IV. — Chesterfield
La ville de Chesterfield s'est accrue d'une façon sensible depuis un certain nombre d'années. De 11590 habitants en 1877, la population est passée à 23 000 en 1892 et est aujourd'hui d'environ 29000 habitants.
Avant 1877, les égouts se rendaient dans quelques petits bassins dans lesquels les eaux laissaient déposer une partie des matières en suspension avant de se jeter à la rivière. A celte époque il fut décidé de pratiquer l'irrigation 'terrienne des eaux d'égoul.
(^es eaux contiennent les eaux ménagères et aussi une quantité considérable d'eaux résiduaires (tanneries, bras-
séries, etc.), ce qui amène de grandes variations et dans la quantité et dans la composition. Le volume rejeté par vingtquatre heures est d'environ 2900 mètres cubes.
L'administration fit Tachât de 20 hectares 25 ares de terrains, mais ces terrains, composés d'argile compacte, convenaient mieux à la fabrication des briques qu'à la filtration intermitlenle. Ils furent drainés avec des drains de 15 centimètres, posés en lignes étroites à des profondeurs variant de (r,90 à 1",50 et à une distance de 50 mètres. Leur effluent était collecté par de gros drains qui conduisaient les eaux à la rivière.
A mesure que la population augmentait d'importance, la qualité de l'eau épurée diminuait de plus en plus.
Pour faciliter l'irrigation terrienne, on la fit précéder en 1894 d'une épuration chimique au moyen de sulfate dC alumine , de sulfate ferreux et de chaux. Les boues de précipitation étaient pressées.
Cette nouvelle méthode de traitement n'améliorant pas sensiblement la qualité de l'eau épurée, en 1896 on enlrepritdes essais d'épuration biologique.
La pulvérisalion de l'eau sur les lits bactériens donna de bons résultats, mais il se répandait au loin des odeurs désagréables. Cet inconvénient, joint aux frais élevés exigés par le pompage pour obtenir Feau sous pression, firent abandonner cette méthode.
Acluellement les eaux sont traitées de la façon suivante : Les eaux d'égout traversent des fosses à détritus dans lesquelles la rapidité du courant étant diminuée, une grande partie de matières lourdes minérales se dépose. Une grille retient les matières flottantes.
Au sortir de ces fosses, les eaux sont réparties dans 5 fosses septiques de 1015 mètres cubes de capacité chacune, dont deux sont en usage pendant que la 5'' est en nettoyage, de sorte que,pour un volume moyen journalier de 2270 mètres cubes par temps sec, le séjour des eaux en fosse seplique est d'un peu moins de 24 heures. Les matières organiques solides sont en partie dissoutes dans ces fosses, mais une certaine quantité se dépose à Tétat de boues qui sont extraites, pressées et vendues aux fermiers.
L'eflluent des fosses septiques se rend dans un bassin d où il est pompé pour être distribué sur 12 lils bactériens aérobies munis de sprinklers rotatifs qui ont été construits sur les indications de M. Tomlinsen. Ces lits sont de deux grandeurs : 6 ont i"\40 et 7 ont l^^SO. L'ensemble peut traiter, au taux de 500 litres par mètre carré de lil, 9350 mètres cubes par jour, soit quatre fois le volume de Teau d'égout émise en 24 heures, par temps sec. Les matériaux employés sont les scories, mais comme elles n'étaient pas en quantité suffisante, on a construit quelques lits avec des débris de terre cuite de 5 à 22 millimètres.
La force motrice nécessaire pour le pompage des eaux est produite par la vapeur obtenue par combustion des ordures dans un four Horsfall.