‹ Recherches sur la librairie de Charles V (volume 5)Chapitre 182 sur 199 · Voir ma Notice sur douze livres royaux, p · texte numérisé non relu

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4. Je renvoie à deux ouvrages de ce savant bibliophile : A Descriptive catalogue of the second séries of fifty manuscripls in the collection of Henry Yates Thompson (Cambridge, 1902, in-S"), p. 151-183 et 365-366. — Thirty-two miniatures from the book of hours of Joan II, queen of Navarre (London, 1899, 2 fascicules in-4'').

102 bis. Les Heures du duc de Berry dont les destinées ont été les plus tragiques sont celles que j'ai enregistrées sous le n° 102 bis. Je ne vois rien dans les anciens inventaires qui convienne exactement à ce beau livre. Ce qui paraît bien établi, c'est qu'à une époque ancienne il a été coupé en trois morceaux, qui ont suivi des voies bien différentes pour arriver jusqu'au commencement du xx^ siècle. A l'état primitif du volume ne paraît correspondre ni l'article 102 ni l'article 103 de mon édition des anciens inventaires.

Premier morceau.

Il consistait en 91 feuillets, qui ont formé le manuscrit de la bibliothèque de l'Université de Turin coté K 14. 29 (jadis D. VI. 23). Il a été détruit complètement par l'incendie du mois de janvier 1904, à l'exception de cinq feuillets qu'on en avait enlevés, probablement au cours du xvni^ ou du xix^ siècle, et qui ont été recueillis de nos jours par le Musée du Louvre, Mon ami le comte Paul Durrieu en avait reconnu l'origine et apprécié la valeur, il y a six années, dans une communication qu'il fit à la Société des Antiquaires de France'. Il était donc désigné pour le décrire avec autant de goût que d'érudition, dans un volume^ que des amis beaucoup trop bienveillants ont bien voulu faire paraître en 1902 à l'occasion du cinquantième anniversaire de mon entrée à la Société de l'Histoire de France et au Comité de publication de la Bibliothèque de l'Ecole des chartes. Ainsi a été fait tout ce qui pouvait être tenté pour conserver à la postérité une image, hélas ! bien insuffisante, d'un des plus beaux livres du moyen âge.

La matière a été épuisée par M. le comte Durrieu, et j'éprouve une véritable honte en tirant d'un de mes cartons quelques lignes que j'avais écrites en 1885 après que ma femme et moi nous avions admiré et étudié le manuscrit à Turin; je ne le fais que pour avoir l'occasion de faire connaître l'opinion d'un critique éminent, mon ami Auguste Castan, opinion qui concorde bien avec celle de M. Durrieu. Voici ce que portait ma note de 1885 :

Le fond du livre, dont beaucoup de pages sont écrites en français, paraît bien d'origine royale, et c'est pour un roi de France qu'ont été copiées les prières des fol. 58 v° et 76 v° :

Et tu, Deus, meus creator, redemptor et protector meus, pièces sanctorura

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