INTRODUCTION
Les Lamellibranches ont été de tout temps lobjet de travaux nombreux et contradictoires. La question des capillaires, celle de la communication de la cavité du corps et de l’appareil circulatoire avec l'extérieur, ont passionné et passionnent encore les chercheurs. Aussi compte-t-on sur la turgescence, sur les appareils de la circulation et de la respiration une multitude de mémoires, non-seulement difficiles à comprendre, mais souvent encore très difficiles à se procurer. Les deux cents numéros bibliographiques que je cite sont peut-être encore au-dessous de la vérité.
A cause de la délicatesse des tissus, les dissections à faire sont très longues et très minulieuses et par conséquent très pénibles. On ne peut donc s'étonner de trouver de grandes divergences dans les opinions. Il est arrivé ici ce qui se rencontre si fréquemment dans l'histoire de la Science, c'est que moins on à eu de notions précises sur des cas même particuliers, plus vite on a voulu formuler des lois générales. L’Anodonte et la Moule commune, qu'on peut se procurer avec une extrème facilité, ont surtout servi aux recherches des naturalistes s’occupant du groupe des Lamellibranches.
Pour ma part et pour me garder d’une généralisation trop hâtive, j'ai voulu étendre mes recherches autant que possible, et le nombre des espèces que j'ai étudiées est de
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plus de soixante-dix ; elles sont réparties dans quarantedeux genres. La plupart ont été étudiées vivantes, sur place, soit à la station zoologique d'Alger, soit au laboratoire maritime du Muséum, soit enfin au laboratoire de M. Perrier, grâce aux envois reçus d'Arcachon et de Hollande. J'aurais voulu faire ce travail plus complet, mais certains animaux sont d'une rareté telle que je n’ai pu réussir à me les procurer. Pourtant M. Perrier a bien voulu mettre à ma disposition un assez grand nombre de types rares qui m'étaient indispensables. Avec les nombreux éléments de comparaison que j'ai obtenus ainsi, il m'était permis de généraliser, de proposer des rapprochements, de montrer des divergences.
Le présent travail a pour but :
1° D’étudier l'anatomie complète du système cireula- Loire, artériel et veineux, dans tout le groupe des Lamellibranches, puis de montrer combien sont erronées les idées de Kollmann sur les lacunes :
2 D'étudier la branchie dans un grand nombre de Bivalves marins où les données étaient fausses ou incomplètes. et de faire voir l'importance des caractères que peut fournir sa structure anatomique pour la classification;
3° D’expliquer le phénomène biologique si curieux de la turgescence dans le pied et les siphons. grâce à des données anatomiques nouvelles.
Je le diviserai en deux parties. Dans la première, j'étudierai les types des diverses familles qui ont servi à mes études ; dans la deuxième, je synthétiserai les résultats auxquels m'aura conduit l'étude du système artériel et du système veineux, et j'en ferai de même pour les branchies. Puis je donnerai un aperçu de mes recherches sur les lacunes dans le pied et dans le manteau, et je terminerai par le phénomène de la turgescence.
Le plan de ce travail est donc le suivant :
[. Structure et modifications de l'appareil cireulatoire dans les diverses familles des Lamellibranches : Avi-
culidés, Ostréidés, Mytilidés, Trigonidés, Nuculidés. Arcadés, Pectinidés, Naïadés, Tridaenidés, Chamidés, Cardidés, Lucinidés, Cyprinidés, Vénéridés, Mactridés, Tellinidés, Solénidés, Myidés, Anatinidés, Pholadidés, Térédinidés.
IT. — Considérations générales sur la circulation.
1) Système artériel et veineux.
2) Branchies. — Rapports avec les Scutibranches.
3) Capillaires et lacunes.
4) Turgescence.
Conclusions générales.
Qu'il me soit permis d'adresser ici mes remerciements à tous ceux qui m'ont aidé dans ce travail. En particulier à M. Perrier, mon savant et cher Maître, dont les conseils et les encouragements ne m'ont jamais fait défaut : à M. le D' P. Fischer qui, avee une amabilité et une bienveillance sans égales, met au service des jeunes naturalistes son immense savoir: à M. Viguier, directeur de la Station zoologique d'Alger, pour le gracieux accueil qu'il m'a fait à la Station; à M. Durègne, directeur du laboratoire maritime d'Arcachon, dont les envois n'ont été si précieux ; à M. le D' Jousseaume, qui m'a rapporté de la mer Rouge un certain nombre d'espèces intéressantes : à M. C. Richard, l'excellent dessinateur du laboratoire de Malacologie, dont le savoir-faire et les conseils m'ont été d’un si grand secours pour mes dessins.