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{ est une expression donnée par une égalité de même forme que (égalité (74)f de la première Partie, mais dont la valeur est toujours très petite.
Dire que les propriétés du milieu changent très peu lorsque l'on déforme les divers éléments sans en changer la densité, ni la température, c'est évidemment supposer, comme nous venons de le faire, que la valeur de la fonction dissipative à l'instant / dépend de la température et de la densité de chaque élément à cet instant, mais est presque indépendante de la déformation de l'élément. Ce n'est pas
forcément admettre que le travail de viscosité dans le temps dt est sensiblement nul si la modification du système pendant ce temps ne fait point changer la densité de divers éléments. On conçoit que Ton puisse faire la première hypothèse sans faire la seconde; en d'autres termes, on conçoit que Jf puisse prendre la /orme (i3ii) sans que la /onction [i,(p, T) soit négligeable devarU X(p, T).
Ainsi un milieu solide, vitreux, très dé/ormable, mais non très compressible^ obéit approximativement aux lois qu'il est d'usage d'admettre en un liquide visqueuv. Le liquide visqueux représente la /orme limite d'un tel milieu très dé/ormable.
Cette manière de voir concorde avec celle à laquelle les expérimentateurs sont conduits par des recherches de diverses natures.
On soupçonnait depuis longtemps et Ton sait aujourd'hui d'une manière certaine, grâce surtout aux travaux de M. Tammann, que beaucoup de corps, liquides et peu visqueux à une certaine température, deviennent de plus en plus visqueux lorsque la température s'abaisse, et se transforment finalement en solides vitreux. Cette continuité entre l'état liquide et rétat vitreux sera parfaitement conforme aux formules précédentes, si l'on suppose que les fonctions qp, /, f, très petites lorsque la température a une valeur suffisamment élevée, augmentent et prennent des valeurs très notables lorsque la température s'abaisse à un certain degré.
Un corps dont chaque élément est supposé dans un état entièrement défini par la connaissance de la densité p et de la température Test un corps isotrope par définition ; donc, un fluide proprement dà et anisotrope serait un non-sens. Il n'en est pas de même pour un corps vitreux très aisément déformable; ce corps est forcément isotrope dans l'état initial; mais, lorsqu'il a été déformé, il n'est plus forcément isotrope; il peut agir sur la lumière comme un corps doué d'une faible biréfringence. Or, les recherches de Maxwell et d'une foule d'autres expérimentateurs ont mis cette vérité hors de contestation : Lorsqu'un liquide, même très peu visqueux, est en mouvement, il est biréfringent. La biréfringence des liquides en mouvement s'accorde donc avec les théories développées au présent Chapitre.
Nous venons de montrer comment l'état liquide pouvait être regardé
RECHERCHES SUR l'ÉLASTICITÉ. 2i3
comme l'état limite d'un milieu solide, vitreux, très aisément déformable. De la même manière, en prenant pour point de départ un milieu cristallin, dont l'état initial est homogène, mais non isotrope, nous pourrions traiter du milieu cristallin très aisément déformable; nous serions ainsi conduits, par une voie théorique, à la notion de cristaux fluides y à laquelle M. Lehmann a été conduit expérimentalement. Cette notion de cristaux fluides apparaît, au contraire, comme un non-sens au point de vue de la théorie rigoureuse du fluide, où chaque élément, entièrement défini par sa température et sa densité, est toujours et essentiellement isotrope.