PRÉFACE
Ce livre renferme les principaux résultats des Recherches que nous avons présentées àTAcadémie des sciences, ou publiées dans divers recueils scientifiques, de 18S9 à 1879.
Il est divisé en six parties.
La première comprend la description des expériences et des appareils que nous avons fait connaître pour accumuler ou transformer y à Taide des courants secondaires, la force de la pile voltaïque.
La seconde partie contient l'exposé des (i|)plications qui en ont été faites et de quelques autres qui peuvent être réalisées.
La troisième partie est relative aux phénomènes que nous avons observés avec des courants électriques de haute tension, obtenus par les moyens décrits dans la première partie.
La quatrième partie traite des analogies que ces effets nous ont paru présenter avec plusieurs grands phénomènes naturels et des conséquences que nous en avons tirées pour l'explication de ces phénomènes.
La cinquième partie renferme la description et Tétiido des effets d'un nouvel appareil, à Taide duquel nous sommes parvenu à transformer, d'une manière aussi complète que possible, Télectricité dynamique en électricité statique, et que nous avons désigné sous le nom de machine rhéostatique.
La sixième partie est consacrée à Ténumération succincte des analogies que les phénomènes électriques (particulièrement ceux que nous avons observés avec des courants de haute tension) présentent avec les effets produits par des actions mécaniques, et à Texposé des conséquences que nous en avons tirées sur la nature de l'électricité .
Le lecteur qui n'admet que les déductions rigoureuses des faits pourra laisser de côté la quatrième partie, où rinduction a une large part.
Nous n'avons pas cru toutefois devoir passer sous silence quelques-unes des idées auxquelles nous ont conduit les résultats de nos expériences et les analogies apparentes ou réelles qu'elles présentent avec les phénomènes naturels On reproche souvent aux auteurs de n'avoir pas compris la portée des faits qu'ils ont observés ou de n'avoir pas aperçu les conséquences théoriques et les applications auxquelles ils peuvent donner lieu. Nous avons cherché à échapper à ce reproche qui, du reste, n'est pas toujours fondé ; car il est rare que celui qui a assez patiemment interrogé la nature pour observer des faits nouveaux n'ait pas médité aussi sur leurs conséquences, et, comme la nature se retrouve tout entière dans chacune de ses manifestations, il est difficile que l'investigateur ne soit pas porté à généraliser les résultats de ses observations. Cette ten-
dance devient, sans doute, un autre écueil, dans lequel il peut tomber; cependant la science ne saurait perdre, croyons-nous, à ces généralisations ou aux hypothèses qu'elles entraînent, du moment qu'elles ne reposent point sur un pur travail de l'imagination, mais qu'elles sont inspirées par l'observation attentive des faits, et qu'on les présente, d'ailleurs, avec réserve, sans les ériger en doctrine, sans affirmer qu'elles soient la vérité.
C'est ce que nous avons tâché de faire, et, pour suivre l'exemple de l'un des plus grands penseurs des siècles passés, nous dirons humblement, en publiant ces recherches : « Qiiœro^ Pater ^ non affirmo (*). »
(I) Saint Augustin.