‹ Recherches sur la faune littorale de Belgique (volume 3)Chapitre 27 sur 103 · PL XX · texte numérisé non relu

PL XX

Caractères. — Les Bothridies ne sont pas complétement séparées les unes des autres ; les trompes sont couvertes de crochets recourbés; les gaines des trompes forment des tours de spire; les segments sont très-longs et peu nombreux.

Ce qui distingue particulièrement ce Tétrarhynque des autres, c’est sa petite taille, la longueur des segments, qui dépasse plusieurs fois leur épaisseur et le nombre de ces articulations, qui ne va guère au delà de six; les derniers segments sont déjà mürs quand on peut compter cinq à six anneaux.

Il n’y a, à proprement parler, que deux Bothridies à la tête, qui peuvent cependant former quatre fossettes distinctes. J'ai vu des Helminthes adultes dépasser tout le Strobila en longueur.

Dimensions. — Strobila, longueur totale. . . . . . . . . . . . 5à 6” Longueur AU COUR SN PNR AMEN UE CNT MUNIE HATSEUTAAUTCOD EE RE MP RENE EN ENNNRE Helminthe adulte ben. NME Ont, ren SES

Habitat. — Cette espèce habite l'intestin du Squatina angelus. Je l'ai trouvée toute seule dans ces poissons.

Il est à remarquer que le Squatina angelus prend beaucoup de Céphalopodes; j'aurais voulu chercher chez eux le premier âge de cette espèce de Tétrarhynque.

2% section. — DIPHYLLES.

Comme l'indique le nom, cette division, au lieu de quatre Bothridies, n'en porte plus que deux, qui sont pourvues en haut et en dehors d’un appareil mobile particulier. Cet appareil porte au bout une série de crochets invisibles pendant le repos, mais qui prennent l'aspect d’un râteau quand le Scolex s’épanouit. Le corps du Scolex est couvert de plusieurs rangées de crochets imbriqués et mobiles.

Gexre ECHINOBOTHRIUM. Van Ben. '

On ne connait encore qu'un seul genre dans cette famille, c’est celui que j'ai établi en 1849 pour un ver nouveau observé dans la Raie.

E. rypus. Van. Ben.

Synonymie. —E. rvvus. Bull. de l'Acad. de Bruxelles, tom. XVI, n° 2, 4849.

Scolex et Strobila. — Le Strobila atteint de 5 à 6 millimètres de longueur; il est aplati dans toute sa longueur; les articles sont peu nombreux : on n'en compte que huit à dix; les derniers sont deux à trois fois plus longs

que larges; les premiers sont au contraire beaucoup plus largés que longs. Le penis s'ouvre du même côté sur la ligne médiane.

La tête du Scolex est extraordinairement mobile et affecte les mêmes formes dans ses mouvements que celle de la famille précédente; elle s’allonge comme une pointe de flèche ou se contracte comme une boule massive avec une rapidité qui permet à peine de se faire une idée de sa forme véritable.

Elle est aplatie fortement, et les deux Bothridies semblent accolées l’une à l'autre quand le ver est bien vivant; après la mort la forme change : la tête s'arrondit et les Bothridies prennent un tout autre aspect.

Quelle que soit la position de la tête, on aperçoit dans son intérieur et en avant un bulbe que l’on prendrait pour un bulbe buccal, s’il existait un canal digestif. Ce bulbe, un peu plus transparent que les tissus environnants, s'ouvre brusquement, et la tête prend alors la forme du Squale marteau ; les crochets, qui étaient logés dans l'intérieur, apparaissent au dehors et sont disposés au bout de chaque prolongement comme un râteau.

On voit toujours, vers le milieu de la tête, un certain nombre de vésicules blanches et transparentes dont je ne connais pas l'importance.

Les crochets sont disposés sur un seul rang avec la pointe en arrière ou un peu en dehors; j'en ai compté neuf de chaque côté. Ils ont à peu près tous: la même longueur et paraissent aussi avoir la même forme. On en voit six de face; les autres sont situés derrière. Un peu plus larges à la base, ils s’amincissent insensiblement; la pointe se recourbe légèrement en dedans, et, vers le tiers antérieur, chaque crochet présente une légère éminence en forme d’apophyse. Ces organes se détachent avec une trèsgrande facilité.

On aperçoit fort bien les canaux longitudinaux dans l’intérieur de la tête.

Le corps du Scolex, que l’on a désigné sous le nom de cou, est bien limité en avant et en arrière. Il est aplati dans toute sa longueur. De chaque côté trois rangées d’épines le recouvrent et en font l'animal le plus singulièrement armé de tous les Helminthes.

Ces épines sont toutes de la même longueur ; elles sont droites, effilées et terminées à la base par trois apophyses, dont une seule est profondé-

ment engagée dans les parties molles. Dans chaque rangée, on compte douze ou treize pièces serrées les unes contre les autres et qui se recouvrent en partie. Les pointes sont toujours dirigées en arrière. Comme les crochets de la tête, ces épines se détachent facilement.

Le corps est long à peu près comme la tête, mais il n’est pas aussi large. On peut facilement l’étirer, écarter les épines les unes des autres, ce qui démontre que toutes sont enchässées séparément.

Proglottis. — Le ver adulte est libre et arrondi et a la forme d’une outre. Le penis est situé vers le tiers inférieur du corps. On le distingue pendant le repos à travers l'épaisseur des enveloppes. Il peut atteindre la longueur du corps quand il est complétement déroulé; dans sa position ordinaire, il ne dépasse guère la moitié de cette longueur. I est couvert de courtes aspérités. Le testicule est logé en avant au milieu même du corps. Je ne connaissais pas l'appareil sexuel, quand j'ai publié une Notice sur ce ver, de manière que les organes qui le composent n’y sont pas bien déterminés : les principaux d’entre eux doivent recevoir une autre interprétation.

Ainsi le lemnisque est bien un penis; le muscle rétracteur du penis est la continuation de cet organe ou le canal déférent; entre ce canal et le testicule, il y a une continuité qui m'avait échappé. L’ovaire ne consiste pas dans ces vésicules opaques que l’on voit sur le côté du corps, mais dans un corps glandulaire situé en arrière, et les vésicules transparentes centrales ne représentent pas le vitellogène. Cet organe m'avait échappé. Les vésicules opaques, sur le côté, sont des glandes cutanées.

Le Proglottis a 1" de longueur; les œufs ont 0",01.

5° section. — PSEUDOPHYLLES 1.

Les Bothridies manquent ou sont modifiées au point qu’on les reconnait à peine; la tête du Scolex a perdu par là sa grande mobilité; quelques-

1 Je ne ferai mention dans cette famille que de deux vers qui habitent, lun le Turbot, l'autre le Brochet; les autres espèces n'étant pas encore suffisamment étudiées, je ne pourrai en faire mention, si ce n'est peut-être dans un appendice.

uns de ces vers sont encore pourvus de crochets, le plus grand nombre

est inerme; la tête du Scolex est peu distincte et semble même manquer

chez quelques-uns, ce qui fait que le Strobila n’est pas modilié en avant. Je n’ai vu aucun de ces Cestoïdes sur un poisson Plagiostome.

GEexre BOTHRIOCEPHALUS.

Les Bothridies sont rudimentaires et peu mobiles; elles sont disposées de manière à former une gouttière à droite et à gauche, par suite de l’extension plus ou moins grande que prennent les bords; elles ne se contractent guère d'arrière en avant ou en sens inverse.

Ce Cestoïde est parfaitement distinct de tous les autres par les caractères que je viens d’énumérer.

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