‹ Recherches sur l'origine de la lymphe de la circulation lymphatique peripheriqueChapitre 2 sur 15 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Ayant à maintes reprises, dans mon service, l'occasion d’enregistrer des lésions de Pappareil lymphatique et d'apprécier l’importance du rôle que joue cet appareil dans nombre de maladies, j'eus l’idée de compulser, les principaux travaux publiés sur l’origine de la lymphe et la circulation lymphatique. Je pensais trouver de ce côté quelques données susceptibles d'aider à l'interprétation de nombreux faits pathologiques constatés; j'ai été déçu. La lecture des traités classiques de physiologie, et des travaux spéciaux, me laissa cette conviction, que l’accord n’était pas encore établi d’une facon parfaite sur la connaissance de l’ensemble des conditions qui président aux variations physiologiques ou pathologiques de cette circulation lymphatique; que l'entente était même loin d’être définitive sur l’origine de la lymphe et ses conditions de production.

Les recherches poursuivies dans ces dernières années sur la nutrition des tissus, avaient d’ailleurs remis à l’ordre du jour cette queslion de physiologie générale d’un haut intérêt l'origine de la lymp he. — Les théories simplistes d'autrefois, ne pouvaient plus rendre un compte exact de certains phénomènes enregistrés au cours d'expé-

G. Moussu. — L'origine de la lymphe. 1

DE riences diverses ; d’où des indications nouvelles faisant naître des doutes sur l'exactitude des données anciennes.

De différents côtés on a expérimenté, et avec les résultats obtenus on a pu émettre des théories justifiées en partie, mais laissant prise cependant à des objections non sans valeur.

Les travaux d'Heidenhain et de Starling sur la circulation lymphatique et les lymphagogues ont profondément modifié les idées anciennes, mais il suffit de parcourir les publications les plus récentes !, pour rester convaincu que leurs opinions n'ont pas fait loi.

J'ai pensé qu'il y avait dans cette question de l'origine de la lymphe un sujet de recherches des plus intéressants et j'ai cru utile de la reprendre entièrement, d’après un programme établi à l'avance. J'ai d’ailleurs tenu à ne faire que la circulation lymphatique proprement dite, ce qui m'a incité à grouper ces recherches sous le titre susindiqué.

La plupart des travaux exécutés jusqu'à ce jour, l'ont été sur des animaux de petite taille, sur des chiens principalement, et beaucoup ont porté sur la circulation mixte du canal thoracique. On à ensuite généralisé les résultats obtenus à l’ensemble de la circulation lymphatique.

Or, il est de toute évidence que l’ensemble des conditions de la circulation dans les chylifères, ou mieux dans tout le réseau lymphatique satellite du système porte, caractérise une circulation à part, essentiellement différente de la circulation lymphatique proprement dite.

Il est bien certain, d'autre part, que les études faites sur le mécanisme de la circulation dans les chylifères et le canal thoracique ne sauraient faire admettre qu'en toutes circonstances les troncs Iymphatiques périphériques se comportent exactement de même sous l'influence de causes identiques.

Il y avait donc de multiples raisons pour m’engager à reprendre cette étude dans des conditions particulières, sur de grands animaux ; et c'est pourquoi je me suis limité à la seule expérimentation sur la circulation lymphatique de la tête.

Je n'aurai certes pas la prétention de croire que j'ai établi un arbritrage définitif entre les opinions dissidentes, mais il me semble

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