Recherches sur l'inoculabilité du cancer
Depuis la publication de mon dernier travail, sur l’étiologie des tumeurs malignes, j’ai poursuivi mes recherches sur ce sujet, et je crois utile de présenter aujourd’hui quelques nouveaux faits qui, tà mes yeux, méritent d’attirer l’attention.
I. — Tout en faisant porter mes expériences plus spécialement sur rinoculabililé du cancer j’ai tenu en même temps cà contrôler les résultats de mes premières observations. C’est ainsi que depuis trois années (1) que j’ai poursuivi ces études en cherchant à les compléter j’ai pu d’abord vérifier la présence des microorganismes au sein même des tumeurs.
Dans toutes celles que j’ai examinées à ce point de vue, et leur nombre s’élève aujourd’hui à quarante, j’ai retrouvé les mêmes microorganismes suivant la description que j’en ai donnée.
Je tiens cependant à ajouter certains détails d’observation qui ont à mes yeux de l’importance.
Ainsi que je l’ai dit précédemment, c’est la méthode de Gram prolongée qui convient le mieux pour déceler les microorganismes dans les tissus carcinomateux ; mais ils se déco-
(I) Que l’on ne s’étonne pas de la lenteur avec laquelle marchent ces observations : outre les difficultés particulières avec lesquelles chacun peut avoir à compter, je rappellerai qu’il ne s’agit plus ici d’une maladie évoluant rapidement, comme la tuberculose expérimentale par exemple. C’est par années qu’il faut compter la durée des expériences.
lorent facilement par l’alcool, aussi faut-il modérer l’action de ce réactif. J’ai, à cet effet, l’habitude d’interrompre la décoloration en immergeant la coupe dans l’eau pendant quelques secondes. Ainsi traitées et en appliquant la double coloration, les coupes fournissent des préparations fort démonstratives dans lesquelles les parties actives de la tumeur retrouvent l’intensité d’aspect qu’elles doivent avoir. Dans le cancer alvéolaire par exemple, ce sont les éléments intra-alvéolaires qui apparaissent nettement, et dans l’épithéliome lobulé ce sont les globes épidermiques et les parties voisines qui se colorent le plus vivement.
Observés à un grossissement suffisant, les microorganismes se montrent le plus souvent au sein des cellules sous forme de cocci et de diplocoques (Fig. 3).
Dans quelques coupes très fines j’ai pu même plusieurs fois distinguer quelques-uns d’entre eux nettement encapsulés et se rapprochant ainsi du diplocoque de Frænkel.
Les différentes parties d’une même tumeur ne fournissent pas toujours des résultats aussi précis et l’on est obligé quelquefois de multiplier les coupes avant de rencontrer un point où ces dispositions se remarquent avec la même netteté.
Les cellules elles-mêmes d’un même alvéole présentent à ce point de vue des variétés et la double coloration établit bien à cet égard leur différenciation.
Ainsi, tandis qu’un certain nombre d’entre elles restent incolores ou prennent le picro-carmin, si l’on s’est servi de ce réactif pour colorer le fond de la préparation, d’autres, au contraire, prennent avec avidité les couleurs d’aniline et alors, tandis que dans les premières les noyaux sont restés volumineux et bien apparents, dans les dernières, on n’en compte, le plus souvent, qu’un seul réduit à un point qui disparaît à peu près complètement au milieu de la masse des fines granulations qui remplissent le corps cellulaire.
Entre ces apparences extrêmes il existe, du reste, des degrés variables et il semble que l’on ait sous les yeux des phases successives de l’évolution d’un même processus de pathologie cellulaire.
Les cellules qui renferment les microorganismes acquièrent souvent des dimensions énormes. Sous l’action des couleurs d’aniline, elles prennent l’aspect de plaques ovoïdales plus ou moins régulières et fortement teintées.
On pourrait presque les comparera de véritables cellules géantes ayant englobé les parasites et si la théorie de la phagocytose pouvait être acceptée sans conteste, on pourrait classer ces éléments parmi les macrophages.
La matière intercellulaire, sorte de gangue amorphe, de ciment qui les réunit entre eux, se colore mal par les couleurs d’aniline et semble se rapprocher, par son aspect, de la matière visqueuse que l’on observe dans certaines zooglées.
En dehors de ces points de localisation, il est des préparations dans lesquelles les microorganismes se montrent libres et sous forme de diplocoques (1); Ils flottent alors soit audessus, soit sur les bords de la coupe et forment de véritables nuages dans lesquels on distingue des myriades d’individus : leur nombre est incalculable.
Dans ce cas, un assez grand nombre de cellules semblent vides et réduites simplement à leur membrane d’enveloppe.
Je n’ai pu, jusqu’ici, en variant les méthodes, déceler dans les coupes d’autres formes de microorganismes que celles que je viens de décrire de nouveau et que j’ai retrouvées telles dans les cultures, et cependant je dois ajouter aujourd’hui que j’ai souvent rencontré et en même temps dans celles-ci le bacille décrit en 1887 par Scheuerlen (2).
Ce bacille se cultive très rapidement sur le sérum gélatinisé. Dès le deuxième jour, il forme une pellicule qui recouvre toute la surface de ce milieu dont il amène la désagrégation au bout de quelques jours.
Ce n’est qu’exceptionnel] ement et dans quatre ou cinq tumeurs que je l’ai obtenu moi-même directement sur gélatine.
(1) Ces organismes peuvent être rapprochés de quelques-uns de ceux que l'on observe dans les suppurations. Mais à l’encontre seulement de ceux-ci, ils liquéfient la gélatine.
(2) J’ai retrouvé dans mes cahiers de notes de 1886 la mention de l’observation de ce bacille.
Il ne liquéfie pas ce milieu, ce qui tendrait à la différencier du Bacillus mesentericus vulgaris , avec lequel on a voulu l’identifier.
Au contraire, il s’étend également en surface en formant une légère couche nacrée, à reflets irisés et chatoyants.
Transporté sur la gélose pure ou glycérinée, il s’étend de même en une surface qui, au bout de quelque temps, se fronce en plis plus ou moins réguliers.
Si l’on observe les cultures sur sérum au début même de la végétation, on est frappé de n’observer à peu près que des spores de ce bacille, en quantité innombrable, de forme ovoïde, et mesurant environ 1 g de large sur I g 5 de long. (Fig. 1) A côté de celles dont les contours sont bien nets et uniformes, on en remarque d’autres où la formation du bacille commence et aux deux pôles de la spore en même temps. Comme seuls, ces points bacillaires se colorent, la spore semble porter à ses deux extrémités une petite calotte foncée. Plus loin, la végétation plus avancée donne l’aspect d’une navette de tisserand. Dans d’autres points, la spore se réduit à un point clair au milieu du bacille, et enfin, dans d’autres, on aperçoit des bacilles adultes qui mesurent alors de 3 g à 4 g (Fig. 2).
Il est fort probable que c’est à l’état seul de spores que ce bacille existe dans les tumeurs, puisque je n’ai pu en déceler la présence par les méthodes variées de coloration; et, comme lorsque je l’ai rencontré sur sérum, j’observais parallèlement sur les autres milieux l’organisme que j’ai décrit précédemment, on peut présumer qu’il s’agit peut-être là d 1111 cas de polymorphisme, de variabilité de forme suivant les milieux de culture, ou d’une association microbienne.
II. Ces quelques points établis, j’ai à exposer maintenant les résultats de mes inoculations.
Jusqu’à ces derniers temps, mes expériences directes ont porté le plus souvent sur le lapin et le cobaye, et les résultats que j’ai obtenus de ce côté sont encore très limités. Cependant quelques-unes de ces observations et d’autres faits observés parallèlement doivent être notés aujourd’hui.
Je me suis servi jusqu’ici de cultures jeunes, c’est-à-dire de 6 à 10 jours, et surtout des cultures liquéfiées de gélatine, injectant environ un centimètre cube à l’animal en variant les points d’inoculation, mamelle, tissu cellulaire sous-cutané, chambre antérieure de l’œil, rectum, etc.
Les premiers effets de ces inoculations sont différents et semblent varier suivant le point inoculé. Tantôt ils ne produisent qu’un petit abcès caséeux, tantôt aucune réaction, d’autres fois enfin, un vaste phlegmon.
Sur le nombre assez grand d’animaux inoculés, deux lapins seulement m’ont donné des résultats qui puissent être cités. Je ne fais que rappeler d’abord celui dont l’observation se trouve résumée dans les comptes-rendus de la Société de Biologie (12 décembre 1887).
Le second, mort au mois de juillet de l’année dernière, avait été inoculé au mamelon, une première fois, le 28 novembre 1888 avec une culture pure d’épi tliéliôme de la lèvre inférieure et cette première expérience n’ayant pas paru devoir amener de résultats, une seconde fois, le 20 janvier 1889, avec une culture de carcinôme.
Ces deux injections ne produisirent d’autre réaction qu’un petit abcès caséeux de la grosseur d’un petit pois.
L’animal, mâle âgé d’au moins quatre ans, ne parut pas souffrir pendant les premiers mois qui suivirent l’inoculation, mais au bout du cinquième mois, il commença à maigrir et, le 10 juillet 1888, par conséquent 8 mois après la première injection, il mourut.
A l’autopsie, ce qui me frappa tout d’abord, ce fut la présence, dans le foie, de noyaux au nombre de cinq, dont le plus gros, qui siégeait au voisinage du bord tranchant de l’organe, pouvait avoir les dimensions d’une petite noisette et, par conséquent, était assez volumineux par rapport à l’organe de l’animal dont il s’agit. L’aspect et la coloration de ces noyaux rappelaient absolument le cancer nodulaire. Ils étaient jaunâtres, tranchant nettement sur la coloration brune du foie, d’une consistance plutôt ferme, et formaient une légère saillie sous la capsule de Glisson.
A la coupe, le tissu en était serré, mais un peu ramolli au centre.
Le rein droit, dans sa partie en rapport avec la face inférieure du foie, présentait des désordres analogues. Sous la capsule, se remarquait un nodule de petites dimensions, mais à son niveau, il existait de nombreux tractus jaunâtres de consistance légèrement fibreuse, pénétrant profondément dans le tissu propre du rein et rappelant bien l’aspect de l’invasion carcinomateuse.
De son côté, l’intestin grêle, dans sa première portion et aussi vers le commencement du jéjunum, montrait un épaississement considérable de la tunique muqueuse, qui était en même temps ulcérée sur une assez grande étendue; sous la séreuse, on remarquait plusieurs granulations de la grosseur d’un grain de millet (1).
Tout autour de ces organes existait de la péritonite de voisinage avec des adhérences paraissant anciennes.
Plusieurs ganglions mésentériques étaient hypertrophiés.
L’estomac était considérablement distendu par suite du rétrécissement pylorique. Quant aux poumons, ils étaient sains.
Malgré ces désordres qui, par leur évolution clinique, leur mode d’extension et leur aspect, pouvaient être rapprochés de néoplasmes malins, les coupes pratiquées sur ces différents organes ne m’ont pas présenté, en quelque sorte, la signature du cancer.
Les noyaux hépatiques étaient formés par des travées de tissu conjonctif, au milieu desquels se trouvaient des amas de cellules, les unes embryonnaires, d’autres dégénérées, bien que ça et là on en remarquât quelques-unes mieux définies.
Le rein était également envahi par un processus plutôt inflammatoire.
Quant à la tunique muqueuse de l’intestin, elle était le
(1) Il ne s’agissait pas de tubercules, car l’examen des coupes s’est montré négatif à ce point de vue.
siège, dans sa partie dermique, d’une hyperplasie considérable due à une prolifération exagérée de cellules embryonnaires (1).
L’examen bactériologique des coupes m’a permis d’y retrouver, de même que par la culture, les deux microorganismes que j’ai décrits ci-dessus.
Mais encore ici, bien que, cette fois, l’affection déterminée ait paru se rapprocher davantage de la maladie en expérience, je ne pouvais encore conclure.
III. — Tandis que je recherchais la solution du problème par des moyens directs, et que je voyais mes inoculations obtenir des résultats si limités, soit que j’opérasse sur des animaux d’espèce mal choisie, soit pour toute autre cause, les circonstances qui environnaient en quelque sorte les expériences que j’instituais vinrent me prêter leur appui et m’éclairer peut-être pour l’avenir en imprimant à mes recherches une direction nouvelle.
Parmi mes animaux en observation se trouvaient, en effet, à un certain moment, plusieurs lapins atteints, comme je l’ai noté plus haut, de plaies, ou de phlegmons violents et suppurant largement. Or, autour d’eux, mes cages étant placées (imprudemment, d’ailleurs), dans un poulailler, les volailles s’amusaient à picorer à travers les barreaux les graines ou les légumes servant de nourriture aux lapins.
Je n’y pris pas garde au début, mais à la fin de 1888, mon attention fut attirée par hasard sur une vieille poule (2) qui avait fait de nombreuses couvées et qui portait à la partie inférieure du bec une petite tumeur déjà assez apparente.
Cette tumeur devint bientôt assez volumineuse pour gêner la déglutition, et au bout de quatre ou cinq mois elle avait atteint le volume d’une petite mandarine.
(1) Je dois ajouter cependant que par la double coloration, j’ai retrouvé ici des îlots de cellules vivement teintées par les couleurs d’aniline et se rapprochant, par leurs dimensions, des cellules que j’observe de la même manière dans le carcinome.
If
(2) Elle avait de trois à quatre ans.
L’animal ne pouvant plus s’alimenter, était sur le point de succomber, aussi le fis-je tuer.
Or, l’examen de cetle tumeur me la fit reconnaître pour un type parfait d’épi thiliôme lobulé présentant de nombreux globes épidermiques. Cet examen et ce diagnostic furent du reste contrôlés par mes confrères de la Société anatomique de Nantes à qui j’eus l’honneur de présenter la pièce le 13 novembre dernier.
Mais ce fait curieux n’est pas le seul que j’aie à présenter ici dans le même ordre d’idées et je dois entier dans quelques détails topographiques nécessaires pour la compréhension de ce qui va suivre.
J’ai auprès de mon habitation un chenil, occupé entr’autres par une chienne de l’espèce dite des chiens courants, et par conséquent de petite taille. Cette chienne qui a fait de nombreuses portées, a des mamelles assez développées surtout les deux dernières qui dans certains moments traînent littéralement à terre. Auprès de ce chenil et le bordant exactement, passe un ruisseau où mon domestique avait ordinairement l’habitude de laver mes préparations de rebut ou les tubes des vieilles cultures, et d’y répandre ensuite les eaux de lavage.
Or il y a deux ans environ je remarquai au voisinage du mamelon inférieur et du côté gauche une petite tumeur dure, indolente et de la grosseur environ d’une noix. Mon attention ne se fixa pas à ce moment beaucoup de ce côté mais je surveillai cependant l’animal. Peu à peu, le volume de la tumeur augmenta, un des points, au voisinage du mamelon, restant dur, et un autre présentant une fluctuation marquée (1).
Enfin au mois de novembre dernier, voyant qu’elle prenait des dimensions considérables (elle était alors du volume du
(t) Je ne puis voir dans ces faits de simples coïncidences, surtout dans celui de la poule. Je me suis en effet adressé, à cet égard, à plusieurs vétérinaires qui tous mont dit n’avoir pas observé d’épithéliôme chez cet animal. M. le Professeur Nocart qui a bien voulu me renseigner dans ce cas, m’a dit avoir remarqué quelquefois des tumeurs d’aspect cancéreux, mais toutes étaient des sarcomes.
poing) et désirant aussi vivement savoir à quoi m’en tenir, j’en fis l’ablation.
L’examen me montra, ainsi qu’à mes confrères, une tumeur dontune partie était constituée par un kyste à parois végétantes contenantun liquidelouche,etuneautre partie dureet épaissie.
L’examen de ces parties fit voir qu’il s’agissait d’un adénome : mais, outre que cette variété de tumeur est encore regardée par quelques auteurs comme pouvant être souvent l’objet de certains doutes, il y a lieu, ici en particulier, de formuler des réserves.
Il existait, en effet, dans la partie du néoplasme en rapport avec les parties profondes et voisines de l’abdomen, outre des ganglions isolés, une chaîne ganglionnaire paraissant pénétrer profondément dans la cavité abdominale et que pour cette raison il me fut impossible d’enlever.
J’ai de plus maintenu, depuis ce temps, l’animal en observation et il n’est pas douteux maintenant que ce qui était resté du néoplasme n’ait manifestement grossi en sorte qu’il y a tout lieu de croire à une récidive.
Il convient donc de se réserver sur le premier diagnostic : jusqu’au moment ou je pourrai de nouveau le contrôler.
IV. — S’il m’était permis maintenant, à propos des faits (lui précèdent, sinon de poser des conclusions encore prématurées, du moins de chercher à avancer quelques hypothèses et de tirer des déductions utiles, je dirais: la contagion du cancer paraît donc procéder, jusqu’à un certain point, d’une façon particulière, spéciale, puisque tandis que les inoculations produisent des résultats si restreints, l’agent infectieux vient, malgré cela, opérer en quelque sorte sa sélection autour de moi et sous mes yeux. Sa transmission a sans doute besoin pour s’exercer d’un concours multiple de circonstances. Outre le terrain déterminé et le choix de certaines espèces animales comme pour les autres maladies, elle exige peut être une inoculation en quelque sorte continue, répétée et portant surtout sur des" points particuliers de l- organisme.
Et ce que les observations précédentes tendent à prouver, ne concorde-t-il pas d’ailleurs avec les enseignements de la clinique ? Le chien qui lèche son maître atteint d’un épithéliome de la lèvre et qui gagne un cancer de la langue (Richard-Bud), l’homme dont la verge devient cancéreuse en même temps que sa femme porte un cancer de l’utérus (Duplouy, A. H. Clemon), les contacts constants de parties cancéreuses ulcérées produisant sur les parties saines voisines des ulcérations cancéreuses (Hanau), tous ces faits, comme ceux de celte chienne et de cette poule, ne démontrent-ils pas d’une façon indéniable, alors que les faits d’inoculation directes tentées soit par expériences voulues, soit par hasard, comme cela arrive chez le chirurgien qui si fréquemment se pique au cours d’une opération et cela avec des résultats négatifs, tous ces faits, dis-je, ne tendent-ils pas à démontrer que la contagion de ce mal terrible ne se fait pas, encore une fois, toujours brutalement et par effraction, mais le plus volontiers, lentement, sourdement, et, dans le sens propre et littéral du mot contage, par contact répété et constant.
Voilà sans doute le mécanisme de cette contagion et c’est là que doit être la caractéristique de l’inoculabilité du cancer.
11 lui faut, pour son éclosion, d’abord une surface riche en éléments épithéliaux comme les surfaces muqueuses elles cavités des acinis glandulaires. C’est là que déposé, simplement ou à la faveur d’une faible irritation, d’une érosion ou d’un choc, l’agent infectieux viendra déterminer au milieu des cellules préalablement frappées de déchéance, des phénomènes de réaction peut-être analogues à ceux de la phagocytose (1).
Et, pour revenir sur le fait d’observation noté plus haut, à savoir la ressemblance morphologique que j’ai constatée
1/ Il est permis de supposer aussi que cette bactérie secrète en même temps une ùj Jase qui vient favoriser son action irritante. Le liquide des cultures possède, en '■ttet, des propriétés de ce genre ; déposé sur la main, il la rend rugueuse, à l’instar d’un acide fort. 11 est à regretter, comme le dit Virchow, dans sa pathologie cellu- 1 M' des rechercliescliiiuiques étendues n’aient pas été encore poussées de ce coté.
plusieurs fois de la bactérie que je décris et du microorganisme de Frænkel, il n’est pas nécessaire même qu’elle soit importée du dehors, puisque sa présence est fréquenle dans la salive. Ce simple fait suffirait cà expliquer, dans certains cas, Fauto-inoculation du cancer.
Mais je n’ai pas à m’étendre davantage ici sur les conséquences qu’il est possible d’apercevoir à propos de ces quelques faits. J’ai tenu simplement à les présenter dès aujourd’hui et en leur temps, parce qu’ils me paraissent avoir une certaine valeur, tant au point de vue de leur observation en elle-même que des indications et des véritables enseignements qu’ils renferment pour le déterminisme de la contagion; et aussi parce qu’ils marquent pour moi, dans les recherches que je poursuis depuis plusieurs années sur ce sujet, une étape importante, puisqu’ils viennent, tout en ne me faisant pas abandonner les inoculations directes, donner une nouvelle orientation à mes expériences.