CHAPITRE VIII
DE LA FABRICATION DE LA BRIQUE ET DES PROPRIETES Qu'elLE ACQUIERT PAR LA CUISSON.
Des divers argiles que l'on emploie.
§ 109. Nous avons parlé de la cuisson de la brique dans le quatrième chapitre : nous réserverons celui-ci pour divers détails qui se rattachent à îa même question, et qui sont relatifs à la préparation de i.i brique , et à la connaissance des propriétés qu'elle acquiert par la cuisson.
On distingue plusieurs variétés de terres à briques, c'està-dire de terres propres au moulage, et susceptibles de prendre de la cohésion par l'action de la chaleur. Nous avons déjà fait remarquer (§61) qu'on pouvait les ranger en quatre catégories principales, savoir : en argiles réfractaires, en argiles ocreuses, en argiles calcaires et en argiles à la fois ocreuses et calcaires. Dans ces argiles , l'alumine est la base plastique; elle sert à donner du liant à la pâte; la chaux et l'oxide de fer n'agissent que comme fondants. On conçoit donc toute l'importance de connaître d'abord leur composition chimique; mais en outre, il faut tenir compte des mélanges accidentels de sable ou de débris végétaux qui peuvent modifier singulièrement leur manière d'être, et qui, par cela même , exigent qu'on commence toujours par faire quelques briques d'essai.
De l'influence des matières pulve'rulentes méiange'es avec l'argile.
5 110. Les substances en poudre inerte, c'est-à-dire sans action chimique sur les éléments de i'argile, mêlées avec elle naturellement ou artificiellement, rendent la dessiccation plus rapide, modèrent le retrait, et par suite diminuent la déformation et les gerçures. Parmi ces substances inertes, les unes, telles que les herbes, la paille hachée, le brin de scie, &c. , s'incinèrent par la calcination , rendent la brique poreuse, très-absorbante, et lui ôtent beaucoup de sa résistance à la rupture , sans influer cependant sur sa gelivité; les autres, telles que le sable quartzeux, le granit pilé , les roches non calcaires désagrégées, les scories de forge et même la poudre de coke ou de houille sèche, rendent la pâte plus courte et plus facile à manipuler, mais ne sont pas toutes également avantageuses. Nous verrons, par exemple, qu'entre le sable quartzeux dont on fait communément usage et le sable de gneiss qui nous sert à Brest, il y a une difTérence notable. Il faut en outre s'astreindre à certaines limites dans le dosage , parce que l'adhérence entre le sable et l'argile est beaucoup plus faible qu'entre les molécules mêmes d'argile. On voit, par la même raison, que, toutes choses étant égales d'ailleurs, les sables les plus fins sont les plus mauvais , car ils présentent la plus grande surface sous le même volume.
Expe'rienccs relatives au mélange des sables quartzeux.
§ 111. A l'appui de ces considérations , nous avons réuni dans le tableau suivant les résultats de quelques expériences sur les divers changements que le sable quartzeux apporte dans les propriétés de l'argile ocreuse de Brest, et sur les variations de retrait qui dépendent de l'intensité de cuisson à laquelle elle est soumise.