‹ Recherches sur l'epuration biologique et chimique des eaux d'egout effectuées à l'Institut Pasteur et Lille et à la station experimentale de la MadeleineChapitre 33 sur 173 · SOLUTION · texte numérisé non relu

SOLUTION

Ammoiiiacale

— (MDl glucose parlil.

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On voit 1res nettement Finfluence du glucose sur la nilriHcatiout et d'une façon plus manifeste que dans les expériences de MM. Winogradsky et Oméliansktj. A la dose de 0*^', 05 par litre, le glucose entrave déjà la nitrilication, et cette action devient de plus en plus évidente à mesure que la proportion de sucre augmente. Pour les solutions contenant 0•^5 de glu-, cose par litre, il semble n'y avoir aucune nitrilication, et pour celle à 1 gramme il y a dénitrification.

Pour étudier la question d'un peu plus près, nous avons établi le tableau donnant pendant cette série d'expériences les quantités d'ammoniaque, d'azote nitreux (') et nitrique trouvés dans les effluents des tubes F et G ayant contenu les solutions à 0*',o et 1 gramme de glucose par litre.

Les résultats indiqués dans le tableau suivant montrent que les choses ne se passent pas aussi simplement que nous le disions plus haut. En effet, si nous considérons l'cffluent du tube F, nous voyons bien que la quantité de nitrates est

(*) Nous avons noté 0 de nilrites lorsqu'ils n'étaient pas décelables par la métaphénylène-diamine, mais il y en a toujours des traces après la nilrification (réactif de Tromsdof).

KPURATION DES EALX D'KGOLT.

restée la même, mais il y a formation d'une quantité de nilriles très appréciable, 2'"''4 le sixième jour; déplus, la quantité d'ammoniaque a diminué. 11 en est de môme dans Teffluent du tube G le troisième jour; mais, à partir du quatrième jour, il ne peut plus être constaté qu'une dénilri/icalion seule, toujours accompagnée d'une perte d'ammoniaque.

Résultats en milligrammes par litre.

AMUOMHU i:

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L'explication de ces transformations peut ôlre tirée des travaux de MM. Winogradskij et Oméliansky^ dont nous avons parlé et de ceux de M. Dehêrain (').

Les premiers nous ont montré que la nitrification était fçénée par le fçlucose qui agit comme un antiseptique, mais, aux doses employées dans leurs expériences, sans tuer les ferments, car nous les voyons reparaître aussitôt que l'on supprime la cause perturbalrice.

Avec M. Dehémin nous voyons que les fi^riucnls dénitrifiants, dégageant Fazole des nitrates à l'état gazeux, sont favorisés dans leur développement parles hydrates de carbone (surtout l'amidon), (rest ce qui fait que les ferments semblent s'élrc développés seuls «lans le tube G.

Il y a donc ici une concurrence vitale. Deux sortes d'organismes se trouvent en présence : les ferments nitrifiants^

') Doliéniin, AiDuilm mjromnnifjitcsy 1897, pafjo î9.

NOLVE^LLKS CONTRIBUTIONS A VÈTVDE DK LA NITRIITCATION. 77

transformant presque intégralement l'ammoniaque en acide nitrique, sont peu à peu gênés dans leur action parle glucose; ce dernier favorise, au contraire, de plus en plus l'action des ferments dênUri fiants. Pour le tube F ces deux actions semblent se neutraliser, c'est-à-dire que les ferments dénitrifiants décomposent, au fur et à mesure de leur production, les nitrates formés par les ferments nitrifiants : c'est ce qui explique cette perte de T) milligrammes d'ammoniaque et celle formation de 2™^%4 d'azote nitreux au 0' jour. Pour le tube G, il en est de môme le S'' jour; mais à partir du 4" jour Faction des microbes dénitrifiants est prépondérante et ils s'attaquent même aux nitrates préexistant dans la solution. Néanmoins, il y a aussi une perte d'ammoniaque et, de plus, les ferments nitrifiants ne sont pas tués, puisque dès que l'on revient aux solutions ne contenant plus que du sulfate d'ammoniaque, l'oxydation reprend aussitôt.

On peut donc dire avec M. Deliérain que ces deux sortes de ferments peuvent très bien vivre côte à côte, et que les ferments dénitrifiants ne deviennent dangereux que si la matière hydrocarbonée est en grande quantité. Aussi, dans l'épuration des eaux résiduaires qui renferment des matières hydrocarbonées en plus ou moins grande abondance, comme dans les eaux de sucreries, il ne faudra jamais s'attendre à une nitrification intégrale de l'ammoniaque contenu dans ces eaux, résultat que nous avons obtenu avec des solutions ne contenant pas de matières organiques ; suivant les cas, on obtiendra la nitrification d'une partie plus ou moins grande de l'ammoniaque ou une disparition de l'azote.

Influence de l'acidité but la nitrification. — L'action nuisible de l'acidité du milieu sur la nitrification a déjà été démontrée, et Ewel et Wiley (*) ont établi que la nitrification s'arrête lorsque l'acidité correspond à 5 à 4 centimètres cubes de solution normale de soude.

Nous avons obtenu des chiffres un peu plus élevés dans nos lits de scories et nous avons vu que la nitrification se produit encore dans des solutions contenant 0'*',5 d'acide sulfurique

(*). Compte rendu dans Annales af/ronomùjifcs. 1807.

1» ÉPURATION DES EALX D'ÉGOLT.

par litre: il est vrai de dire qu'une partie de lacide était saturée par les seories, de sorte qu'il n'en restait plus que 0*%r>4 après contact. Au delà de cette dose la nitrification était arrêtée.

Influence de l'alcalinité sur la nitrification. — Lalcalinité a une action tout autre : d'abord indifférente, elle favorise ensuite la nitrification pour l'entraver enfin aux doses plus élevées.

Nous avons, dans notre série de tubes, ajouté à des solutions identiques de sulfate d'ammoniaque des doses croissantes de carbonate de soude.

Nous avons dosé Talcalinité dans l'eau avant et après contact par la méthode ordinaire employée dans l'analyse des eaux potables. Dans le tableau suivant, Talcalinité est représentée en carbonate de chaux et l'acide nitrique en Az'0\ le tout en milligrammes par litre :

Solution sans carbonale de soude.

— avec —

ALCALIMTÉ

Avant

ApK's

conlnct.

contact.

MfRVTES

9tfâ

Il semble donc que les eaux ayant une alcalinité voisine de 900 donnent les meilleurs résultats, puis lorsque l'alcalinité double, la nitrification est arrêtée.

Nous devons aussi signaler la perle constante en alcalinité tant que celle-ci n'est pas trop grande. Nous l'avions déjà remarquée dans nos nombreuses analyses d'eaux d'égout épurées par les procédés biologiques, et cela n'est pas pour nous surprendre, car il est indispensable que l'acide nitrique formé puisse être saturé aussitôt par une base qu'il trouve ici en combinaison à l'état de carbonate facilement décomposable par cet acide.

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