ÉPURATION PHYSICO-CHIMIQUE (SYSTEME VIAL, DE BRUXELLES
Ce système d'épuration a été récemment proposé par M. liai pour le traitement des eaux d'égout, à la suite d'expériences effectuées à Haren^ près de Bruxelles.
Il est basé sur Faction précipitante d'une substance chimique quelconque (chaux ou autre réactif approprié à la nature des eaux) et sur une méthode spéciale de décantation qui^présentc seule quelque originalité. En voici la description d'après le rapport de M. le D'^ Uenseval^ directeur du laboratoire du service de santé et d'hygiène au ministère de l'agricuture de Belgique :
Les bassins dans lesquels s'effectue la décantation sont formés de deux parties : la poche à boues et le bassin de clariflcation.
La décantation s'effectue en marche continue : une lame de liquide de quelques centimètres d'épaisseur parcourt tout le bassin avec une vitesse de 2 mètres environ par minute, en glissant sur une masse d'eau immobilisée par des cloisons sans qu'il s'y produise ni remous ni courants internes ; pendant ce temps elle abandonne toutes ses matières en suspension. L'eau reste ainsi le moins possible en contact avec les matières précipitées.
Celles-ci s'accumulent particulièrement en deux endroits du bassin ; de là elles sont enlevées par une pompe, en mélange avec beaucoup d'eau, et envoyées dans un grand récipient où elles se déi)osent. Elles sont concentrées ensuite dans un appareil spécial dit « concentreur », qui est une espèce de filtreur : les boues liquides arrivent sous une pression de 5 ou 4 mètres, obtenue par différence de niveau, dans une cuve renfermant des tubes en toile serrée; les malièi*es
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solides sont retenues et sama(^3ent dans Tappareit, tandis que Teau est évacuée à Tintérieur des tubes vers un conduit central. Les boues sortent de cet appareil à Tétat pûleux, ne renfermant plus que 70 à 80 pour 100 d'eau. Elles sont ensuite séchées par un procédé indéterminé.
On traite à Haren sur une très petite échelle, et seulement pour expériences, des eaux d'égout provenant du collecteur de Bruxelles, Ces eaux renferment une proportion de matières en suspension de 0^%288 à 18%560 par litre; celles-ci contiennent de 26,9 pour 100 à 57,1 pour 100 de matières organiques et de 75,1 pour 100 à 42,9 pour 100 de matières minérales.
La quantité de matières en solution varie de 0,700 à 1,0!)0 par litre, on y trouve de 34,3 à 42,9 pour 100 de matières organiques, et de 65,5 à 57,1 de matières minérales.
L'oxydabilité au permanganate en milieu alcalin oscille de 55 à 66,2 milligrammes; en milieu acide, de 32,6 à 59 milligrammes.
l/alcalinité du sewage, évaluée en CaO, est de 0"',120 à 0''%372.
La quantité d eau d'égout traitée lors des expériences du D*^ Henseval était de 23 à 34 mètres cubes i\ Theure. On utilisait pour la précipitation de 250 grammes à 1 kilog. de chaux éteinte par mètre cube (cette chaux à l'analyse donnait 07 à 68 pour 100 de CaO).
La quantité de boue produite variait suivant la ronrentration du sewage et suivant la quantité de réactif employé.
Pour 288 grammes de matières en suspension, on obtenait 595 grammes de boues (pesées h Tétat sec) par mètre cube. Lorsqu'il y avait 1*^,500 de matières en suspension, la proportion des boues s'élevait à 2^142 par mètre cube.
Leur valeur est assurément très minime. Elles renferment seulement :
Azote ammoniacal 0"',085 au maximum pour 100 de matières sèches.
Azote organique l"',762 id.
Acide phosphorique 0^' ,85 id .
Soit pour envirog 1 fr. 85 de matières fertilisantes (dans les cas les plus favorables, c'est-à-dire avec le sewage le plus concentré) par 100 kilogrammes de matière sèche.
m ÉPURATION DES EAUX D'ÉGOLT.
Les décanleurs Vial permetlent incontestablement d'obtenir une eau bien débarrassée de matières en suspension et, si la quantité de réactif ajoutée {est suffisante, une partie des matières en solution est également précipitée. Mais il reste toujours dans Tcffluent une importante proportion d'azote albuminoïde et d'ammoniaque, de sorte qu'on ne peut pas le considérer comme réellement épuré.
Il ne pourrait être rejeté dans les rivières qu'à la condition d'être traité ultérieurement sur des lits bactériens. Encore n'est-il pas sûr que ce traitement conduise à des résultats satisfaisants, en raison de l'alcalinité excessive des eaux additionnées d'une si grande quantité de chaux.
L'emploi de ce système ne parait en aucune manière pouvoir convenir aux villes, d'abord parce qu'il est extrêmement onéreux, en raison surtout des dépenses de réactifs et de main-d'œuvre, et ensuite parce que, loin de solutionner favorablement le problème des boues, il l'aggrave en accroissant le volume de celles-ci ainsi que les difficultés de leur manutention.