INVENTAIRE D
d’abord les livres qui figuraient déjà sur le catalogue de Gilles Malet ; les articles 1 à 726 du nouvel inventaire 1 sont consacrés à ces manuscrits. Vient ensuite, sous les cotes 727 à 921 2, la description de cent quatre-vingt-quinze livres dont la librairie royale s’était enrichie pendant les trente premières années du règne de Charles VI. Ce supplément ne comprenait pas les vingt volumes envoyés par le duc de Guienne en 1410 : Jean Le Bègue les laissa à part et les enregistra sous les cotes 922 à 941 . L’inventaire de 1411, dont les principales divisions viennent d’être indiquées, remplit les feuillets 53 à 133 du ms. français 2700; je le distinguerai désormais par la lettre D.
L’inventaire D reproduit les premiers mots du deuxième et du dernier feuillet de chacun des volumes qui étaient conservés en 1 380 dans la tour de la librairie. A l’aide de ces indications, nous pouvons constater rigoureusement l’identité des manuscrits qui nous viennent de Charles V et de Charles VI. J’en citerai ici un seul exemple. Sous les nos 2090 à 2092 du fonds français, nous avons un exemplaire de la Vie de saint Denis3, autrefois relié en un volume, aujourd’hui divisé en trois tomes, dont le second feuillet commence par les mots : Nobis in mundi, et le dernier par les mots : Donnant aus loiaus. Si maintenant nous nous reportons à l’article 100 de l’inventaire D, nous y verrons mentionnée : « La vie saint Denis et la vie de quarante-six « autres sains, bien historiés, à chemise de toille à queue, « escript de lettre formée, en françois et latin, commençant « ou ne foillet Nobis ut mundi , et ou derrenier Donnant aus
1. Les nos 1 à 182 se rapportent à la première chambre; les n°‘ 183 à 407, à la deuxième; les n" 408 à 726, à la troisième.
2. Les n“ 727 à 874 s’appliquent au supplément de la troisième chambre, et les n°* 875 à 921 au supplément de la première.
3. Sur cette vie de saint Denis, voir le mémoire que j’ai inséré dans les Notices et extraits des manuscrits , t. XXI, part, n, p. 249-263.
INVENTAIRES DE LA LIBRAIRIE
« royaulx i, à n fermouers d’argent dorez. » On voit avec quelle minutieuse exactitude cette description s’applique au manuscrit dont nous nous occupons, et on n’hésite pas un instant à reconnaître dans ce manuscrit l’exemplaire qu’ont possédé Charles Y et Charles VI . Mais on doit encore faire à ce sujet une autre observation. Le ms. français 2090 à 2092 n’est pas complet; il y manque une dernière partie, dont le texte se trouve dans le manuscrit latin 5286. L’inventaire D prouve que cette lacune existait déjà en 1380, puisqu’à cette époque le dernier feuillet du volume était le même qu’aujourd’hui. Je m’en tiens à cet exemple : il suffit pour montrer le prix des renseignements que nous avons, à puiser dans l’inventaire de 1 il 1 .
En 1413, au moment où Jean Maulin, clerc du roi en la Chambre des comptes, fut nommé garde de la librairie, maître Thomas d’Aunoi et Jean de La Croix, conseillers et maîtres des comptes du roi, furent chargés, avec Jean Le Bègue, notaire et secrétaire du roi, de rédiger un nouvel inventaire de la librairie du Louvre. Les deux premiers commissaires laissèrent à J ean Le Bègue 2 le soin de procéder à cette opération, qui fut commencée le 18 octobre 1413.
Le second inventaire de Jean Le Bègue, que je désignerai par la lettre E, est dressé sur le même plan que le premier. Il renferme 916 articles, auxquels a été ajoutée, sous les cotes 917-971, la liste de cinquante-cinq volumes qui
1. Les deux fautes de lecture wlpour in, et royaulx pour loiaus, se trouvent à la fois dans les inventaires D et E.
2. Voici le texte de deux notes autographes de Jean Le Règue, qui sont dans le registre E : 1° En regard des articles 4-7, relatifs aux quatre volumes dun Miroir historial : « Mémoire que, avant ce que ce présent inventoire feust fait, monseigneur duc de Guienne manda maistre Jehan Maulin et moy, qui avions chascun une clef de ladicte librairie, et nous fist bailler à mons. de Bavière ces quatre volumes de Vincent. Le Bègue. - Soient recouvrez. » (N- 880 de mon édition.) 2“ En regard de l'article 263, relatif aux Miracles Nostre-Dame : « Raditur quia non fuit repertus, licet inde sit oneratus Antlionius de Essartis, per ante custos librorum regis. Le Bègue. (N" 950 de mon édition.)