‹ Recherches sur la faune des régions australesChapitre 16 sur 23 · CA Ÿ · texte numérisé non relu

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du côté du sud et reviennent le soir dans les lieux d’où ils sont partis. Quand ils commencent à traverser le port, on n’en voit ni le commencement ni la fin. (1) »

À quelle espèce appartient le Fou des îles à Guano? Gette

question mérite d’être examinée, car elle est assez embrouillée. Tchudi la désignée sous le nom de Sula variegata, et il lui assigne les caractères suivants : la tête, le cou, le dessus du dos et toute la partie inférieure du corps sont d’un blanc éclatant, les ailes et les grandes plumes son: d'un noir brunâtre dans leur portion externe, mais blanches dans la moitié basilaire de leur portion interne. La partie postérieure du dos, la queue et les flancs sont tachetés de blanc et de noir. Chez les jeunes oiseaux, cette moucheture s'étend sur tout le dos,

(1) Voyage historique de l'Amérique méridionale (sic), par G. Juan et A. de

Ulloa, 1752, t. 1, p. 486.

les côtés et une portion du ventre. Le bec est d’un brun de corne, les pieds noirs et les iris d’un brun foncé (1).

Quelques auteurs considèrent cette espèce comme distincte de toutes celles du même genre (2). Gray pense qu’elle est identique avec le Sula piscator (3). Gh. Bonaparte l'indique avec un point de doute comme synonyme du Sula cyanops de Sundevall (4). 11 suffit de comparer les Fous de la côte du Pérou avec le Sula piscator pour reconnaitre à première vue qu’ils en sont très différents par la forme du bec, par les dimensions et par les teintes. Ils se rapprochent au contraire beaucoup du Sula eyanops (5) de Sundevall, qui lui-même est identique avec le Sula personata de Gould (6). Ces dénominations adoptées dans la plupart des traités d’ornithologie ne peuvent cependant être conservées, car la mème espèce à été décrite et nommée par Lesson Sula daëtylatra (7). Mais comme celle-ci n'a jamaisété figurée, elle est peu connue des naturalistes et elle a été le plus souvent passée sous silence. Le Muséum de Paris possède l’exemplaire type tué par Lesson à l'ile de PAscension, et j'ai cru utile de le représenter ici, afin de fure cesser toute confusion (S).

Les jeunes du Swla dactylatra, dont le dos est encore tacheté, ressemblent, tellement au Swla variegata de Tchudi, qu'il me paraît impossible de les en séparer spécifiquement. Mais je n'ai jamais vu de Fous du sud de l'Amérique offrant les

(1) Tchudi, Fauna Peruana, p: 919.

(2) Hume, Remarks on the genus Sula (Stray Feathers, 1877, p. 317).

(3) Gray, Handlist, t. WE, p. 126.

(4) Ch. Bonaparte, Conspectus avium, t. H, p. 166.

(5) Sundevall, Physiogr. Saiksk, Tidskrift., 218, 1837.

(6) Gould, Proceedings of the Zoological Society, 1846, t. XXI.

Sula melanops, Hartlaub et Heuglin (the Ibis, 1859, p. 851, pl. 851, pl. X. fig. 2).

(7) Lesson, Voyage de la « Coquille », t. 1, p. 494, 1828; et Traité d'Ornithologie, 1831, p. 601. Fou manche de velours, Sula dactylatra. Espèce confondue avec le Fou de Bassan adulte et le Manga de Velado des Portugais. Plumage blanc pur: aile et queue noires ; bec corné ; tarses jaunes; la base du bec cerclée d’une peau nue qui s'étend sur la gorge en forme de demi-cercle. L'ile de lAscension, les mers cha udes des Tropiques.

(8) Voyez la planche jointe à ce mémoire.

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caractères du Sula dactylatra adulte. Plusieurs exemplaires provenant de cette région existent dans les collections du Muséum, l’un vient de Callao, un autre a été tué à Santa-Cruz par d’Orbigny, un autre, enfin, à Magellan, par le docteur Sabatier, et tous ont le plumage du dos tacheté ; y aurait-il là une race particulière? C’est une question qui ne pourra être résolue que lorsqu'on aura réuni un grand nombre d’exemplaires de cet oiseau.

La Sula dactylatra où Sula variegata paraît d’ailleurs avoir une répartition géographique fort étendue, car il a été également trouvé en Australie (1), à la Nouvelle-Zélande (2), à l’île de l’Ascension (3), aussi bien qu’en Amérique.

D’autres espèces se montrent aussi sur les côtes de ce grand continent, mais plus au nord et dans desrégions plus chaudes. Ainsi le Sula piscatrix (4), dont le lieu d'élection semble être l’île de France (3), a aussi été tué à Cayenne et à Haïti (6) ; il a d’ailleurs été rencontré à la Nouvelle-Zélande (7). Le Sula parva (8) visite parfois les côtes du Chili (9), les environs de Rio de Janeiro (10), l'Amérique chaude, le Japon, l'archipel indien et la mer Rouge.

Enfin, M. Neboux, chirurgien de la Vénus, a rapporté en 1839 au Muséum, un Fou provenant de la côte pacifique de

(1) Sula personata, Gould, Birds of Australia, t. I, pl. 77.

(2) Collection du Muséum, exemplaire rapporté par M. Arnoux, chirurgien de la corvette Le Rhin.

(3) Lesson, Voyage de la « Coquille », t. IT, p. 494.

(4) Sula piscatrix, Linné, Systema nature, t. I, p. 217, 1766.

Sula candida, Brisson, Ornithologie, t. VE, p. 501.

Sula rubripes, Gould, Proc. Zool. Soc., 1837, p. 156.

Sula rubripeda, Peale, United States exploring expedition. Birds, p. 274, pl. 83.

(5) Cette espèce est très commune aux Seychelles, d’où M. Lantz en a envoyé de nombreux spécimens au Muséum.

(6) Le Muséum possède un de ces Fous, envoyé de Cayenne par M. Martin, et un autre plus jeune provenant d'Haïti et dû à M. Ricord.

(7) Collection du Muséum, M. Arnoux.

(8) Gmelin, Systema nature, t. 1, p. 579, 1788.

(9) Collection du Muséum.

(10) Pelzeln, Reise Novara, Vogel, p. 156.

l'Amérique, qui me paraît constituer une espèce nouvelle bien caractérisée par la forme de son bec et la nature des plumes du cou. J'ai désigné cet oiseau sous le nom de Sula Nebouxi (1), et j'en donne ici une figure (2).

Il résulte de cette étude, que le type zoologique représenté par les Fous, n'appartient pas à la Faune antarctique, mais à la Faune de l'hémisphère boréal ou des contrées équatoriales. Ces oiseaux, qui se plient facilement à des conditions d’existence diverses, ont pu s'étendre sur les terres australes et s'y reproduire, et ils semblent y avoir donné naissance, dans certains cas, à des races particulières.

La Frégate, ou Fregata Aquila (3), se montre quelquefois à Kerguelen (4) et aux iles Crozet (5), mais ce n’estque par accident et elle ne fait pas partie de la Faune dont l'étude nous occupe ici; elle arrive de temps en temps à la Nouvelle-Zé-

(1) Cet oiseau n’est pas encore complètement adulte. Son bec est grêle et d’une longueur remarquable, il mesure, à partir des plumes du front, 11 centimètres, tandis que chez les plus grands Sula dactylatra le bec ne dépasse pas 10 centimètres. Les plumes de la tête et du dessus du cou sont étroites et lancéolées au lieu d’être arrondies comme d'ordinaire, et elles rappellent un peu par leur forme celles des Pélicans, elles sont brunes à leur base et blanches à leur extrémité. Le dessous du cou, la poitrine et le ventre sont blancs, le dos est brun, l'extrémité des plumes qui le couvrent est blanchâtre. Les ailes sont entièrement brunes. Les ailes et les pattes sont de la même dimension que celles du Sula dactylatra. L'espace dénudé de la gorge, au lieu d’être arrondi comme chez cette dernière espèce, forme un angle en arrière de la mandibule-inférieure. Cet oiseau, indiqué comme provenant de la côte Pacifique de l’Amérique, a probablement été capturé au Chili, où la Vénus a fait un long séjour.

(2) Voyez la planche jointe à ce mémoire.

(3) The man of War-Bird, Edwards, Gleanings, t. VI, p. 209, pl. 309 (1760).

Pelecanus aquilus, Linné, Systema nature, t. 1, p. 216 (1766).

Fregata aquila, Iliger, Prodromus, p. 279, 1811.

Tachypetes aquila, Vieaillot, Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, t. XII, p. 143, 1817.

(4) Cabanis et Reichenow, 0p. cit. (Journal fur Ornithologie, 1876, p. 329).

(5) Notes manuscrites de J. Verreaux (il avait reçu cette Frégate, en 1859, de M. Layard).

n ALPIH. MILNE EDWARDS.

lande (4), mais Forster ne l’a aperçue que dans le voisinage de la région intertropicale par 27 degrés de latitude sud (2), et nous savons qu'ellen’est pas rare à la Nouvelle-Calédontie (3),en Australie et dans les mers chaudes ; elle est particulièrement commune aux îles Seychelles (4) et à Sainte-Hélène (5). On comprend d’ailleurs facilement comment un oiseau doué d’ailes aussi puissantes peut s'éloigner beaucoup de ses stations de reproduction. Ainsi une Frégate à été vue en 1853 par M. Bévalet par le travers des îles Lofoden (6).

Les Pélicans, les Phaëtons et les Anhingas ne fréquentent pas les régions antarctiques ; quelques-uns de ces oiseaux pélasiens arrivent jusque sur les côtes du Chili et de l'Australie, ainsi qu'au cap de Bonne-Espérance, mais, de même que la Frégate, ils appartiennent essentiellement à la zone intertropicale, et par conséquent je n'ai pas à en parler ic.

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