comme Je vestige d'un muscle soléaire. Ce muscle se termine par un tendon aponévrotique épais qui va s'attacher à la lèvre externe de la tubérosité calcanéenne.

Le jumeau interne est également très-fort. Il s'attache en éventail à tout le condyle interne du fémur et même à la tubérosité interne du tibia. Quelques fibres se portent sur une gaine aponévrotique qui enveloppe les vaisseaux fémoraux. Il se termine par une aponévrose qui s'unit au tendon du jumeau externe et se porte avec lui sur le bord externe du calcanéum. Ce tendon commun reçoit sur son bord externe l'expansion aponévrotique du biceps.

Muscle fléchisseur des premières phalanges et des deuxièmes phalanges.

C'est le muscle plantaire grêle, qui est d'une force et d'une épaisseur remarquables. Placé immédiatement au-dessus et en dedans du jumeau externe, il prend naissance dans l'enfoncement qui surmonte le condyle externe par un très-fort tendon sur lequel s'attachent quelques fibres du jumeau externe. Il se termine à 3 centimètres du calcanéum par un tendon très-fort et très-épais. Ce tendon glisse sur une gouttière que lui offre la tubérosité du calcanéum, envoyant une expansion fibreuse à chacune des lèvres de cette gouttière, et se dirige en s'étalant vers les doigts. Il se termine par quatre digitations qui fournissent à chaque doigt le fléchisseur superficiel de la première phalange et celui de la deuxième. Ce tendon aponévrotique remplace à la

fois l'aponévrose plantaire et le court fléchisseur des orteils. Il contient dans son épaisseur des fibres charnues que l'on voit par transparence en le regardant par sa face profonde.

Dans son trajet à la région jambière, le plantaire grêle contourne la masse des jumeaux. Après s'être placé au côté interne du tendon d'Achille, il lui devient postérieur.

C'est sur son tendon que viennent se terminer les expansions aponévrotiques du droit interne et du demi-tendineux :

Muscle fléchisseur des phalanges terminales {fléchisseur profond ou perforé) .

Ce système se compose, d'une part, d'un muscle très-vigoureux formé de deux corps charnus. L'un de ces corps charnus vient de la face postérieure du tibia et du ligament interosseux, l'autre vient du péroné ; ils s'unissent intimement l'un à l'autre, et la masse commune s'engage dans une gouttière profonde entre la malléole interne et le talon du calcanéum. En ce point, le muscle se termine par un gros tendon plat très-fort et trèsépais qui glisse dans la gouttière calcanéo-astragalienne, se porte vers les doigts, et, au niveau des bases des os métatarsiens, se divise en quatre tendons. Celui du cinquième doigt est médiocre, ceux du quatrième et du troisième doigts sont très-forts, celui du deuxième est très-faible.

Il y a en outre un second muscle qui s'attache au tiers moyen de la face postérieure du tibia, immédiatement audessous du muscle poplité. Ce muscle, bien moins fort que le précédent, fournit un tendon qui glisse dans une gouttière spéciale creusée sur la face postérieure de la malléole interne,

MYOLOGIE. 297

puis se porte obliquement vers le bord interne du tendon précédent, l'atteint au niveau du cunéiforme, lui adhère intimement, et s'épanouit sur sa face profonde de manière à fournir des fibres à chacun des quatre tendons.

Le premier de ces muscles correspond à celui que Ton désigne chez l'homme sous le nom de fléchisseur propre du pouce, le second à celui que Ton désigne sous nom de fléchisseur commun des orteils.

. Il n'y a qu'un seul muscle lombrical; il natt de la surface du tendon commun et se rend au troisième doigt, qui est ici le deuxième. . Dans cette description des muscles de la face plantaire de la jambe, il n'a pas été fait mention du jambier postérieur, qui en effet manque absolument chez l'Hippopotame.

Muscles interosseux. — Le pouce manquant, c'est le deuxième doigt qui occupe le bord interne du pied.

Ce deuxième doigt reçoit trois faisceaux musculaires. Le premier va s'insérer sur le sésamoïde interne et sur le côté interne de la première phalange. Le second faisceau s'attache au sésamoïde externe. Le troisième faisceau, en grande partie fibreux, offre deux terminaisons: Tune qui se fixe au côté externe de la première phalange du second doigt, l'autre qui se porte au côté interne de la première phalange du troisième doigt. Ces trois faisceaux musculaires prennent leur origine sur les ligaments du tarse, près de la ligne médiane, et se dirigent obliquement en dedans.

Le troisième doigt reçoit d'abord l'expansion dont nous

venons de parler, et, en outre, deux muscles interosseux assez

faibles viennent s'attacher l'un à son côté interne, l'antre à son côté externe.

Le quatrième doigt reçoit deux muscles également faibles, l'un interne, l'autre externe.

Ces quatre derniers muscles viennent des ligaments tarsométatarsiens. Ils sont tendineux à leur origine.

Le cinquième doigt (qui n'est ici que le quatrième) présente une sorte d'éminence hypothénar.

On voit d'abord un muscle qui correspond à l'abducteur. Il vient du calcanéum, immédiatement en avant de la gouttière où glisse le muscle plantaire, et du ligament annulaire externe. Ce muscle, en grande partie ligamenteux, va s'attacher au sésamoïde externe et à la base de la première phalange; il concourt à former la gatne des fléchisseurs.

Un autre muscle représente un court fléchisseur réuni à une sorte d'opposant. Il vient du cuboïde et s'insère également au sésamoïde externe. Enfin il y a un adducteur qui s'insère sur les ligaments carpiens en s'entrecroisant avec les muscles du second doigt, et se porte obliquement sur le sésamoïde interne et sur le côté interne de la base du cinquième doigt.

Page 1