CHAPITRE IX
NOUVELLES CONTRIBUTIONS A UÊTUDE DE LA NITRIFICATION DANS LES LITS BACTÉRIENS AÉROBIES
Sous ce iiiOiiie litre nous avons exposé, dans le premier volume de ces recherches, le mécanisme de la nilrificalion ainsi que le travail symhiolique des ferments nilreux et nitriques. Ces travaux nous ont permis de préciser la nature des phénomènes qui s'accomplissent dans les lits bactériens aérobies. Mais il était intéressant de rechercher en outre si, dans ces lits bactériens où il ne peut être question d'employer des cultures de ferments purs (comme il avait été fait dans les expériences de lioullangpv et Massol à Flnstitut Pasteur de Lille), la nitrification peut s'effectuer dans un milieu très impur et en présence de composés organiques, tels que ceux que Ton rencontre dans les eaux d'égout et les eaux résiduaires industrielles. Ces expériences, commencées en 1901 par l'un de nous(') ont été poursuivies depuis à mesure que de nouvelles questions se posaient pour résoudre certains cas particuliers.
Nous nous sommes servis dans ces expériences de lits bactériens de différentes formes : de tubes en verre de i mètre de haut et de O"\0ode diamètre avec une tubulure inférieure, de tuyaux en poterie vernissée de 1 mètre de hauteur et de 0"',15 de diariiètre, d'un vase cylindrique en tôle émaillée de 0'",6(> de haut sur 0"','25 de diamètre et enfin de vases carrés en terre vernissée dont l'intérieur forme un cube de O^îOO de côté. Ces lits étaient remplis de scories lavées de 5 à 10 millimètres de diamètre environ.
On peut obtenir une nitrification très active et rapide en arrosant les scories avec de la délayure de bonne terre arable. On remplit ensuite pendant deux heures avec une solution
(') Uno partie tic ces expérience?, efTecluécs par M. Rolant.s à l'Institut Pasteur de Lille, a rlé publiée dans la Revue (('hygiène 1901-1902-1905 et dans un rapport au Coiiifrès dMiygiène de Bruxelles 1905.
NOUVELLES COXTRIBUTIONS A L 1^:TLDE DE LA NITRIFICATIOX. ^7
irammoniaqÏÏe en renouvelant les contacts deux fois par jour jusqu'à disparition de Tanimoniaque. On peut considérer les lits comme formés lorsqu'on obtient par 3 contacls la nilriflcation complète de 50 à 60 milligrammes d*ammoniaque.
Nitrification de rammoniaque. — Nous avons recherché d'abord si l'ammoniaque peut, dans un milieu impur, se transformer intégralement en acide nitrique. Pour cela nous avons employé le lit de 0"',60 de hauteur. La solution mise en expérience contenait une proportion relativement considérable d'ammoniaque : 360 milligrammes par litre. 11 a fallu 7 contacts de deux heures chacun (deux contacts par jour) pour obtenir la disparition complète do t'ammowftque et sa transformation également complète en acide nitrique : en efTel, nous voyons qu'il nous manque seulement 3"**', 9 d'azole sur les 391"'^'*,8 mis en expérience, quantité négligeable, eu égard aux erreurs possibles de^analy.scs.
Milligrammes par litre.
AlfMO>
lAÇIE
MrniTcs
MTRATKS
AW>T£
N Jt.
Liquide mis en expé-
rience
Après !"^ (•♦mlacl . . .
4, le
L'examen du tableau ci-dessus nous montre qu'au début il se fait une fixation de Tazole sur les scories, car, après le P*" contact, nous constatons une perte considérable d'azote : un tiers environ. Mais col azote est rendu progressivement à Félat d'azote oxydé et nous retrouvons à la fin tout celui
i:pun.\Tio\ i)i:s \:m\ d tr.oLT.
que nous avions mis en ex|)i^ricncc. La symbiose des fermenls nitreux et nilrique est parfaite car nous ne trouvons jamais <iue des quanlilés d'acide nitreux faibles par rapport aux proportions considérables d'acide nilrique.
Cette expérience permet de montrer aussi l'influence de l'aéralion qui s'eiïectue spontanément lorsque le lit est vide. En effet, nous voyons que les contacts impairs 1 et 3 donnent proportionnellement une épuration plus parfaite que les conlacts '2 et 4. Après le 1"' conlacl, 02,8 pour 100 de l'ammoniaque ont disparu, et après le o'\ il disparaît encore 42,7 pour 100 de Tammoniaque restant; tandis que respeclivenien t, après les 2*" et ^'^ contacts, la proportion d'ammoniaque disparue n'a été que de 25,4 pour iOO et 5i,S pour 100. Or, les coidacts impairs avaient lieu le matin après 15 heures de repos des lils, tandis que les conlacls pairs avaient lieu seulement 5 heures après les précédenls.
Le temps d'immersion des lits de contact doit-il être de 2 heures comme il est admis? Le tableau suivani, représentant des moyennes de plusieurs expériences, va nous permettre de répondre :
Inilaence du temps d'immersion des lits bactériens aérobies sur la nitrification de Tammoniaque.
DURKt
DEh CONTACTS '
\\t IlELHE
rit
lUE
lîl