Trésor des chartes, reg. CIX, fol. 195 v
possédait sur les halles et les moulins de Rouen une rente fjui était entrée dans sa famille par suite d’un échange conclu entre Philippe le Bel et Oudard de Ghambli. Le roi, au mois de février 1379 (n. st.), autorisa l’affectation d une partie de cette rente à des œuvres pies , avec exemption des droits d’amortissement1.
Ce fut à Nicole de Chambly et à ses fils, Jean et Charles, que décharge fut donnée des livres dont la garde avait été confiée, pendant quarante-deux ans, à Gilles Malet2. Ce fut elle qui fut maintenue, au moins en partie, dans la jouissance des domaines de son mari, et ce fut pour noble et puissante dame Nicole de Ghambli, dame de Yillepesque et de Soisi, que fut rédigé le cueilleret des cens dus à Soisi le jour Saint-Remi 14133.
Deux mots maintenant sur les monuments consacrés à Gilles Malet et à sa femme Nicole de Ghambli.
La dalle qui recouvrait les restes de Gilles Malet et ceux de sa femme existait encore dans l’abbaye de Chaalis du temps de Gaignières, qui en a fait relever le dessin4. Gilles y était représenté à côté de sa femme. L’inscription qui devait y être jointe n’est point connue. Mais je puis citer plusieurs monuments épigraphiques exécutés, selon toute apparence, du vivant de Gilles Malet.
1. Ms. français 26283, pièce 108. (Titres originaux de dom Villevieille.)
2. Acte dressé après la mort de Gilles Malet et qui est publié aux Pièces justificatives, XVI.
3. Extiait aux Arcb. nat., S. 339. — Gilles Malet eut un fils nommé Gilles, dont la veuve bailla en 1419 un long dénombrement : « Jeanne de Soycour, dame de Soisi et de Villepesche, vicomtesse de Corbeil, en son nom et comme ayant la garde de Gilles et de Jacques, enfants mineurs d’elle et de Gilles Malet, seigneur de Soisy. » Il y en a dans le carton S. 339 des Archives nationales une analyse détaillée dont tous les articles ont été rapprochés des articles correspondants d’un dénombrement baillé en 1407 par Gilles Malet.
4. Département des Estampes, volume coté Pe. 5, fol. 5. N” 3966 du Catalogue de M. Bouchot. Le dessin de Gaignières a été reproduit dans l’ouvrage de B. Prost, Inventaires mobiliers, t. I, pl. XVIII.
18 GARDES DE LA LIBRAIRIE
En effet, ce personnage aimait à rappeler par de belles inscriptions les fondations qu’il faisait dans différentes églises. Gaignières1 nous a conservé le texte d’une inscription qu’il avait vue dans l’abbaye de Chaalis :
A cest autel de la Trinité sont obligez les religieux de Chaalis par la confirmacion du chapitre general, celebrer perpetuelement chacun jour une messe pour Charles le quint de ce nom, roy de France, et pour Gilles Malet, son varlet de chambre, et damoiselle Nicole de Chambly, sa femme. Ce fu fait l’an mil trois cens soixante-dixneuf.
De son côté, l’abbé Lebeuf 2 avait remarqué une inscription analogue, gravée sur une lame de cuivre, dans l’église de Soisi-sous-Étiolles :
Le prieur de l’hermitage de Senart est tenu de celerrer
CHAQUE SEMAINE DEUX MESSES EN l’eGLISE DE CEANS, A L AUTEL
de Saint-Michel..., et la veille de Saint-Michel les vespres,
ET LE JOUR LA MESSE, POUR l’aME DE GlLLES MALET, CHEVALIER ET MAISTRE d’hOSTEL DU ROI, SEIGNEUR DE VlLLEPECLE ET SoiSY,
et dame Nicole de Chamrly, sa femme. 1411.
Il a dû exister dans l’église de Pont-Sainte-Maxence une inscription du même genre, rappelant l’office hebdomadaire que Gilles Malet, « pour la vraye amour et singulière affec- « tion qu’il avoit à l’eglise du Pont » , avait fondé dans l’église de cette localité et auquel le maître d’école devait faire assister les enfants de la paroisse. Voici le texte d’une des clauses de l’acte de fondation, en date du 31 août 14073 :
Et pourra faire mettre ledit chastellain, si il lui plaist, un ymage de la Trinité audit autel saint Jehan, et aussy en ladite eglise, près