‹ Recherches sur la librairie de Charles V (volume 5)Chapitre 171 sur 199 · Le Manuscrit, t. II, p · texte numérisé non relu

Le Manuscrit, t. II, p

seigneur de Belleville et de Montagu, etc., chambellan du roy messire et de monseigneur le duc de Berry, etc., conseiller, etc. Flamel.

Voir Catalogue of the manuscripts at Ashburnham Place, Appendix, n° 7, et Berger, La Bible française, p. 416.

11. On serait porté au premier moment à identifier la Bible décrite sous le n° 11 avec le manuscrit Harleien 4381-4382, dont le frontispice est orné d'une miniature représentant « la Trinité, Notre-Dame en son trosne et pluseurs angels et patriarches ». Mais l'identification n'est pas possible. Le deuxième feuillet du ms. 4381 commence, non point par comme fait la journée, mais parères generacions Caym, caractère qui lui est commun avec les mss. 5057-5058 de l'Arsenal.

11 bis. Cette « Bible hystoriaux «, dont les deux volumes forment les n°* 4381 et 4382 du fonds Harley au Musée britannique, vient authentiquement du duc de Berry. En tête du premier volume, on lit cette note : « Geste belle Bible est à Jehan, filz de roy de France, duc de Berry et d'Auvergne, conte de Poitou, d'Estampes, de Bouloingne et d'Auvergne : FLAMEL. » Le duc de Berry a tracé ces mots à la fin du second volume : « Geste Bible est au duc de Berry : JEHAN. » Le manuscrit a plus tard appartenu à Pierre, duc de Bourbon. Il a fait partie de la bibliothèque de Paul Petau, et a été acquis en 1723 par Bobert Hai'ley, comte d'Oxford. M. Warner, dans ses Illuminated manuscripts, planche 44, a donné une excellente reproduction de la page sur laquelle est représentée l'apparition du Seigneur à Abraham [Genèse, XII).

Au sujet de cette belle Bible, on peut consulter les ouvrages suivants : A Catalogue of the Harleian mss., t. III, p. 139. Fr. Michel, Rapports au ministre, p. 151. S. Berger, La Bible française, p. 401.

12. Volume que Samuel Berger (Za Bible française,^. 368) qualifiait d'admirable manuscrit, orné d'environ 330 miniatures, la plupart en grisailles, généralement très petites et très fines. Bemarquable frontispice occupant à peu près la moitié d'une page; il est divisé verticalement en trois compartiments : celui du milieu contient dans la partie supérieure une image de la Trinité et dans le bas David agenouillé adressant sa prière à Dieu : Bonitatem, disciplinam, scienciam, doce me (Ps., GXVIII, 65). Dans le compartiment de gauche, sujets se rapportant au Pentateuque et aux livres histo-

riaux; dans celui de droite, sujets tirés des livres sapientiaux et des Prophètes, avec quatre légendes en caractères microscopiques qui forment quatre vers :

V livres de la loy Moyses.

Des Hystoriaux les devises.

Les V livres de sapience.

Des prophètes la contenance.

13. Ce charmant volume de la Bible historiale, copié en 1362- 1363 par Raoulet d'Orléans, est décrit sous le n" XI dans la liste des livres de Charles V parvenus jusqu'à nous.

14. Volume copié par Henri du Trévou, dont je donne la description dans la liste des livres de Charles V parvenus jusqu'à nous, article V.

15. La Bibliothèque nationale a acquis à deux reprises, en 1878 et en 1881, les deux feuillets qui étaient à la fin du premier volume de la Bible n° 15; sur ce double feuillet (ms. fr. 3431 des nouv. acq.), on lit deux notes de la main de Jean Flamel :

Geste demye Bible est à Jehan, filz de Roy de France, duc de Berry et d'Auvergne. J. Flamel.

Et depuis, c'est assavoir l'an mil quatre cens et dix, mon dit seigneur le duc donna ceste dicte demie bible à Robinet d'Estampes, garde de ses joyaux. J. Flamel.

Voir le Catalogue des manuscrits latins et français ajoutés aux fonds des Nouvelles acquisitions, part. I, p. 60.

18. Le ms. latin 8824 est un volume in-folio de 196 feuillets, format très allongé, sur parchemin, écriture anglo-saxonne du xi^ siècle. Il doit manquer un feuillet au commencement; le feuillet 186 a été coupé avec un canif. Ce remarquable manuscrit contient le psautier latin, avec la version anglo-saxonne en regarda Sur les premières pages on voit quelques dessins au trait. Après le psautier ont

1. Il y a plusieurs éditions du texte de ce psautier. Lihri Psalmorum versio antiqua lalina, cum paraphrasi angle- saxonica, parlim soluta oratione, partim melrice composita, nunc primum e cod. ms. in bibl. regia Paris, adservato descripsit et edidit Benjamin Thorpe. Oxford, 1855. — The anglosaxon version of the book of psalms commonly known as the Paris psalter, by J. Douglas Bruce. Baltimore, 1894, in-8°.

été transcrits les cantiques sacrés, le Symbole de saint Athanase et les litanies des saints. Le copiste s'est fait connaître par cette souscription : « Hoc psalterii carmen inclyti régis David sacer Dei Wulfrinus, id est cognomento Cada, manu sua conscripsit. Quicumque legerit scriptum, anime sue expetiat votum. » Le manuscrit paraît avoir été fait pour une femme ^ . — A la fin, le duc de Berry a tracé ces mots : « Ce livre est au duc de Berry : JEHAN. » Le prince décrit ainsi le psautier dans ses lettres pour la Sainte- Chapelle : « Un très ancien psaultier, long, historié d'ouvrage romain, et au commencement de David jouant de la harpe, et sur les fueilletz paint des armes de France et de Boulongne, couvert de vieille soye, à deux tixus, dont en l'un n'a point de fermoir. » On distingue encore sur la tranche du volume les armes de France et celles d'Auvergne (d'or au gonfanon de gueules, frangé de sinople), qu'on a confondues avec celles de Boulogne, parce qu'au xiv® siècle les comtés de Boulogne et d'Auvergne se trouvaient réunis dans les mêmes mains 2.

25. Le Psautier glosé, suivi d'un Provincial, aujourd'hui le ms. latin 8874 de la Bibliothèque nationale, est une copie du xni* siècle. — Voir la Bibliothèque de l'École des chartes, 1856, p. 158.

28. A propos du n» 28, M. Paul Meyer s'est demandé auquel des psautiers du duc de Berry appartient celui qui est ainsi désigné dans un ancien inventaire du château de Baux : « Ung livre en quoy est le psaultier et plusieurs oroysons, couvert de drap d'or et de perles, avec son estuyf de cuir garni d'une corroie d'argent dorée, à fleurs de lis, qui fu de monseigneur de Berry et après de madame de Boulogne sa femme. » Cet inventaire a été publié en 1877 dans la Revue des Sociétés savantes, t. VH, p. 136.

30. Le manuscrit français 13091 de la Bibliothèque nationale appartient à la famille de ces psautiers, plus ou moins richement enluminés, dans lesquels les psaumes sont suivis des cantiques et des litanies des saints. Il contient à la fois le texte latin et la ver-

1. C'est ce qu'on peut conjecturer de la formule d'une oraison copiée au fol. 195 v% col. 2 : < Te deprecor, Domine, michi famule {vel famulo) tue {vel tuo) et famulis et famulabus tuis per intercessionem, etc. »

2. Le comte A. de Bastard a fait lithographier sept colonnes du psautier, qui devaient former les planches IX et X de La Librairie du duc de Berry.

sion française. Tel fut, du xi® au milieu du xiv* siècle, le véritable et à peu près le seul livre d'heures qui fut en usage parmi les laïques ^ .

Le manuscrit 13091 vient incontestablement du duc de Berry, puisque le prince a mis sa signature à la fin, et que Flamel a tracé ces mots sur la première page :

Ce Psaultier, qui est en latin et en françois, est à Jehan, filz de Roy de France, duc de Berry et d'Auvergne, conte de Poitou, d'Estampes, de Bouloingne et d'Auvergne. Flamel.

Il consiste en 272 feuillets de parchemin, hauts de 250 millimètres et larges de 175. On y trouve, disposés sur deux colonnes, le texte latin et la version française des psaumes et des cantiques, avec les litanies des saints en latin.

Le volume a dû être fait pour le duc de Berry. En effet, les litanies (fol. 270) mentionnent les saints propres à l'église de Bourges : « Sancte Guillerme, sancte Vursine, sancte Austregisile, sancte Sulpici... » — En tête sont les images des prophètes et des apôtres; cette suite de vingt-quatre tableaux, dont plusieurs sont inachevés, est considérée à bon droit comme un des chefs-d'œuvre de l'art français à la fin du xiv« siècle. Le psautier est, en outre, orné de huit peintures d'un tout autre style que celles du commencement. Cette différence de travail avait frappé les rédacteurs des anciens inventaires du duc de Berry, qui, en enregistrant le psautier latinfrançais, ne manquent pas de faire observer qu'il y a, au commencement, plusieurs histoires de la main de maître André Beauneveu. Il n'y a pas à revenir ici sur ce qui a été dit de ce grand artiste^, immortalisé par une phrase de son compatriote Jean Froissart. Signalons seulement une variante que présentent les différents inventaires : celui de l'année 1402 porte : de la main maistre André Beaunepveu, et ceux des années 1413 et 1416 : de la main feu maistre André Beaunepveu. En doit-on conclure qu'André Beauneveu vivait encore en 1402 et qu'il était mort avant la fin de l'année 1413?

Les tableaux des prophètes et des apôtres dans le ms. 13091 sont

1. Voir le livre de Samuel Berger, La Bible française, p. 321, 322, 342, 352, 371, 395, 396, 399, 402 et 432.

2. Waagen, Kunstwerke und Kilnstler in Paris, p. 335. — Delisle, Mélanges de paléographie et de bibliographie, p. 297 et 298. — Wauters, Recherches sur l'histoire de l'école flamande de peinture avant et pendant la première moitié du XV' siècle, 1" fascicule, p. 55 et suiv. (extr. des Bulletins de l'Aca' demie royale de Belgique, 3' série, t. V, année 1883).

donc incontestablement l'œuvre d'André Beauneveu. M. le comte de Lasteyrie ^ attribue à Jacquemart de Hesdin une partie des autres peintures du volume. Il faut voir aussi un article de M. le comte Paul Durrieu dans Le Manuscrit, revue d'Alphonse Labitte, 15 avril 1894, p. 52 et suiv.

On trouvera dans la Paléographie universelle de Silvestre^ le fac-similé de deux pages du Psautier du duc de Berry : la note de Jean Flamel et le texte du fol. 239 v°. — Une autre page, celle qui contient l'image de l'homme de douleurs, est insérée dans le volume de Paul Lacroix intitulé Les Arts au moyen âge^. L'image de saint Pierre se trouve dans Le Manuscrit d'Alphonse Labitte''. — H y a aussi des reproductions jointes aux articles de MM. Durrieu et de Lasteyrie qui viennent d'être cités. — Voir aussi la description de Dehaisnes dans L'Histoire de tart dans la Flandre, p. 254-256.

32. Jean de Blois, de l'ordre de Saint- Augustin, dédia au duc de Berry un petit opuscule dans lequel était expliqué le sujet de chacun des psaumes. La dédicace se lit en tête d'une édition gothique de la fin du xv® siècle, dont quelques feuillets ont été retrouvés en 1896 dans la couverture du manuscrit 70 de la bibliothèque de Berne, qui a appartenu à l'historien Nicole Gilles. — Voir ma notice sur des Documents parisiens de la bibliothèque de Berne, dans les Mémoires de la Société de V Histoire de Paris, t. XXIII, p. 267.

44 bis. Ce lectionnaire est ainsi décrit dans l'inventaire de 1552 :

Un lectionnaire écrit de lettre de forme, auquel sont les leçons qui se disent tout au long de l'année, tant du temps comme des fêtes des saints ; est couvert de viel cuir rouge, et par dessus une chemise de drap de soie, doublée de satin bleu ; à deux fermoirs d'argent, sur l'un desquels est l'image de Notre-Dame, et sur l'autre une image de saint Jean-Baptiste, émaillés, assis sur signés de soie bleue.

Le titre mis en tête d'un de ces volumes est ainsi conçu :

Ce livre des légendes des istoires commence d'apprès le Corps de Dieu, et sert jusques le xxv» evangille, qu'elle soyt dicte, et aussy sert pour les légendes des sainctz, et commence le jour de sainct Germain qui est à la fin de may, et finist le jour de l'Assumption Nostre Dame.

1. Monuments et mémoires de la Fondation Piot, 1896, t. III, p. 117 et suiv.

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