‹ Recherches sur l'hémacélinoseChapitre 6 sur 7 · Latour , obs. 4^3 , etc · texte numérisé non relu

Latour , obs. 4^3 , etc

Julep .

Acid. suif.

Mixt muciîag.

3 ij* % zV.

/?. Acétate de plomb.

% iij. Sulfate cle fer.

| vj. Alcool,

g. 6. Diététique • Les règles de la diététique doivent être fondées d’abord sur l’éloignement du genre de vie ordinaire, si l’on est en droit de croire à son influence sur la production de la maladie ; c’est ainsi que le célèbre Professeur Baumes insista principalement sur le régime qui n’était pas celui de la malade : étant une femme du peuple , elle se nourrissait habituellement d’aiimens grossiers ; il lui ordonna des soupes grasses et de la bonne viande , dont elle mangeait très - rarement et très - peu : ce qui confirme la vérité de l’aphorisme de Rousseau , que le remède le plus énergique pour le paysan malade est le pot au bouillon. Ainsi qu’on le voit par ce judicieux exemple , le régime doit être basé principalement sur les forces du malade , et dirigé dans l’espoir de réparer ses pertes journalières, sans le fatiguer; c’est ainsi qu’on pourra employer avantageusement les gelées animales ou végétales , selon le cas. Tous les toniques devront être employés en alimens* lorsque la maladie asthénique aura épuisé les forces du malade ; les vins stomachiques et nourrissans produiront les plus heureux effets ; ses repas seront rapprochés et légers , l’observation du D.r Mouton prouve la vérité de ce point ; le malade restera le moins possible exposé a la chaleur du lit , il recherchera le grand air dans une atmosphère convenable , les distractions fortes ; enfin , on ne doit négliger aucun des soins prescrits par l’hygiène dans la convalescence des maladies.

§. VI. État patholog . Nous avons à regretter , dans l’historique de celte maladie , le complément des observations , c’est-à-dire , l’autopsie; néanmoins, celles parvenues à ma connaissance suffiront pour établir quelques faits incontestables , et qui constituent la maladie à l’intérieur; je vais remplir ce vide de toutes les disserta* lions sur ce point , du mieux qu’il me sera possible.

Il est inutile de rechercher la trace des hémorragies dans les

lissas qui en sont atteints ; Ions les Pathologistes sont d’accord sur leur intégrité. M. Recamier dit , dans ses leçons , que l’examen du tissu muqueux en général, à la suite des hémorragies; dans le vivant ou sur le cadavre , ne lui a rien offert de particulier. Bichat, Lordat, Latour , etc. , partagent cette opinion.

L’habitude du cadavre est ordinairement d’un jaune-verdâtre, contrastant très-fort avec les macules noirâtres. Autorisé par l’analogie , nous pensions que les macules de l’extérieur devaient exister également à l’intérieur, puisque dans les rougeoles malignes on trouve à l’intérieur des taches qui ressemblent à lexanlhème. Morgagni dit que ceux qui assurent que l’éruption variolique se répand constamment sur les intestins, ont aussi tort que ceux qui prétendent qu’elle ne s’y répand jamais. Instruit de ces deux écueils , en garde contre l’inconstance des symptômes cadavériques . nous n’assurerons pas que , dans tous les cas, les pétéchies se retrouvent le long du tube intestinal , mais que ce phénomène s’est présenté dans toutes les autopsies connues, comme l’ont vu Frank (i) et M. Coze. Ce dernier Professeur de clinique à Strasbourg ayant émis cett'e opinion, ses Élèves voulurent en vérifier la vérité; un malade succomba à lTIémacélinose , à l’auptosie on trouva des pétéchies non-seulement sur la membrane interne de l’estomac et des intestins , mais encore â la face interne de la vessie urinaire. Cette suffusion existait également sur les membranes séreuses ; la face interne du péricarde , les plèvres costales et pulmonaires étaient remplies de pétéchies *, mêmes phénomènes observés à la dure-mère , les poumons étaient enflammés . P. Frank et M. Byron ont vu les mêmes pétéchies barioler le foie ; quelquefois même ces macules intenses finissent également par s’ulcérer aussi , et suivre, dans leur marche vers la guérison , le même mode que les autres ; voilà pourquoi Grafif se demande si la liveur et la rougeur qu’il *avait remarquées sur les intestins devaient être rapportées aux pétéchies : il pense pour le probable. ( p. 22. )

(1) §. Eccliyiu. p. 464. t. IL

Nous avons également lieu de présumer , d'après quelques épisymptômes, qu'elle peut être compliquée d’une gastrite ou d'une entérite (i). Le système vasculaire , dans les cas d’Hémaeélinose asthénique directe on indirecte , ne contient qu’une légère quantité de sérosité rougeâtre. Cette espèce de colliquation aqueuse à la suite de la cachexie hémataporique , qui produit les œdématiés qui accompagnent le troisième degré ou la fin de l’Hémacélinose asthénique , rend également des raisons des collections séreuses qu’on rencontre quelquefois dans les cavités splanchniques. Tantôt les organes sont flasques et dépourvus d’humeurs, etc.

§. VIL Diverses opinions ont été émises sur le siège de la maladie ; elles ont été combattues tour-à-tour. Quelques auteurs ont placé les pétéchies dans les mailles du tissu cellulaire , et n’ont vu dans cette hémorragie qu’une exhalation toujours passive. Je crois qu’elles ont lieu à la superficie des membranes muqueuses et dans le tissu muqueux de Maîpighi. Cette opinion fondée sur des faits , nie paraît devoir être adoptée par ceux qui connaîtront l’influence de cette tunique muqueuse d’Hoffmann (2) sur la coloration humaine (3). J. G. Leidenfrost me paraît avoir mis cette opinion hors de doute, par une expérience fort ingénieuse. Un malade atteint de riiémacélinose se présente à lui: il applique un vésicatoire sur l’une des pétéchies , undè vesica excitata maculam alias diutiiiS duraturam prompte abstulit . Quare dubitari non potest

(1) Broussais, Gouan , Graff, Byron , etc.

(2) Tom. VII, De morb . cum color . cutis depravato , cap. 3 , §. Il et J If y p. 34b, col. II.e

(3) Vid. Malpiglii , Zwicki ., p. 180, §. V. Hoffmann, ibid. Welschius, Tabell. anat . XXVII. Verheyen , An. corp. hum. p. m. 35. Pechlin, Tract . de habit, col. Æthiop , prouve d’une manière convaincante l’opinion avancée. Waldichmidius, Dissert, de col. Æthiop . Leuwenhoëck; l’intéressant ouvrage de l’abbé Pierquin sur la couleur des Nègres , et la thèse excellente du docteur Gaultier, intitulée Recli. anat, sur le syst. eut., etc. Paris 1811, n.° 5.

sedem ejusdem fœditatis in loco retis esse : c'est ce qui fait , ajoute-t-il plus bas , que morbus non est contagiosus , nam exempta copiosa sunt maritorum ab uxoribus ita se habentibus non infec torum (i); et Lorry paraît être de cet avis en disant : pctechiœ non ad rnorbos cutaneos pertinent .

Le traitement employé par le docteur Rostan , dans l’Hémacélinose compliquée de péripneumonie, en est une preuve déterminante , due au hasard , comme la plupart des belles découvertes, et que l’auteur n’a pas appréciée ( 2 ). Nous ne devons pas omettre , dit ce médecin, que la péripneumonie ayant nécessité l’application d’un vésicatoire , la vésicule composée sans doute de l’épiderme et du réseau muqueux , était très-noire , tandis que la surface mise à nu offrait la couleur ordinaire . A l’autopsie , il trouva que la peau incisée présentait immédiatement sous l’épiderme une couche linéaire noire, qui paraissait avoir son siège dans une des lames du tissu muqueux. Le derme était de la couleur ordinaire M. Rostan termine en disant que cette maladie ne ressemble à aucune de celles décrites , ce n’est ni un ictère noir, ni une maladie bleue, ni un éléphantiasis , et moins encore une dégénérescence scorbutique \ c’est vrai , mais c’est le morbus maculosus confluent , dont cet exemple est vraiment très-remarquable et très-intéressant pour les progrès de l’art sur ce point.

Pour corroborer encore notre opinion, on observera que par une loi générale aux hémorragies , celles de la Pétéchianose arrivent dans les parties où le système capillaire est plus abondant , et surtout plus superficiel ; aussi arrivent -elles principalement dans les lieux où le tissu muqueux abonde. L’extrême sensibilité du système dermoïde et sa position superficielle mettent en jeu, à chaque instant, l'excitabilité du corps réticulaire , et qui doit être par cette raison en butte à Vhèmorrèe sub-èpidermoïde .

(1) Ibid. §. XVII.

(2) Obs. d’une femme devenue noire dans l’espace d’une nuit à la suite d’uue violente impression de chagrin , p. 5afi.

Valentin , Pîenck , Frank, Pringle, de Haën , Swédiatir, Latour d’Orléans, etc. etc., lui donnent aussi le même siège; Latour (i) la classe dans les hémorragies sous-cuticulaires sans solution de continuité ; tandis que M. Lordat dit tout le contraire pour les taches scorbutiques , qui, selon lui, sont formées par le sang infiltré dans le corps de la peau , et que dans les fièvres de mauvais caractère, i’épanchement qui a lieu se fait dans les aréoles du tissu cellulaire. La peste , la fièvre jaune, les fièvres adynamiques putrides, etc., sont dans ce cas (2).

g. Vïïî. Les théories passent , les faits restent : les premières sont les travaux des hommes; les autres ceux de la nature ; ils sont éternels comme elle» Si toutes les théories des anciens sont fausses, toutes leurs observations sont justes; d’ailleurs elles sont toujours les fils de fépoque ; elles varient selon les diverses manières de philosopher. Laerce , Plutarque , Cicéron , Malebranche , Descartes , Gassendi, Newton, Leibniz, WolfF, Bacon, etc., ont tour-à-lour fait changer la face de nos explications ; aussi je vais mettre la plus grande circonspection dans l’énumération de quelques opinions les plus accréditées sur notre maladie. Le mécanisme d’une maladie est aussi impossible à comprendre que celui du monde; peu d’auteurs veulent le croire , aussi avons-nous plus de physiologistes que de physiologues.

Presque tous les auteurs que nous avons consultés, et ceux qui ont parlé des pétéchies en général , les considèrent comme des symptômes de la putréfaction ; ainsi l’affection pulico-hémorragique a été d’abord attribuée à la putridité des humeurs; de là au scorbut, il ne reste plus qu’un pas à faire : mais quant à l’état putride du sang dans le corps vivant, de nombreux résultats , de nombreuses observations militent glorieusement contre cette opinion absurde. Les

(1) Latour, t. I, p. 3i4*

(2) Sauvages, Nos. melh. cl. IX. ord. 1. gen. 1. sp . 6. Hœm. clir. ,* Sagar , Prim. Lin. 73 6. Confer. ,* Cullen , Sjnops. nos. meth. t. II. p . i53. Not. ; Frauk , Pinel , etc., l’ont placée dans les flux de sang.

expériences de MM. Deyeux et Parmentier, en particulier, prouvent assez ce qu’on doit croire de cette opinion ; mais tirons des preuves de notre maladie et non de l’analogie (i). Aaskow, le premier, dit que, dans la maladie tachetée hémorragique, l’analyse chimique du sang n’a offert aucune différence notable avec celui des individus sains. Résultat analogue obtenu par les deux expérimentateurs cités , sur le sang des scorbutiques, et sur celui des personnes en proie à une fièvre putride. Morgagni , dit que dans ce dernier cas, il a vu le sang d’une consistance naturelle, qu’il se caillotait également et que le sérum ne paraissait pas être plus considérable. Avant de juger ces diverses opinions , nous aurions besoin de nouvelles observations plus détaillées et de nouvelles expériences , ou l’on est exposé à des contradictions nombreuses ; c’est ainsi que Graff dit vaguement et sans fondement que le sang est ténu et dissous (/?. ult, ) , tandis qu’Adair lui reproche d’avoir dit auparavant ( p. 20 ) , que le sang rendu par la bouche et l’anus se coagulait.

Si l’analogie nous offrait quelques sûrelés pour les bases de nos jugemens, nous aurions recours aux maladies qui, d’après quelques auteurs, ont quelques points de contact avec la nôtre. Dans le scorbut, par exemple, le sang a été trouvé épais et coagulé (2) et séparé du sérum ( Lind ) ; mais que l’on tienne en compte, avec moi , que toutes ces expériences ont été faites sur le cadavre. L’analogie dans ce cas m’offre trop d’irrésolution pour m’y fier aveuglément , et par exemple on trouve chez les personnes mortes d’un accès de colère , où tout le corps paraît prendre un surcroît, de vie , que le sang se putréfie bientôt ; le même résultat a lieu chez les personnes mortes dans un violent accès de joie subite et non ménagée , ainsi que dans les corps frappés de la foudre on empoisonnés par le venin de la vipère, tandis que, chez les individus qui ont succombé à FHémacélinose ; la putréfaction ne s’établit pas plutôt que chez ceux qui seraient

(O Voy. Neucranlzius.

(2) Poupart, Acad, des Sc.? 1<>99, pp- 4°, 522.

morts de toute autre maladie, ainsi qu*on le volt par une infinité d’observations , si ce n’est dans l’asthénique prolongée. D’ailleurs , d’autres auteurs non moins recommandables nient cette qualité du sang, et de Haën , .par exemple, la nie même dans les petites véroles malignes (i) , et Schwencke semble vouloir concilier ces deux opinions, en prouvant que cette dernière n’est pas toujours fondée. Enfin , nous terminons en disant que nous croyons à une disposition particulière du sang, que nous avons nommée hémocace * et qui peut avoir une tendance à la putridité.

§ IX. Les opinions des auteurs ne sont pas moins variées, lorsqu’il s’agit de rapprocher cette maladie de quelque autre. M. le profess. Baumes , par exemple, pense que l’Hémacélinose tient à la fois du scorbut , du catarrhe habituel , de la mélancolie et même du rhumatisme froid . Havinga la regarde comme une sorte de scorbut aigu , qui se manifeste quelquefois à la suite du typhus et qui est ordinairement mortel; tandis qu’un grand nombre n’y voient qu’une affection scorbutique: de ce nombre sont Zuinger , Goëckelius , Damilanio , Adair, Grant, le professeur Gaze , le docteur Byron ; Behrens n’admet point entièrement cette opinion, mais il pense que comme le scorbut, ITIémaeélinose est due à une qualité spécifique du sang; tandis que le docteur Kéraudren s’oppose ouvertement à cette idée, et pense avec Duncan, Schlichthorst , etc., qu’il est trèsfacile de distinguer le scorbut de notre affection ; ceux qui auront lu ces recherches partageront, j’espère, cette opinion (2). D’autres

(1) Rat. , Med., vol . Il , c. 22, p. 44°*

(2) Cette idée m’a fait supprimer un long § sur les rappoi'ts d'analogie. J’ai cru bien faire lorsque je voyais que £es recherches prouvaient que les autres affections exanthématiques sont toujours avec fièvre ou sans hémorragies. D’ailleurs, pour de plus amples détails, voyez les observations diagnostiques, sur la scarlatine, la rubéole et la rougeole par Heirn. , et l’examen pratiq. et nosol. de Kieser sur la différence essentielle et symptomatique de la scarlatine , de la scarlatine miliaire, de la pourpre miliaire, de la fièvre pétéchiale pourprée, qui, je crois, n’ont point encore

l’ont cru le produit de la paralysie, d’autres du typhus carcenaire. Kruegelstein combat également ces deux opinions, et la regarde comme le résultat d’une irritation interne et externe. En effet, sur trois observations qu’il rapporte, deux sontduès à des vers, et une à la suppression brusque de la transpiration; observation analogue à celle du docteur Byron. Adair la regarde comme étant toujours une affection symptomatique^ plutôt qu'idiopathique ; il pense dans quelques endroits, avec M. le Prof.r Baumes , que l’Hémacélinose est le scorbut à un moindre degré (p. 20). Un peu plus loin (p. 26) il dit: certè rnihi erit jatendurri , hœmorrltœam à scorbuto discrepare .

Darwin trouve , dans le roman de la médecine , l’explication de l’apparition des pétéchies : « Par l’inaction , le sang s’appauvrit , reste en stagnation dans le tissu cellulaire , où il produit des pétéchies par la torpeur ou la paralysie des bouches absorbantes des veines!....» D’autres ont osé avancer, tel que Coyttarus , que le foyer de la corruption superficielle ou générale était à la source même de la vie , et le cœur n’était plus qu’un réceptacle impur!...

Il serait fastidieux de rapporter toutes les hypothèses construites plus ou moins artistement pour expliquer la formation de la maladie pulico-hémorragique : le mécanisme et l’hydraulique , le solidisme et l’humorisme , etc. ont tour-à-tour prêté leurs ridicules armes, et d’une manière toujours exclusive. Néanmoins ce que l’on peut dire de plus certain, c’est que le sang varie autant chez les malades que chez les individus sains, et qu’il varie ensuite selon les périodes de la maladie respectivement à son premier état: on connaît assez le danger des hypothèses en médecine , pour espérer qu’on ne trouvera point mon indécision blâmable. ~

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