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Recherches sur l'art de parvenir

L'idée de ce livre serait à elle seule une histoire. On ne la fera pas. Tout lecteur dontTépiderme ne sera pas trop épaisse pourra comprendre ce que vaut la conception, et combien il est extraordinaire qu'elle ait échappé, depuis six mille ans, à tous gens de lettres moralistes et poètes satyriques. De nos jours surtout oii Ton se dispute des titres nus comme des propriétés imprescriptibles, une pareille étiquette était sans prix. M. '^'^'^ aurait demandé

ir PREFACE.

deux cent mille francs de dommages-intérêts si l'on avait pris celle-là dans son magasin.

A un point de vue plus sérieux le dix-neuvième siècle ne pouvait se passer sans qu'un pareille livre fût fait. La tentative en sera donc appréciée.

Grâce aux efforts de l'auteur, rien n'empêchera désormais les gouvernements d'établir une chaire de savoir-faire à côté des chaires de théologie et d'économie politique. Le besoin s'en faisait sentir depuis longtemps. On recommande l'idée; elle est pratique, elle est démocratique.

On pourrait d'ailleurs donner à cet enseignement un vernis scientifique : on appellerait cela un cours de biologie, de sociologie, de positivisme social , de science sociale. Que diable veulent donc dire tous ces messieurs avec ces mots-là, s'ils n'ont pas en vue, au bout du compte, l'idée qui se déduit ici naturellement et en bon français, du moins l'auteur le suppose? Pourquoi, comme l'on dit, tant tourner au tour du pot ? Messieurs de l'Académie, de grâce, on vous en conjure, ajoutez-donc à la section des sciences morales la science du savoir-faire. Pourquoi nous tenir indéfiniment cette branche-là sous le boisseau ?

N'avez-vous pas vu que la Bruyère, Vau-

PRÉFACE. m

venargues, Retz, la Rochefoucauld ont tâtonné là autour sans trouver la porte? N'avez-vous pas lu ce que Diderot a dit : « Que les maximes de ces grands écrivains sont comme des recueils d'expérience qui attendent un grand principe qui les lie ? »

Et que diable voulez-vous que soit ce grand principe, sinon ce qui est au frontispice de ces pages que l'auteur vous dédie avec une respectueuse politesse?

Nota* Vu l'état de ladr d! atonie mentale dans lequel se

trouve aujourd'hui la majorité des lecteurs français par suite de l'amélioration matérielle et morale de toutes les classes de la société, l'introduction qui va suivre pourra paraître sérieuse. Ceux qui ne seraient pas capables de lire attentivement ces quelques pages avant de goûter des charmes moins sévères sont invités à fermer le livre, on ne s'inquiétera pas de leurs suffrages.

(ISp)

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