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APPLICATIONS

Applications à la galvanocaustie et à la thérapeutique en général ; — à l'inflammation des mines; — aux usages domestiques; — aux freins électriques; — à la production de signaux lumineux, etc.

109. — Application à la galvanocaustie. — Les effets calorifiques des couples secondaires que nous venons de décrire peuvent être utilisés, dans la galvanocaustie, pour les opérations qui n'exigent point une action de longue durée et dont le cas se présente souvent dans la thérapeutique. Nous avons indiqué cette application en 1868 (') et nous l'avons réalisée en 1872, après avoir reconnu qu'il était possible de prolonger la décharge des couples secondaires par la formation et de leur communiquer aussi la

(1) Recherches sur les courants secondaires et leurs applications. Annales de Chimie et de Physique, 4^ série, t. XV, p. 21.

propriété de conserver leur charge un certain temps, sans trop grande perte.

La figure 25 représente la disposition que nous avons donnée au couple secondaire pour cette application. Le couple est renfermé dans une b )îte, munie à sa parte supérieure de fiches métalliques en communication avec ses deux pôles et auxquelles s'adaptent les conducteurs aboutissant aux appareils cautérisateurs dont la partie essentielle est un fil de platine recourbé en pointe ou façonné en spirale, suivant l'opération qu'il s'agit d'effectuer.

Les couples secondaires disposés sous cette forme peuvent être facilement transdortés une fois chargés et fournir, sans aucune manipulation auprès du malade, la chaleur nécessaire à l'opération.

Si les opérations sont de courte durée, la provision d'électricité emmagasinée dans le couple secondaire suffit même pour en exécuter plusieurs successivement sans avoir à le recharger.

Des cautérisations de la glande lacrymale ont pu être effectuées, en 1873, par M. le D"" Ominus, sur sept ou huit

Fig. 25.

sujets successivement, sans qu'il fût nécessaire de recharger l'appareil.

Quand un de ces couples, dont les dimensions sont celles des couples décrits précédemment (45), a été hien formé, il peut rougir pendant huit à dix minutes un fil de platine de 1 millimètre de diamètre sur 7 ou 8 centimètres

^ . de longueur, et pendant plus

de vingt minutes un fil de même longueur et d'un demi-millimètre de diamètre.

110. — Pour de petites opérations telles que celles de la chirurgie dentaire, on peut employer un couple secondaire de plus faible dimension, encore plus portatif, tel que cehii qui est représenté figure 26.

Ces couples ont la dimension de ceux qui composent la batterie représentée figure 17 (96 et 97). Ils peuvent être complètement bouchés à l'aide d'un petit bouchon en caoutchouc s'adaptant au tube de verre qui traverse le bouchon principal du couple, renfermés dans un étui et transportés facilement dans la poche.

Ces couples bien formés peuvent rougir un fil de platine d'un demi-millimètre pendant deux à trois minutes et un fil de îl pendant cinq ou six minutes.

M. le D' Moret a employé ces petits couples, avec succès, pour le traitement des névralgies par voie de cautérisation

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dite transcurrente , et pour arrêter instantanément des hémorrhagies artérielles (*).

111. — Ce dernier modèle de couple secondaire (%. 26), n^ayant qu'une surface relativement faible, peut être assez bien entretenu en charge à l'aide de trois éléments de Daniell. Pour les couples de plus grande dimension (fig. 25), cette source serait un peu trop faible ; nous conseillons d'employer deux éléments de Bunsen, montés avec de l'eau pure autour du zinc, au lieu d'eau acidulée, et de l'acide nitrique autour du charbon dans les vases poreux. Des éléments ainsi montés sont sans doute plus faibles que les éléments montés à la manière ordinaire ; le zinc n'est attaqué 'que lentement et faiblement par l'acide qui suinte des vases poreux; mais on évite l'opération de l'amalgamation, et ces éléments peuvent se maintenir, pendant une semaine environ, en état de charger les couples secondaires, sans qu'il soit nécessaire de les démonter et remonter tous les jours. Il faut seulement plus de temps (quatre ou cinq heures environ) pour charger ces couples qu'avec des éléments de Bunsen à zinc amalgamé et à eau acidulée.

Il est essentiel de charger les couples secondaires toujours dans le même sens, ainsi que nous l'avons déjà dil,

(1) Revue de Thérapeutique, 44'= année, p. 172. Avril 1877.

Parmi les médecins qui se sont intéressés les premiers à celte application et qui se sont servis de ces couples secondaires pour leurs opérations, nous sommes lieureux de citer encore les noms de MM. les D""^ de Bonnéfoux, Lailler, Lubinoff, Morétin, Constantin Paul, de Tavel, etc., etc.

là

c'est-à-dire de faire communiquer le pôle positif de la pile primaire avec la lame de plomb peroxydée et le pôle négatif avec la lame de plomb maintenue à l'état métallique ou couverte de plomb réduit pulvérulent.

Il importe aussi de tenir les couples secondaires débouchés pendant qu'on les charge, et de ne les boucher que pour le transport ; car les gaz qui se dégagent pendant l'électrolyse exerceraient peu à peu une certaine pression sur le liquide, si le couple était bouché, et tendraient à le

faire monter le long des lamelles de plomb terminales ou sortir par les moindres fissures du bouchon et altérer ainsi les points de jonction avec les fiches en cuivre auxquelles s'adaptent les conducteurs des cautères.

L'omission de cette pré-

Fig. 27. r ■ , f '

caution est une cause fréquente d'altération des communications des couples secondaires

112. — Application à l'éclairage des cavités obscures du corps humain et des cavités obscures en général. — Si on fait passer la décharge d'un couple secondaire à travers un fil fin de platine recourbé sur lui-même en pointe, comme le montre la figure 27, le fil, étant moins refroidi sous cette forme par l'air environnant, arrive à un degré voisin du point de fusion du métal, et il émet par

son incandescence une lumière très vive qui peut être utilisée .

Dans diverses conférences sur les effets de nos couples secondaires, faites en 1872 et pendant les années suivantes, nous avons eu l'occasion de nous éclairer dans l'obscurité pendant une demi-heure à une heure avec deux couples secondaires ainsi disposés, et dont chacun d'eux émettait, avec un fil de platine de — de millimètre de diamètre, une lumière à peu près équivalente à celle d'une bougie et d'une intensité très constante (71).

M. Trouvé a appliqué récemment ces couples secondaires à la laryng-oscopie, à l'éclairage des cavités obscures du corps humain et des cavités obscures en général (^). Il a disposé des fils de platine de diverses formes au foyer de petits réflecteurs sphériques - concaves ou paraboliques combinés d'une manière ingénieuse, suivant la nature de la cavité à éclairer.

Afin de prévenir la fusion des fils de platine par une trop vive incandescence sous l'action du courant de décharge du couple secondaire, M. Trouvé a ajouté à l'appareil que nous avons décrit plus haut, figure 25 (109), un rhéostat à fil de platine destiné à graduer l'intensité du courant, suivant le diamètre et la longueur du fil de platine employé comme appareil éclairant ou comme cautère dans la galvanocaustie.

Il a ajouté également un galvanomètre à deux circuits,

(1) Bulletin des séances de la Société française de Physique, p. 2. 4 janvier 1878. — La Nature, 6* année, p. 107, 13 juillet 1878.

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