‹ Recherches sur la faune littorale de Belgique (volume 3)Chapitre 15 sur 103 · PI. HE · texte numérisé non relu

PI. HE

Caractères. — Le Strobila atteint jusqu’à 100 millimètres, et il conserve toujours une grosseur qui permet de le distinguer à l'œil nu. Les Bothridies, les pédicules qui les portent, ainsi que le bulbe buccal, varient constamment dans leur forme; le bulbe aussi bien que le pédicule peuvent entièrement disparaître. On voit distinctement en avant une ouverture au milieu du bulbe, qui peut se rétrécir et s'étendre par l’action des fibres concentriques qui entourent cette ouverture comme un sphincter. Les segments ne se montrent qu'à une certaine distance des pédicules : dans le sens des partisans de la nature monozoïque de ces vers, il y a un cou.

Différences spécifiques. — Cette espèce diffère essentiellement de la précédente par plusieurs caractères tirés et du Scolex et du ver adulte. Nous trouvons :

4° Que le Strobila, au lieu d’avoir de 16 à 17 millimètres de long, atteint jusqu'à 100 millimètres. Le Scolex comme l’Helminthe adulte ne diffèrent pas moins sous ce rapport ;

2° Que les Bothridies ont généralement des cloisons plus nombreuses dans VE. minimum et que, par l'effet de la contraction, les formes varient davantage ;

9° Le bulbe est souvent très-saillant dans VE. variabile, tandis qu'il est peu visible dans l'E. minimum ;

4 Le penis entièrement déroulé est plus large à la base dans la première espèce, et c’est dans cette région qu'il est couvert de soies roides que l’on ne voit pas dans l'E. variabile. Cet organe est couvert des mêmes aspérités dans toute sa longueur;

d° Les Strobila les plus complets ne portent guère plus d’une quinzaine d'articles dans VE. minimum, tandis qu’on en compte au moins une centaine dans la seconde espèce.

Habitat. — On trouve cette espèce assez abondamment dans les Raia clavata, batis, rubus et asterias; Jen ai observé dans toutes les saisons. Au commencement de mes recherches et quand je n’avais pas des individus très-frais, j'ai souvent confondu cette espèce avec le B. flos de Leuckaert ou auriculatus de Bremser et de Rudolphi.

Comparaison avec les espèces décrites. — Le Bot. tumidulus de Rudolphi ou l'Echeneis de Leuckaert est l'espèce qui est la plus voisine de celle que je décris ici. Toutefois, je trouve encore des différences assez notables si je consulte le texte de ces auteurs et les figures qu’ils donnent de ces vers. Ainsi la longueur des Strobila diffère beaucoup, et dans nos deux espèces les divisions commencent assez loin en arrière. Les Bothridies elles-mêmes montrent des différences très-grandes dans leur conformation, et nous devons supposer cependant que ces figures sont exactes,

puisque celles de Leuckaert et de Bremser se correspondent parfaitement.

Description du Scolex. — Dans cette espèce, la forme des Bothridies varie encore plus que dans l’espèce précédente , et si on a égard au balancement qui existe entre ces organes et le bulbe, on comprendra facilement combien il est difficile d’abord de distinguer ces vers entre eux et de rapporter ceux que l’on découvre à leur véritable espèce. Jai commis d'abord bien des erreurs, j'ai rapporté bien des espèces différentes à un même type, et bien souvent aussi le même type à des espèces différentes , selon la forme qu'ils affectaient. Il n’est pas possible de rendre sur une planche toutes ces variations, et pour les voir toutes, on doit avoir étudié ces vers aux diverses époques de leur développement et dans les différentes conditions de la vie. Ceci est vrai pour tous ces vers, mais surtout pour ceux qui nous occupent.

Ces Bothridies passent presque instantanément de la forme d’une feuille linéaire ou ovale à la forme d’une cuiller, parce que le milieu se creuse; puis la pointe s’efface, le creux devient plus profond, et l'appendice ressemble à un vase; il suffit de quelques instants seulement, quand on à

un ver très-vivant, pour le voir parcourir toute l'échelle de formes dont je n'ai pu en représenter que quelques-unes.

Quand le ver a séjourné quelque temps dans l’eau douce, celle-ci pénètre par imbibition, l’appendice se gonfle et la Bothridie prend un tout autre aspect. [l est devenu méconnaissable. On voit alors un organe intérieur, en forme de cœur, de nature musculaire, derrière lequel on distingue de nombreuses fibres musculaires séparées les unes des autres, qui naissent au fond du pédicule et qui viennent s’insérer en haut sur le dos de cet organe. C’est là ce qui explique la grande contractilité du lobe et du pédicule.

Le bulbe, au milieu des pédicules, est ordinairement sphérique, mais quelquefois il s’allonge en forme de trompe et présente en avant une ouverture qui peut s’agrandir.

Strobila. — Les divisions en segments ne commencent qu’à une certaine distance des appendices; elles sont d’abord très-fines, deviennent linéaires ensuite; vers le milieu du corps, elles sont aussi larges que longues, et dans les Strobila mûrs, les derniers articles prennent une forme ovale. Le penis est alterne.

Proglottis. — I a la forme ovale et, selon ses mouvements, s’effile plus ou moins vers les deux extrémités. Le penis s'ouvre à peu près vers le milieu du corps, un peu en dessous de la moitié de la hauteur. Déroulé entièrement, le penis atteint à peu près la longueur du corps. Il est régulièrement hérissé sur toute sa surface. Par la compression, on distingue très-bien tous les organes intérieurs. Les œufs sont très-remarquables par leur taille et par les cellules qui se développent dans leur intérieur. On ne voit nulle part aussi bien la formation et l'accroissement de ces cellules. J'ai vu que, dans le germiducte, le germe a 0w",02,

Les vers conservés dans la liqueur ont de 50 à 60 millimètres de longueur ; les uns ont un bulbe très-fort sur le côté duquel on voit les Bothridies sous la forme d’une foliole; d’autres ont, au contraire, ces organes très-développés avec les plis en travers et avec un bulbe à peine visible.

Genre PHYLLOBOTHRIUM. Van Ben.

Les quatre Bothridies sont sessiles, échancrées du côté externe; elles jouissent d’une très-grande mobilité, se frisent ou se crispent comme des feuilles de laitue.

PH. LacTuca. Van Ben.

(PL IY.)

Les Bothridies sont échancrées profondément et le bord est garni d’un bourrelet; les segments du Strobila n'apparaissent qu'à une très-grande distance du corps.

Cette espèce offre des caractères si nettement tranchés, qu'on ne peut la confondre avec aucune autre, à moins d’avoir sous les yeux des individus dans un mauvais état de conservation. Elle est aussi remarquable par sa taille que par la toute singulière conformation des Bothridies. Je ne trouve quelque ressemblance, parmi les espèces décrites par les auteurs, qu'avec les fig. 6 et 7 de la planche première de Leuckaert ?, et que ce naturaliste a confondues avec les deux figures précédentes qui forment son Bot. Echeneis. 1] ne se forme jamais de replis sur ces lobes comme dans les deux espèces précédentes.

Strobila. — Le Strobila atteint jusqu'à 250 millimètres de longueur. La tête a presque le volume d’un pois; et on la reconnaît de très-loin à l'œil nu; elle est large de 5 à 4 millimètres.

Les bothridies sont plus ou moins contractées dans les deux figures que je donne de cette espèce, et on voit la tête prendre la forme d'un melon. C’est cette forme qu’elle affecte lorsqu'on la met dans la liqueur. On voit aussi ces organes s'étendre fort loin chez les vers très-vivants; par suite de la présence de l'échancrure au milieu, on dirait qu'il y a huit lobes qui produisent les formes les plus variées et souvent une grande ressemblance avec les feuilles crispées des choux. Le bord de ces lobes est garni inté-

1 Leuckaert, Zoo!. Bruchst.

rieurement d’un bourrelet fort élastique et sur lequel viennent s’insérer des faisceaux de fibres musculaires, c’est ce que l’on peut très-bien voir en soumettant une partie à l’action du compresseur. Les cordons longitudinaux sont visibles dans toute la longueur du Strobila.

Proglottis. — Le ver adulte est aussi proportionnellement très-grand\; il mesure jusqu'à 12 et 15 millimètres de longueur et de 4 à à millimètres de largeur. Tout le corps est demi-transparent, à l'exception du milieu, formé par l’ovisac ou la matrice, que la présence des œufs rend d’un blanc mat. Comme dans tous ces vers, le corps change constamment de forme lorsqu'on observe un animal très-vivant.

Le penis s'ouvre vers le tiers antérieur du corps; le testicule est logé en avant et au milieu; le vagin, au lieu de former un angle vers le milieu du corps, se dirige un peu en avant, puis se recourbe lentement en arrière en formant une anse; ce n’est pas, comme on pourrait le croire, une disposition individuelle; on la trouve dans tous ces vers. Les œufs sont libres dans la matrice; ils ont une forme ovale. J'ai vu distinctement dans cette espèce la fécondation solitaire. Le penis était introduit très-loin dans le vagin et répandait ses spermatozoïdes ; ce produit màle n’est point délayé dans un liquide. J'ai vu ensuite ce penis se retirer, reprendre sa place ordinaire dans sa poche et tous les organes rentrer dans leur position ordinaire. Je suis certain qu'il n’y a pas eu ici illusion, que le penis n’était pas placé accidentellement dans la direction du vagin à la surface du corps, comme on pourrait le supposer; il était bien positivement introduit dans l'organe femelle.

Habitat. — Cet Helminthe est commun dans le Mustelus vulgaris; je ne l'ai observé que dans cette seule espèce de Plagiostomes.

En comparant les individus conservés dans la liqueur, je trouve une très-grande différence dans la taille du Scolex : il y en a quelques-uns qui n'ont réellement que le quart du volume des autres. Plusieurs d’entre eux sont d’un blanc mat, le plus grand nombre est jaune, et quelques-uns sont

noirs à cause des œufs que l’on aperçoit à travers la peau. Tome XXV. 16

Px. Taripax. Van Ben.

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