HIDE
de la biliverdine en milieu alcalin, amalgame de sodium) d’après l'équation de May :
C®H%N‘Of + H20 + H° = C*HN*O" (hydrobilirubine)
2° L'attaque de l'hématine sous l'influence des acides forts donnerait l'hématoporphyrine isomère de la bilirubine d’après l'équation :
C®HN'O0'Fe + 2H°0 — Fe — 2CH'N?0* (hématoporphyrine)
Tous ces arguments n’ont évidemment pas la même valeur ; les deux premiers correspondent à des observations physiologiques, c'est-à-dire à des réalités ; les derniers au contraire sont plutôtthéoriques et la mise en formule ne leur donne pas d’autre valeur que celles d’hypothèses.
Les recherches chimiques les plus remarquables sont dues au savant allemand Wiccrams KüsTEr qui a montré l'existence dans la molécule de la bilirubine des mêmes acides hématiques que dans Phématine ; nous reviendrons sur ce point.
Nous-mêmes nous sommes parvenus à établir une relation extrêmement intéressante au point de vue biologique général entre les deux pigments les plus importants de l'organisme, en isolant de la bilirubine la même chaîne grasse que nous avions signalée A. Via (1) et nous dans nos recherches sur l'hématine.
Nous avions, en effet, montré que le noyau ferrugineux du pigment sanguin soumis à des saponifications ménagées libère une matière ternaire dont nous avons fixé la composition par les analyses suivantes :
C H I. 77,0 10,83 acethémine de Nensky et S1EBER II. 77,6 10,43 Ü H 76,6 10,67 . hématine cristallisée(sang de cheval)
Le rendement de l'hématine en cette substance atteint
(1) Pgrns et Vina, C. 4. Académie des sciences, p. vo4x, t. CXLE, 1905.
35 0/0. On voit quelle en est l'importance puisque son poids s'élève au tiers de la molécule totale. :
C'est en nous basantsur les relations classiques entre le pigment sanguin et le pigment biliaire que nous avons été con duits à rechercher dans ce dernier la présence des chaînes grasses à côté du noyau azoté.
Nous avons appliqué à la bilirubine la même méthode de traitement que pour l’hématine.
Le pigment biliaire est dissout dans Palcool sodé puis chauffé au bain-marie, avec réfrigérant à reflux. Après un temps suffisant de chauffe, on distille l'alcool et on reprend par l’eau. La solution aqueuse est alors épuisée par l’éther puis neutralisée par un acide, HCI ou SO‘H. Ilse faitun précipité floconneux verdâtre qui est isolé, lavé et séché et rémis en attaque ; dans les eaux reste une partie soluble qui après évaporation apparaît sous l'aspect d’une substance amorphe, de coloration brunâtre, riche en azote.
On sépare donc à chaque saponification la matière en deux tronçons principaux :
1° Une partie non azotée, soluble dans l'éther, qui repré-
sente les chaînes grasses ;:
° Le complément brunâtre, riche en azote, de nature pyrrolique et qui lui-même peut-être séparé en deux portions : l’une, la plus importante de beaucoup, est insoluble dans l’éther, l’autre nettement soluble au contraire.
Enfin on retrouve un poids plus ou moins élevé de matière initiale non modifiée ou attaquée incomplètement.
La saponification, en effet, n’est jamais complète du premier coup ; elle s'opère progressivement par petits paquets et avec grand’peine.
Nous décrirons quelques-unes de nos expériences.
EXEMPLES EXPERIMENTAUX.
1. — On part de 0,885 de bihrubine cristallisée qu'on pulvérise avec
soin dans un mortier. On dissout dans de l’alcool sodé contenant 8o gr. de sodium par litre d'alcool méthylique.
de
Cette dissolution est délicate ; ; on la réalise en versant de petites quantités de réactif sur la matière et en triturant quelques minules le mélange. Une parue du pigment passe dans l'alcool sodé qui prend une coloration orangée. Après repos on peut décanter la solution claire et traiter à nouveau l’insoluble par une nouvelle quantité de solvant et ainsi jusqu'à dissolution totale. À chaque épuisement; il est commode: de: s’aider d’alcool pur comme liqueur de lavage. Dans cette expérience 20 centimètres cubes d'alcool sodé ont suffi pour dissoudre toute la bilirubine. Nous nous permettons dè recommander cette technique. Les liqueurs sont versées dans un ballon et complétées de façon à contenir :
‘alcool méthylique sodé à 8 o/o= 30 centimètres cubes: alcool méthylique à go° = 300 centimètres cubes.
on porte au bain-marie le ballon. relié au RC nL ‘ascendant et on chaulte à l’ébullition pendant 12 heures.
Très vite la Jiqueur passe de la liqueur orangée. à une {ciute verte &meraude qui persiste jusqu'à la fin de l'expérience. Ce virage se fait au bout de 10-à 15 minutes d'ébullition. 244 fps
On distille alors l'alcool Re on reprend par 300 à oo centimètres cubes d’eau. :
La liqueur aqueuse est versée dans une boule à robinet puis soumise à un épuisement éthéré renouvelé, & à 5 fois. :
On isole ainsi plusieurs extraits éthérés qui sont réunis, puis lavés à neutralité pour dissoudre les traces de solution alcaline. entraînée.
L'éther possède une faible tente jaune ; il abandonne par distillation du gouttes huileuses jaunâtres,
On reprend ce résidu par de petites quantités du même het el on évapore dans un vase taré. Re -
Le poids de matière sèche isolée et de 0,050. :
C'est une subslance de consistance huileuse, de : saveur. très douce.
Le rendement dans cette, première attaque est de 5,64 %.
“La solution aqueuse débarrassée de la partie soluble dans l'éther est. à son tour traitée. © ARS . 2
On la neutralise au tournesol à la touche par HCI ou SO4H? : il se produit un trouble qui se résout en un précipité floconneux verdâtre : après repos on décante les eaux claires, on ‘filtré sur trompe le précipité, et on le lave à neutralité. Après dessication 1l peut être remis en attaque.
Les eaux neutres on très légèrement acides sont concentrées à sec, on a alors au milieu de cristaux minéraux une matière amorphe brunâtre.
La séparation s'obtient en lessivant les sels avec de l'alcool méthylique fort qui dissout aisément la partie organique.
Ce premier traitement aboutit done comme nous l'avons déjà dit à une scission incomplète de la bilrubine.
Il reste un gros faisceau de pigment verdâtre qui représente la patte Ja plus importante de la matière mise en œuvre et qui n’a subi: qu'une altaque presque insignifiante : elle est en effet, très soluble: dans les alcalis et précipitée par les acides.
On Ja soumet, de nouveau au même traitement.
SNA P filtre auquel elle adhère lortement est ‘Lessivé avec 5 centimètres cubes d'alcool méthylique sodé à 8. 0/0. On rince avec de l'alcool et on complète de façon à faire un volume contenant
alcool: méthylique sodé = 60 centimètres: ‘cubes. : alcool 90° = 300 centimètres eubes..
Dans cette deuxième attaque la quantité d’ alcah r don double.
On chauïié au bain-marie à |’ ébullition, 12 heures, on distille sk alcool et on reprend par oo centimètres cubes d'° eau.
La solution alcaline: ur est épuisée par a ‘centimètres: cubes d’éther en 4 fois. ï fat
On isole ainsi 0,073 de matière grasse.
La soude ést “néutralisée par HCL. Le précipité verdâtre obtenu el recueilli après repos, lavé et séché.
On concentre les éaux-mères à siccité et on épuise les substances minénérales par l'alcool.
Le deuxième rendement en matière soluble dans L re S "élève ? à 8, 140, il est nettement supérieur au premier.
3. — Le résidu pigmentaire verdâtre est traité une dernière fois.
On le dissout dans 60 centimètres cubes d'alcool sodé auquel 0 on ajoute 250 centimètres cubes d'alcool méthylique.
Après 15 heures de chaufle, l'alcool est distillé, le résidu repris par 350 centimètres cubes d’eau, et épuisé par 800 centimètres cubes d’éther.
On obtient 6,071 d'extrait éthéré.
La liqueur Fe aqueuse neutralisée par HCI donne un précipité très peù abondant, de éoloration brunâtre et non verdâtre, trop faible pour être de nouveau attaqué.
On sépare des sels la matière azotée par l'alcool.
Le troisième rendement en substance grasse est de 8.02 0/0.
Si on additionne les rendéments partiels obtenus dans ces opérations, : on arrive à un reñdement total de 22 gr. 5 de matières grasses pour 100 gr. de pigment biliaire.
fi: On part de 1 gr. 65 de biliburine que 4 on dissout dans :
. Alcool méthylique odé= 65 Utinitres cubes.
Alcool 90° =600 centimètres. cubes.
Après 18 heures de chauffe on distille l'alcocl. Le résidu repris par 600 centimètres cubes d’eau et épuisé par 900 cm° d’éther donne 0,190 d'extrait.
Les eaux alcalines neutralisées par SO’ HE étendu donnent un bobaane précipité verdâtre.
Cette substance est reprise par
alcool. méthylique sodé = 60 centimètres cubes. alcool — 300 centimètres cubes.
On chauffe 21 heures.
On obtient 0,121 d’extrait éthéré.
Une troisième attaque dans les mêmes conditions donne 0,090 d'extrait. . Enfin une quatrième libère 0,067.
Le rendement total est de 0,468.
et 0/0 de pigment engagé =28,31. |
5. — On pratique dans cette expérience la saponification à l’aide de potasse alcoolique ; 1 gr. 725 de bilirubine sont dissous dans 300 centimètres cubes d’alcool éthylique à 95° contenant 6 gr. o/o de potasse solide.
On chauffe 24 heures au bain-marie.
L'alcool est chassé par distillation ; on constate pendant cette distillation qu'il se produit un léger dégagement d’ammoniac dès qu’on est arrivé à n'avoir plus que 25 à 30 centimètres cubes de liqueur dans le ballon.
C'est la seule fois que nous avons fait cette observation. La distillation est alors arrêtée ; on reprend par l’eau et on épuise à l’éther.
Le poids de matière grasse obtenue est de 0,20, c'est-à-dire 15 0/0.
Un deuxième traitement est fait à la potasse aqueuse à 2,5 o/o.
On dissout le pigment vert dans 300 centimètres cubes de cette solution et on porte à l’ébullition au bain d'huile entre 125 et 1302.
On chauffe 20 heures.
Après refroidissement on épuise directement par l’éther, on isole 0,127 de matière. ;
La neutralisation des eaux-mères alcalines par HCI donne un précipité brünâtre.
Le rendement en matières grasses a été de 18,66 o/o, par conséquent nettement supérieur à ce que donne la saponification par l’alcool sodé.
Il semble donc préférable à l'avenir de suivre cette marche en utilisant toujours des solutions alcalines faibles.
Malheureusement cette expérience n’a pas été poussée au bout, la maière ayant été égarée.
6. — On substitue le potassium au sodium, alcool potassé à 5 0/0.
3 gr. de bihrubine cristallisée sont dissous dans :
. alcool méthylique potassé— 60 centimètres cubes. alcool= 500 centimètres cubes.
On chauffe 26 heures à l’ébullition au réfrigérant à reflux.
Après distillation de l'alcool et reprise par 5oo centimètres cubes d’eau, on épuise à l’éther qui enlève 0,035 de matière.
Rendement très faible= 1,13 0/0, en relation sans doute avec la faible quantité de potassium (2 gr. 4).
La substance verte précitée par HCI est atlaquée de nouveau en présence d’un poids supérieur de métal (6 gr. 4 de K.).
alcool méthylique potassé — 160 centimètres cubes. __ alcool=5oo centimètres cubes.
On chauffe 22 heures.
L'extrait éthéré est de o gr. 083, c'est-à-dire 2,76 0/0.
On revient à l'alcool sodé à 8 0/0 et on engage un poids égal de sodium
alcool méthylique sodé—8o centimètres cubes.
alcool=65oo centimètres cubes.
Ebullition, 30 heures.
Extrait éthéré 0,073, très voisin de celui donné par l'alcool potassé à même teneur métallique.
Une deuxième attaque dans les mêmes conditions donne après 25 heures un extrait—0,1632.
Enfin par un traitement à la potasse aqueuse (4,25 o/o de KOH), on obtient 0,225 de matières grasses.
La saponification n'a pas été poussée jusqu’au bout. Le rendement en extrait éthéré n'a pas dépassé 16,76 0/0.
7. — On traite 1 gr. 642 de bilirubine par de l'alcool à 11,5 o/o de sodium. | alcool méthylique sodé= 4o centimètres cubes. alcool=65oo centimètres cubes.
Chauffage, 26 heures.
Poids de l'extrait éthéré =0o,o6r.
La neutralisation par HCI des eaux alcalines donne un précipité floconneux brun-orangé et non plus vert.