LA GO
commence à s’observer qu’à partir du septième au douzième mois, c’est-à-dire au moment où l'enfant ébauche ses tentatives de maintien dans la station debout. Inconstante cependant au début de ce second semestre, la flexion de l’orteil se confirme et s’accentue au fur et à mesure que la statique se précise.
Cette réaction en flexion devient de plus en plus nette lorsque la marche apparaît, c’est-à-dire, en général, entre le douzième et le quatorzième mois et peut être considérée comme normale lorsque lenfant maintient son équilibre debout et marche seul librement. La pleine possession de ces facteurs est nettement caractérisée du seizième au dix-huitième mois. |
IIT. Ainsi l’évolution régressive du signe de Babinski se fait, chez l'enfant, parallèlement aux progrès observés dans ses attitudes posturales et à l’habileté motrice coordonnée de la marche; au contraire, il n’y a aucun parallélisme entre la disparition de l’extension du gros orteil et, d’une part, l’âge réel de l’enfant, d’autre part, ses caractères morphologiques apparents, poids, taille, en un mot, la robusticité.
IV. Le mécanisme auquel obéit le signe de Babinski physiologique de l’enfant est comparable à celui que l’on observe chez l’adulte, après l’apparition de l’automatisme spinal consécutif à la période de shock des sections anatomiques totales ou subtotales de la moelle. |
ST NATARES
En effet, il y a une similitude absolue entre l’activité automatique de la moelle sectionnée par un processus pathologique et l’automatisme physiologique de la moelle du nouveau-né. l'une et l’autre se caractérisent, en plus du signe de Babinski, par lPhypertonie des fléchisseurs du membre inférieur, avec, parfois, l’extension spontanée du gros orteil et par l’existence de réflexes dit de défense homolatéraux, croisés où même par le mouvement rythmique.
La disparition du signe de Babinski, chez l’enfant, paraît contemporaine de celle des manifestations d’automatisme des membres inférieurs.
V. L'interprétation du phénomène serait sans doute facilitée, si l’on faisait appel à la notion de chronaxie.
En effet, chez le nouveau-né, l’extenseur du gros orteil est l’un des muscles dont « la vitesse d’excitabilité » est la plus grande. Au groupe musculaire qui s’en éloigne le moins à ce point de vue appartiennent les fléchisseurs de la cuisse; au contraire, le fléchisseur du gros orteil est, comme les extenseurs de la cuisse, bien moins rapidement excitable.
Chez l’adulte, l’excitabilité neuro-musculaire, dans son ensemble, est accrue, mais inégalement, et l’extenseur du gros orteil n’est plus en haut de l'échelle d’excitabilité, d’ailleurs moins étendue; il y occupe une position intermédiaire entre les deux groupes (extenseur et fléchisseur) précités.
De ce fait et du fait de l’abaissement inégalement
rapide des chronaxies nerveuse et musculaire, l’hétéro-
chronisme (ou défaut d’accord) neuro-musculaire est plus marqué et plus persistant pour le fléchisseur du gros orteil que pour son extenseur.
La chronaxie des muscles des extrémités des membres du nouveau-né se rapproche de la chronaxie des muscles de l’adulte, entre 4 et 7 mois environ, époque à laquelle elle s’harmonise avec la chronaxie du nerf et où, précisément, débute en fait la flexion du gros orteil. |
La grande valeur de la chronaxie, comme élément d'interprétation, apparaît encore si l’on veut bien se rappeler que les influences qui font varier le réflexe cutané plantaire (refroidissement, compression, anes-
thésie) font généralement varier la chronaxie.
NUE vu Nancy, le 26 mai 1995. Nancy, le 27 mai 1995. Le Président de la Thèse, Le Doyen, F3 HAUSHALTER. L. SPILLMANN.
Vu Er Permis p'ImPrIMER :
Nancy, le 28 mai 1925.
Le Recteur de l’Academie,