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Ion toute vraisemblance, de l'incandescence du silicium dont M. H. Sainte-Claire Deville et M. Wœhler ont montré des analogies remarquables avec le diamant et le graphite. Pour distinguer cette lumière de celle qui est produite par un courant électrique entre deux cônes de

Fig. 60.

charbon, nous l'avons désignée sous le nom de lumière électrosilicique .

1S7. — Couronnes, arcs, rayons et mouvements ondulatoires. — 1° Si l'on met l'électrode positive d'une batterie secondaire de quatre cents couples en contact avec les parois humides d'un vase d'eau salée où plonge d'avance l'électrode négative, on observe, suivant la distance plus ou moins grande du liquide, soit une couronne formée de particules lumineuses disposées en cercle autour de

l'électrode (fig*. 61), soit un arc bordé d'une frange de rayons brillants (fi g. 62), soit une ligne sinueuse animée d'un rapide mouvement ondulatoire (fi.g. 63) (*).

Un bruissement particulier, sans cesse croissant, se fait entendre, et de la vapeur d'eau s'échappe, en jets rapides, au-dessus des traits de feu, comme si elle avait une certaine pression. Fig. 61.

Si l'on enfonce encore plus le fil, il se Jproduit un':an-

Fig. 62. Fig. 63.

neau lumineux fermé; à cet anneau en succède un autre,

(1) Comptes rendus, t. LXXXII,'p. 626. 13;mars. 1876.

et l'on a ainsi une génération d'ondes brillantes, à l'intérieur desquelles le liquide est agité par un vif mouvement tourbillonnaire.

On voit même apparaître quelquefois, autour des tourbillons liquides, de petits anneaux lumineux irréguliers, détachés du verre et de l'électrode.

Si le vase dans lequel on opère est un tube en U, ou ne renferme qu'une petite quantité de liquide, toutes ces ondes finissent par se confondre, le liquide devient complètement lumineux, et entre dans une violente ébullition.

Pendant ce temps,, la déviation d'une aiguille aimantée, placée près du circuit, éprouve de continuelles variations.

1S8. — Spirales électro-dynamiques. — L'expérience suivante, que nous avons décrite en 1860 (*), n'exige pas une tension électrique aussi grande que les précédentes. Elle peut être réalisée avec une batterie secondaire de dix à vingt couples ou avec une pile de quinze à vingt éléments de Bunsen. Nous la classerons néanmoins parmi celles qui se rapportent aux effets des courants électriques de grande tension, parce qu'elle donne des résultats notablement différents de ceux que l'on obtient quand on emploie une tension beaucoup plus faible.

L'électrode positive est ici un fil de cuivre, le liquide du voltamètre est de l'eau acidulée au ^^ par l'acide sulfurique. Tandis que dans les conditions ordinaires de

(1) Bibl. univ. de Genève, t, VII, p. 332. 20 avril 1860.

'éleclrolyse de l'eau avec ce voltamètre, sous l'action d'un courant faible, le fil positif se recouvre d'une couche d'oxyde qui se dissout lentement dans le liquide (8), il se manifeste un phénomène différent . si on emploie un courant d'une certaine tension.

Le siège principal de l'oxydation se trouve transporté

à l'extrémité du fil. Un sifflement analogue à celui que produit un métal rougi plongé dans l'eau froide se fait entendre, et l'extrémité du fil donne naissance à un Jet d'oxyde très divisé qui s'échappe en flocons abondants et ne se dissout pas dans le liquide (fig. 64).

En même temps le fil prend la forme d'une pointe très aiguë, et l'intensité du courant qui traverse le voltamètre augmente notablement (^). Si l'on approche alors le pôle d'un aimant de l'extrémité de l'électrode, le nuage d'oxyde prend un mouvement gyratoire très rapide dans un sens ou dans l'autre suivant le pôle de Taimant que l'on présente. La rotation s'effectue conformément aux lois d'Ampère, en sens in-

Fig. 64.

(1) L'oxyde formé dans ce cas paraît être du protoxyde de cuivre plutôt que du bioxyde, ainsi que nous l'avons dit plus haut (V. note

du § 58). '

verse du mouvement des aiguilles d'une montre, en présence d'un pôle boréal (fig. 65), et dans le même sens que celui des aiguilles d'une montre, en présence d\m pôle austral (fig. 66).

Les flèches tracées autour des spirales indiquent le sens

Fig. 65.

Fig. 66.

du mouvement gyratoire sous l'influence de l'aimant, et les flèches tracées autour de l'aimant indiquent le sens des courants magnétiques ; B est le pôle boréal, A est le pôle austral (*).

159. — On peut donner encore à cette expérience la disposition représentée par la figure 67. Une cuvette en

(1) Cette expérience est facile à reproduire par projection. Nous l'avons répétée ainsi à notre cours de l'Association polytechnique en 1861.

verre ou en porcelaine est placée au-dessus d'un électroaimant et remplie d'eau acidulée ; un fil métallique quelconque, en communication avec le pôle négatif d une pile de quinze éléments de Bunsen, plonge d'avance dans le liquide. Le fil positif en cuivre, tenu à la main, est plongé successivement dans le liquide au-dessus de chaque pôle de l'électro-aimant (M.

Fig. 67.

Le nuage d'oxyde se produit, les spirales se développent, et comme l'oxyde formé ne se dissout pas immédiatement dans le liquide, mais Hotte dans un état de division extrême à sa surface, les deux sortes de spirales de sens différent restent quelques instants tracées à la surface du liquide après que le courant a cessé d'agir et conservent même le mouvement dont le liquide était animé sous l'influence magnéto-électrique.

(1) Le même courant peut à la fois aimanter l'électro-aimant et agir sur le voltamètre.

M. Sylvanus-P. Thompson a obtenu, depuis, des spirales analogues en faisant agir sur de la limaille de fer un aimant traversé par un courant électrique, et les a fixées de même que d'autres fantômes magnétiques produits par des actions électro-dynamiques (^).

L'expérience décrite ci-dessus peut se rattacher à plusieurs autres sur la rotation des liquides traversés par des courants autour des aimants, telle que celles de MM. Wartmann, Jamin, etc. Mais ce qui la caractérise plus particulièrement, c'est la rotation en forme de courbes spirales, par suite de l'action magnétique qui s'exerce sur les courants rayonnant autour d'un même point formé par l'extrémité de l'électrode ; et la netteté de ces spirales est d'autant plus grande que l'électrode fournit elle-même, par sa désagrégation, la matière solide nécessaire pour rendre visible la marche des courants au sein du liquide.

160. — Perforations cratérif ormes. — Si on met une feuiUe de papier à filtrer, humectée d'eau salée, en communication avec le pôle négatif d'une batterie secondaire de quatre cents éléments, et si, d'autre part, on vient à toucher la surface humide avec le pôle positif, il se produit, au-dessous de ce fil, avec dégagement de lumière et projection de vapeur, une cavité en forme de cratère hérissé, sur ses bords, d'innombrables filaments desséchés et enchevêtrés les uns dans les autres (fig. 68). Le fil positif se trouve en même temps recouvert d'un magma

(1) V. La Nature, p. 179. 17 août 1878.

Fig. 68.

formé par la pâte de papier transportée ; des débris fili

formes adhérent aussi à ''■^ l'électrode sur une longueur de 10 à IS centimètres.

Les extrémités des filaments sont dirigées vers l'électrode positive , de sorte que, si Ion place cette électrode au-dessous du papier, on n'observe point de cratère saillant à la surface

supérieure, mais une simple excavation dont les rebords filamenteux sont comme aspirés et rentrés en dedans vers le point d'oii sort l'électricité positive (fig'. 69).

Quelques filaments, par suite de leur grande longueur et de leur dessication instantanée, se recourbent en crochet à leur extrémité. La

Fig. 69.

figure 70 représente les détails de ces perforations électriques ^n grandeur naturelle.

Ces phénomènes sont encore le résultat de l'action calorifique exercée par le courant, laquelle vaporise et dessèche instantanément les fibres humides de la matière organique, et sont dus en même temps à sa grande tension, qui produit des effets d'attraction ou d'aspiration et la division mécanique de la matière soumise à la décharge.

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