ROLE DES FOSSES SEPTIQUES DANS L'ÉPURATION
leur séjour dans la fosse, environ 20 pour 100 de leur poids, ou 42,81 pour 100 de leur matière organique*.
Azote et carbone. — Le séjour des boues en fossç septique fait tomber de 54,81 pour 100 la proportion d'azote, et de 30,21 pour 100 celle du carbone.
Mais, dans les matières volatiles au rouge, le taux pour 100 d'azote et de carbone avant et après séjour en fosse septique varie peu ; il semble donc que la matière organique qui échappe aux actions de fermentation est d'une composition analogue à celle qui a disparu, et on peut supposer qu'avec le temps le taux de matières organiques fermentées augmenterait encore.
Matières grasses. — Nousavons vu plus haut que les matières grasses sont très résistantes aux actions microbiennes. Cela est surtout vrai lorsque ces matières sont artificiellement immergées dans le liquide des fosses septiques. Par contre, lorsqu'elles peuvent flotter à la surface et s'oxyder au contact de Tair, elles disparaissent en grande partie. D'après nos analyses, leur taux a diminué de 42,41 pour 100.
Gaz des fosses septiques.
Outre les phénomènes de dissolution dont on ne peut nier Texistence, il est facile de constater qu'une fosse septique en bonne marche est toujours le siège de dégagements gazeux, attestant que la matière organique y subit une désintégration plus ou moins complète. Certains de ces gaz, en particulier l'acide carbonique et l'hydrogène sulfuré se dissolvent en fortes proportions dans le liquide de la fosse. Ce qui ne peut y être dissous se dégage dans l'atmosphère, et les bouillonnements que Ton perçoit à la surface sont, en général, intermittents et ressemblent à ceux produits par une forte ébullition : aussi les volumes de gaz dégagés par jour, mesurés à un endroit déterminé, sont-ils très variables. La seule explication possible de ces variations est que, dans la profondeur de la
(*) En admettant que la perte au rouge représente les matières organiques, on ne tient pas compte de la décomposition de certains composés minéraux, tels que les carbonates. Cette cause d'erreur est plus importante pour les boues de la fosse septique qui contiennent davantage de matière minérale que les boues fraîches. On doit donc considérer les nombres calculés cidessus comme des minima. • •
fosse, les gaz s'accumulent sous des amas de boues et y forment des poches qui ne se crèvent que lorsque leur tension est suffisante pour vaincre la pression du liquide sus-jacent. On ne peut y faire intervenir d'autres causes comme le montrent les courbes réunies ci-après.
Pendant une période assez longue, du 10 février au 24 mai 1 908, nous avons maintenu, immergée à Feutrée de la fosse septique ouverte, une cloche cylindrique de 1 mètre carré de surface et de 1 mètre de hauteur, à la partie supérieure de laquelle était disposé un robinet communiquant avec un compteur au moyen d'un tube en caoutchouc. Les indications étaient relevées chaque jour. Elles nous permettaient de calculer en litres les volumes de gaz dégagés par mètre carré de surface liquide.
Nous avons relevé dans le tableau VI les indications données par le compteur. Dans une 2* colonne sont rapportés les volumes d'eau passant chaque jour dans la fosse septiquc. Les autres volumes donnent la hauteur des pluies tombées, en millimètres, la pression barométrique en millimètres de mercure et les températures maxima et minima.
Tous ces chiffres nous ont permis d'établir les courbes réunies dans le graphique n** H.
De l'examen de ces courbes nous ne pouvons tirer qu'une seule conclusion qui vient à l'appui de l'explication que nous donnions plus haut : c'est que, plus le volume d'eau qui passe dans la fosse septique est grand, plus important est le dégagement des gaz, au moins dans une certaine mesure. Il est à remarquer que les dimanches, jours où arrivent de faibles volumes d'eau, le dégagement est en général moins abondant que les autres jours. On comprend facilement que, par l'agitation du liquide, les gaz se dégagent plus aisément que dans une eau ti'anquille, surtout dans une fosse où Teau doit alternativement passer au fond et à la surface du liquide.
Les dégagements de gaz ne semblent pas influencés par les pluies, la pression barométrique et la température. On peut cependant noter que les gaz se dégagent un peu plus abondamment en été qu'en hiver, ce qui s'explique facilement par l'activité plus grajide des fermentations. Cette constatation ne peut se faire que si l'on examine le dégagement des gaz dans les diverses parties de la fosse septique (voir tableau VII).
KOLE DES FOSSES SEPTIQUES DANS L'ÉPUHATION.
Taolbau \'i. — Gaz des fosses septiques.
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10 février 1908. , .
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