‹ Recherches sur l'organe sensoriel latéral des TéléostéensChapitre 13 sur 35 · V. — EMBRYOLOGIE · texte numérisé non relu

V. — EMBRYOLOGIE

Si le développement embryologique de la ligne latérale est bien connu pour avoir été étudié par un certain nombre d’auteurs, Horrmanx (1881), Bacrour (1883), Bearp (1884), Hennecuy (1889), Harrison (1904-1906), il ne semble pas que la formation des organes sensoriels et surtout la destinée de ces organes, et leur évolution « post-embryonnaire » ait particulièrement retenu l'attention, |

À mon avis, cette évolution a une très grande importance et j insisterai sur ce point.

Je dois indiquer que je limite l'étude embryologique aux

Téléostéens et mes observations personnelles sur les modifications des organes, à la Truite.

Je distingue quatre états successifs dans l'évolution. des organes x des Téléostéens :

Un développement embryonnaire proprement dit, qui s Haete à l'éclosion de l’alevin. /

Une période durant laquelle les organes ont une existence libre à la surface de la peau : cette période ya de l’éclosion à la formation des écailles.

Une période de transformation qui se produit au moment du développement de la première rangée d'écailles. Cette transformation aboutit à un état définitif des organes de la ligne latérale, qui subsistera pendant toute. la vie du Poisson.

Ce chapitre embryologique va me permettre d'étudier les deux périodes de développement, puisque nous avons vu dans le chapitre précédent (p. 43) quelle était la constitution de l'organe sensoriel chez l’alevin et chez l'adulte de la Truite.

A. — Développement embryonnaire.

La première ébauche de la ligne latérale du corps dans l’embryon de Truite apparait au stade f de Henneguy.

À ce stade, l'embryon a une longueur de 3 centimètres environ et possède de 18 à 22 somites, L'’axe nerveux et la chorde sont formés. L’ébauche de la ligne latérale se pyésente de la façon suivante :

Une coupe transversale passant en arrière de la région cardiaque présente, de chaque côté de l'embryon, au niveau de l'intestin primitif, un ectoderme épaissi formé d'une rangée de cellules, plus allongées dans Le sens vertical que les autres cellules de l’épiderme. |

Cet épiderme renflé n'est pas à proprement parler, ainsi que l'indiquait Hennecuy (37), le rudiment du canal latéral, mais bien l’ébauche de l'organe lui-même. Quant au canal latéral, ilse forme plus tard, dans la lame mésodermique située entre l’'épiderme et la masse musculaire.

Sous l’action probable de l'accroissement de volume des cellules épidermiques, les hautes cellules de l’épaississement se

replient vers l’intérieur du corps et forment un massif, un bourgeon cellulaire.

Les cellules épidermiques se tassent autour des cellules de l'organe. On a alors un groupe de cellules neuro-épithéliales totné par les hautes cellules originelles, et entouré. par les cellules épidermiques différenciées. L’organe sensoriel est ainsi définitivement constitué.

Tout le long du corps, suivant la ligne latérale, se Fe ainsi un certain nombre d'organes sensitifs semblables, disposés à intervalles réguliers.

Un fait me parait important à signaler au sujet de nombEe des organes ainsi formés :

J'ai remarqué, sur la plupart des embryons de Thite que j'ai examinés, que l’organe sensoriel était constitué par deux boutons sensitifs superposés dans le sens transversal : il ÿ avait, non pas une ligne d'organes, mais, en quelque sorte, deux lignes accolées. Mais cet état ne subsiste pas chez l’alevin : peu après l’éclosion, on\ne trouve plus qu'un seul bouton sensitif constituant l'organe sensoriel. Je n’ai pas pu suivre le processus de la disparition de ces organes.

Le fait le plus notable de la formation des organes sensitifs me paraît être leur disposition à intervalles réguliers.

Quel peut être Le facteur déterminant la position des organes tout le long du corps ?

‘On pense aujourd’hui (Exp. de Harrison) que la ligne latérale du tronc doit être considérée comme une extension de la placode épihbranchiale du vague. On a, comme le dit Beanp, un envahissement du tronc par des éléments nerveux d’origine céphalique.

Mais ce n’est pas cette innervation qui détermine la place des organes latéraux. J'ai cherché si cet emplacement n’était pas dû à un autre facteur.

Une série de coupes transversales chez des embryons, au début de la formation de l'organe, m'a permis de voir qu'il y avait une action directe de l'axe nerveux; La moelle épinière, chez l'embryon, fournit d’une façon métamérique des éléments nerveux, à chacune des places où se forme un organe sénsoriel latéral (Voir planche IL, fig. 5 et fig. 8).

La figure 5 montre un organe en voie de formation. Le

groupe de cellules neuroépithéliales a pris la forme d’une demi-rosace, mais l'organe parait faire saillie à l'extérieur, alors qu’en réalité il est plutôt en retrait dans le septum qui existe entre les masses musculaires.

Le principal intérêt de cette préparation consiste dans la racine ventrale de la moelle épinière, dont les éléments cellulaires descendent le long de la chorde dorsale. Leur trajet primeipal suit lé septum in- termusculaire et les celiules vont se mettre en rapport avec les cellules neuroépithéliales de l'organe sensoriel. Or, il existe déjà un cordon cellulaire (placode latérale du vague, d’origine cranienne) qui part de la tête et suit le trajet de la ligne latérale jusqu’à la

queue.

En dehors de la présence de ce nerf, qui sera défini- A TOR tif, il semblerait que la Fig. 148. — Relation entre la moelle épimoelle épinière prenne part nière et l'organe sensoriel latéral du au développement des OC-: Corps chez l'embryon de Truite (Sché- ; x des ma) (préparation : no 13,32 B. HE,

ganes latéraux.Cesrelations : « 3) métamériques ne sont pas ch, chorde dorsale ; m, moelle épinière ; incompatibles avec la théo- 0, organe latéral (en voie de forma-

dela f ti : tion) ; rv, racine ventrale de Ja moelle : PR CR OCEAN PARCTANIeNS (Pour le détail voir planche IL, fig. 5).

ne de la ligne latérale.

L’organe sensoriel latéral aurait alors une triple origine :

1° Les cellules neuroépithéliales proviennent de l’épiderme.

20 Il existe une relation embryonnaire avec la moelle épinière, sous forme de branches métamériques qui se résorbent après formation définitive de l'organe (il est en effet impossible de les retrouver chez des alevins et chez les adultes). On constate leur présence seulement pendant la période embryonnaire. À chaque nerf correspond alors un organe sensoriel, en voie de formation.

3° Une conduction définitive en rapport avec le système ner-

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