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Résistance à la rupture après demi-cuisson, et par centimètre carré de section ....
Idem après bonne cuisson. . .
Proportion d'eau que la brique peut absorber après demi-
Idem après bonne cuisson. . .
Gerçures après la cuisson. . . .
faibles.
faibles.
ludles.
nulles.
nulles.
nulles.
fortes.
fortes.
D'après cela , il devient évident que pour des objets moulés minces et de formes compliquées , comme sont les poteries , par exemple, on ne doit employer que des argiles pures , afin de conserver à ia fois légèreté et solidité. Mais, pour les briques ordinaires, la solidité reste encore suffisante dans ia plupart des applications, en mélangeant avec l'argile la moitié de son voiume de sable.
De la manière d'apprêter i'argile au moulage.
§ 112. Le mélange du sable avec l'argile exige un apprêt spécial avant le moulage. Cet apprêt est également indispensable pour d'autres motifs: en effet, i'argiie, telle que nous l'exploitons, soit dans la rade de Brest à marée basse, soit dans les terrains environnants, est en bloc plus ou moins desséchés, plus ou moins compactes, et contient souvent beaucoup de débris végétaux ou de galets. II faut convertir ces blocs en une pâte ductile et bien homogène; pour cela, on les brise ou on les découpe en fragments de la grosseur du poing au plus; on les fait détremper, pendant 8 ou 10 jours, dans des bassins remplis d'eau ; puis on les porte sur une aire en planches. La, on les écrase soigneusement avec des rabots de maçon, et on fouette la pâte qui en résulte avec des espèces de bâtons en fer coudés en leur miheu, et faisant l'office de fléaux. On peut extraire en même temps tous les galets qui s'y trouvent, et dont le moindre inconvénient serait de rendre le moulage incommode, car les galets calcaires, par exemple, se convertissent en chaux par la cuisson , et cette chaux , par l'action inévitable de l'humidité , fuse et fait éclater la brique. C'est la même raison qui d'ailleurs doit faire proscrire l'emploi des sables coquillers au lieu de sables quartzeux ou granitiques.
Ce premier travail étant terminé, on procède à l'addition de la quantité de sable reconnue utile. Nos argiles en contenant très-peu à l'état naturel, nous employons, d'après ce qui a été dit précédemment , une mesure de sable pour deux
d'argile. Mais le sable dont nous nous servons exclusivement, parce qu ii se trouve en carrière tout à proximité de i'atelier, n'est pas purement quartzeux: c'est du même gneiss décomposé dont nous avons déjà parlé pour la préparation des pouzzolanes factices. Sa nature feldspathique lui donne la propriété de diminuer très-peu la cohésion dont l'argile pure est susceptible par une bonne cuisson; car, ainsi qu'on le verra plus loin , nos bonnes briques présentent jusqu'à 26 kil. de résistance h la rupture par centimètre carré.
Au lieu de faire détremper l'argile par immersion avant de la pétrir, il est un autre procédé suivi dans beaucoup de localités, et que des circonstances particulières peuvent rendre quelquefois très-avantageux. Il consiste à extraire l'argile en automne, à la laisser exposée aux intempéries de l'hiver, et même à renouveler les surfaces de contact avec l'air, en la bêchant à une ou plusieurs reprises. L'action alternative de la gelée et de l'humidité divise alors l'argile, et la réduit en pâte facile h travailler.
Enfin, quand on a besoin, pour certains objets, d'argile trèsfine et bien purgée de tout mélange, on la délaye d'abord en bouillie claire dans une grande quantité d'eau , puis , après l'avoir laissée reposer un instant pour que les parties étrangères se déposent, on décante cette bouillie dans des bassins à grande surface et à fond perméable. L'eau s'infiltre à travers le fond ou s'évapore au contact de l'air, de telle sorte qu'au bout de 1 2 ou 15 jours, l'argile a repris ime consistance suffisante pour le moulage.
Toutefois, les argiles éminemment plastiques ne se prêtent à cette manipulation qu'avec une extrême difficulté : l'argile commune de Brest est dans ce cas; et la seule sur laquelle nous puissions opérer avec succès nous vient de Roscanvel, dans l'un des coteaux qui avoisinent la rade. Cette argile est blanche, à pâte courte et un peu réfractaire.
Du moulage a la main et a l'aide de machines.
§ 113. Le moulage de la brique plate se fait dans de
petits cadres en bois de chêne solidement reliés par des équerres en fer , et garnis sur les bords supérieurs et inférieurs par une bande en tôle forte, afin que le moule ne s'use pas trop vite par ie frottement presque continuel de la ratissette. Les détails de l'opération sont très-simples; ils ont d'ailleurs été exposés avec tant de soin dans l'ouvrage de M. Clère , qu'il devient inutile d'y insister ici.
Nos moules ont intérieurement 0™, 247 de longueur, 0'", 124 de largeur et 0"', 055 de hauteur: ce sont là, par conséquent, les dimensions delà brique molle; mais, si l'on en déduit le retrait opéré par la dessiccation et la cuisson, on obtient assez régulièrement 0"", 23, 0'", 11, et 0'", 05 pour longueurs d'arêtes d'un même angle solide ; de sorte que deux épaisseurs de briques plus un joint font une largeur , et deux largeurs plus un joint font une longueur.
On a proposé diverses machines pour le moulage de la brique : nous les connaissons trop peu pour avoir une idée exacte de leurs avantages ou de leurs inconvénients. Leur usage ne parait pas s'être introduit dans les grands ateliers de la Belgique et du nord de la France; mais, quoi qu'il en soit, nous sommes porté à penser que le moulage à la main est encore le plus simple et le meilleur, parce qu'il n'exige ni frais d'établissement, ni frais d'entretien appréciables, et qu'en définitive il n'entre que pour une faible partie dans le prix total de la brique.
Pour les briques creuses dont il a été mention dans le 4^ chapitre, nous avons fait usage de la machine imaginée à Toulon par M. Raucourt ( voir la 2^ collection lithographique de \ Ecole des jwnts et chaussées , dessin n° 174 ). Nous devons dire cependant que nous ne sommes parvenu qu'incomplètement à éviter les défauts de soudure du couvercle et des angles, défauts qui avec cette espèce de briques entraînent dans des déchets onéreux. Nous avons même eu occasion de constater qu'une cuisson mai dirigée, qu'un feu trop brusqué contribuaient beaucoup à les manifester. Aussi, regardant
ia brique creuse comme étant d'une fabrication moins économique et d'un succès plus incertain que la brique ordinaire , nous en restreignons l'usage à quelques cas où l'on recherche par-dessus tout la diminution de poids sous un volume constant.
Du rebattage de la brique.
S 1 14. A sa sortie du moule, la brique toute molle encore est posée à plat sur un plancher recouvert de sable, ou sur une aire bien dressée. Au bout de quelques jouis, quand elle a acquis un premier degré de consistance, on la relève de champ, afin de faciliter la dessiccation sur la face inférieure. Après un nouveau délai, suffisant pour qu'elle ne cède presque plus sous l'impression du doigt, on l'enlève pour la rebattre, puis la mettre en haie, ou pour la mettre en haie sans rebattage. Néanmoins, cette opération du rebattage est toujours utile; elle devient même indispensable quand la dessiccation a été très-prompte et inégale , et que la brique se trouve déformée. On y procède ordinairement en posant la brique sur un billot, et la frappant successivement sur toutes ses faces avec une petite batte en bois. Mais ce moyen, très-simple à la vérité, nous a toujours paru mal atteindre le but: il ne laisse pas que d'exiger beaucoup de main-d'œuvre; et, au lieu de conserver aux briques des dimensions uniformes, il arrive généralement qu'on les écrase, tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre.
Un pareil résultat indique assez qu'on n'évite alors un inconvénient que pour tomber dans un autre. Nous avons cherché à y remédier à l'aide d'une petite machine construite d'après les mêmes principes que les balanciers à monnaie. Elle laisse peu de chose à désirer, soit pour la compression de l'argile, soit pour l'exacte uniformité des dimensions et la pureté géométrique des formes, soit enfin pour la rapidité d'exécution. Elle' est fort peu encombrante, et on la transporte aisément d'une extrémité à l'autre de l'atelier. Enfin,
pour donner une idée exacte de son travail journalier, nous dirons qu'on peut rebattre une brique en 15", ou 240 par heure; qu'un homme est nécessaire pour manœuvrer îe moule qui reçoit la brique, un autre pour donner le coup de balancier, et un enfant pour apporter et emporter les briques au fur et à mesure.
DescriptioD du balancier à rebattre la brique.
S 115. Donnons maintenant la description des diverses parties et du jeu de cette machine. Elle est représentée dans tons ses détails par les dix figures comprises depuis le n" 40 jusqu'au n" 49 inclusivement. La pièce principale est une vis en fer forgé portant qualre filets à pas carré. Comme dans les balanciers à monnaie, cette vis est ajustée à son extrémité supérieure avec un fléau portant deux lentilles en plomb , de manière à faire volant. Les écrous sont en cuivre, encastrés dans deux traverses de fer forgé; et celles-ci sont à leur tour encastrées dans deux montants en bois, qui réunissent invariablement le système au billot sur lequel se produit la compression. Pour que la brique ne s'affaisse pas outre mesure, elle est maintenue latéralement par un moule en fer. Ce moule a 0'",0 8 de hauteur, et présente un rectangle intérieur de 0", 12 sur 0",245 , calculé sur le retrait de la brique depuis le moment du moulage. On le saisit et on l'enlève à volonté, au moyen de deux tiges ou poignées fixées dans le prolongement des grandes faces. Il porte des charnières aux deux extrémités opposées, de sorte qu'on peut l'ouvrir complètement. Quand il doit rester fermé, au moment de la percussion , on se sert d'une espèce de battant de loquet, fixé à charnière sur l'une des poignées , et retombant à mentonnet sur l'autre.
Ce moule étant posé sur le billot de la machine , on ne fait que l'entrouvrir un peu pour y jeter la brique, et on le referme ensuite. Mais, afin qu'il conserve toujours identiquement la même position, on cloue en saillie sur le billot
une plaque en tôle de 6 à 7 miiïimètres d'épaisseur, découpée en rectangle de 0"\12 sur 0"',245, de sorte qu'elle est enveloppée sans qu'il reste aucun vide, et par conséquent aucun dérangement possible.
La face supérieure de ia brique reçoit seule îe choc direct du balancier. Pour îe répartir simultanément sur toute cette face, on a une forte plaque aciérée entrant dans le moule avec environ un demi-millimèlre de jeu dans tout le pourtour. Cette plaque porte une anse fixée dans une gorge circulaire à Textrémité inférieure de la vis, de sorte qu'elle monte ou descend avec elle, sans être obligée de suivre son mouvement de rotation. II est même indispensable de s'y opposer d'une manière absolue; et c'est dans ce but que nous avons fait adapter à la même anse deux appendices réunis invariablement à deux guides verticaux passant à frottement doux dans les traverses qui soutiennent la vis elle-même. La brique étant donc mise dans le moule, l'impulsion brusque qui fait descendre la vis fait également descendre la plaque de compression dans la direction voulue. Dans cette circonstance, i'cfTort produit est tellement considérable, qu'un seul coup de balancier suffit pour chaque brique : aussi la plupart des pièces que nous venons de décrire ont-elles besoin d'être trèssolides, pour ne point fléchir et se déformer.
Quand la brique est rebattue avant d'avoir acquis une forte consistance, ia terre reflue par les interstices qui régnent tout autour de la plaque de compression, et elle adhère tellement contre les bords de cette plaque, qu'en faisant remonter la vis, la. brique et le moule remonteraient aussi, et il y aurait perte de temps pour les retenir avec les mains ou les détacher. C'est pour obvier à cet inconvénient que îe mouîe porte extérieurement deux languettes ou appendices sur ses grands côtés, et qu'à ces deux appendices correspondent deux clavettes logées à rainure dans les montants en bois , et que l'on pousse ou que l'on retire , suivant qu'on veut engager ou dégager îe moule. Cette nouvelle manœuvre
retarde infiniment peu le rebattage , parce qu'elle se fait dans la durée du mouvement de la vis.
Enfin, pour opérer le plus commodément possible, l'ouvrier qui tient le moule est assis sur une sellette, et il a, à la hauteur du billot, un petit banc sur lequel il reçoit la brique qui vient d'être soumise à la compression.
De la fin du séchage , et de rinfluence de Ja gele'e.
§ 116. Nous avons dit qu'immédiatement après le rebattage on disposait les briques en haie. Elles sont alors assez solides pour être empilées; mais il est nécessaire de laisser entre chacune d'elles un intervalle libre pour la circulation de l'air qui doit compléter la dessiccation. Les haies peuvent être simples, doubles ou triples. Une haie simple se forme en posant des briques de champ, a environ 0'",02 l'une de l'autre , sur un même alignement, mais de manière que la longueur de la brique soit oblique àcetalignement. Sur un premier rang on en établit un second, dont les briques sont semblablement disposées entre elles, mais croisées avec celles du rang inférieur, et ainsi de suite pour tous les autres rangs. La longueur des haies est illimitée; mais on ne leur donne pas ordinairement plus de 1™,20 à l'",50 de hauteur. On obtient ensuite une haie double ou triple, en adossant ensemble deux ou trois haies simples.
Il est impossible de donner aucun renseignement exact sur la durée totale du séchage. Dans le climat de Brest, il faut au moins deux mois avant qu'on puisse procéder à la cuisson. Mais, si l'on n'est pas pressé par le besoin du moment, on gagne à prolonger le séchage pendant six mois et même au-delà : la brique éclate moins au feu , elle peut supporter plus vite une'haute température; on a par conséquent moins de chances de déchet.
Il est une dernière circonstance trop importante pour que nous l'omettions : nous voulons parler de l'efl^et de la gelée. Si la brique mal séchée ou mouillée accidentellement est
exposée à la gelée, elle se durcit et augmente de volume; mais au dégel elle se ramollit et se fendille de manière à ne pouvoir plus servir. II faut alors la pétrir de nouveau et la soumettre à un second moulage. A mesure que la brique est plus sèche, cet effet devient moins sensible; mais il n'en résulte pas moins que la prudence veut qu'on suspende toute fabrication à l'approche de fhiver, et qu'on ne se remette à l'œuvre qu'après le retour de la belle saison. Ce que nous disons ici, nous l'avons éprouvé plus d'une fois par expérience , quoique notre atelier soit sous un hangar bien clos.
Résistance de la brique à la rupture , eu e'gard au degré' de cuisson, à la nature de i'argile et des substances me'lange'es avec elle.
5117. Nous n'avons plus à revenir sur ce qui concerne la cuisson; il nous reste donc maintenant à examiner les qualités de la brique obtenue, en ayant égard au degré de cuisson , à la nature de l'argile et des substances mélangées avec elle. Le tableau suivant donne les résistances à la rupture dans ces diverses circonstances.
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BRIQUES
GECRS.
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OIDS
nt caiis jpture.
FANCES
l'ase upture,