‹ Recherches sur la librairie de Charles VChapitre 95 sur 219 · Fol. 5 et · texte numérisé non relu

Fol. 5 et

8. Inventaire des livres de Charles V et Charles VI, article 1213.

9. Ms. 2682. Voir le Catalogue de M. Henry Martin, t. III, p. 74 et 75.

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peut-être aussi le Térence de la même bibliothèque1, dont le cadre du frontispice est orné aux quatre angles de bannières d’azur à fleurs de lis d’or, mais dont la devise des banderoles est De bien en mieux.

Cette devise a fait élever des doutes sur l’attribution du Térence à Charles VI2; mais je suis porté à croire que ce roi a bien pu adopter la devise De bien en mieux. Sur un vitrail de la cathédrale d’Évreux, on a relevé, avant la Révolution, les armes royales accompagnées de la lettre K, d’un cerf ailé accolé d’or et d’une devise qu’on lisait En bien3. N’y aurait-il pas là une lecture défectueuse et incomplète de la devise De bien en mieux inscrite sur les enroulements d’une banderole.

Un bel exemplaire des Gesta Romanorum passe encore pour avoir été un livre de Charles VI. Il était dans la collection du bibliophile James Edwards, mort en 1 81 9. Nous le connaissons par l’éloge que Dibdin en a fait dans The bibliographical Decameron4 .

Un compte de l’année 1389 mentionne un livre dont Jean Dodieu, évêque de Senlis, fit présent au Roi5, et le docteur Hamy6 nous a appris, il y a peu d’années, com-

1. Ms. 664. Les miniatures de ce manuscrit sont à la veille d’être publiées en héliogravure par M. Henry Martin.

2. M. Henry Martin, dans une excellente notice qu’il a publiée en 1902 (Bulletin de la Société de l’histoire du théâtre , n° 1, p. 15-42), est porté à croire que le Térence de l’Arsenal n'a jamais appartenu à Charles VI ; il l’appelle le Térence des ducs, parce qu’il a incontestablement appartenu au duc de Guyenne et qu’il a été longtemps, à titre de prêt, entre les mains du duc de Berry. Ce manuscrit peut bien avoir été, à l’origine, destiné au Roi, dont les armes sont peintes sur les bannières du frontispice.

3. J’ai jadis pris cette note sur une pièce qui paraissait provenir du cabinet de Gaignières.

4. T. I, p. cci-coiii, avec la gravure qui fait face à la p. cxcix.

5. « Pour une aune et demie de drap de soye... pour faire couvrir un sautier et un journal pris en la tour de Meleun, et un livre d’enseignement donné au dit seigneur par mons. l’evesque de Senliz. » (Reg. KK20 des Arcb. nat., fol. 80. Note de Douët d’Arcq.)

6. Cresques lo Juhen. Note sur un géographe juif catalan de la fin du

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ment, au mois de novembre 1 381 , D. Juan, duc de Gérone, fils aîné de Pierre Y, roi d’Aragon, fit remettre à Guillaume de Gourci, pour 1 offrir au roi de France, une mappemonde qui était déposée dans les archives de la couronne à Barcelone, et qui était l’œuvre d’un juif nommé Cresques.

En 1 41 0, la librairie du Louvre s’enrichit d’une vingtaine de volumes qui méritaient une place à côté des livres de Charles V : ils avaient été saisis au château de Marcoussis, après la mort de Jean de Montaigu, grand maître de l’hôtel du roi, décapité aux halles de Paris le 1 7 octobre 1 409 b Le duc de Guyenne2 les fit déposer au Louvre par l’entremise de Jean d’Arsonval, son confesseur et maître d’école; Gilles Malet les reçut le 7 janvier 141 03. La Bibliothèque nationale en possède encore deux4, sur lesquels Jean d’Arsonval a mis cette note : « Des livres de Marcoussis, pour « mons. de Guienne, mis au Louvre en garde. »

XIV° siècle. Paris, 1891, in-8°. (Extrait du Bulletin de géographie historique et descriptive, année 1891, n° 3.)

1. La biographie de Jean de Montaigu a été publiée par Lucien Merlet, dans la Bibliothèque de l'École des chartes, 3e série, t. III, p. 248-284.

2. Louis, fils de Charles VI, duc de Guyenne, axait le goût des beaux livres, il a possédé un Térence que le duc de Berry semble avoir voulu s’approprier. Voir plus haut, p. 128, et les Inventaires de Jean, duc de Berry, éd. Guiffrey, t. I, p. 335, n“ 1248, et t. II, p. 301. — Sur les livres du duc de Guyenne, il faut consulter le travail de Léopold Pannier, Les Joyaux du duc de Guyenne. Recherches sur les goûts artistiques et la vie privée du dauphin Louis, fils de Charles VI. Paris, 1874, in-8°, 72 p. (Extrait de la Revue archéologique.)

3. « S’ensuit la declaracion de certains autres livres que monseigneur le duc de Guienne, qui à présent est, a envoiez en la dicte librarie par maistre Jehan d’Arçonval, confesseur et maistre d’escolle du dit monseigneur de Guienne, et lesquelz furent receuz et mis en ladicte librarie par feu messire Giles Malet, en son vivant garde de la dicte librarie, le vu8 jour de janvier l'an mil CCCC et neuf. » Ms. français 2700, fol. 132. La liste de ces livres se trouve à. part dans les inventaires de 1380 (partie supplémentaire), à la fin des inventaires de 1411 et de 1413 (A9U-930, D 922-94), E 900-916). D’autres volumes ayant appartenu à Jean de Montaigu furent recueillis par le duc de Berry. Voir les Inventaires du duc de Berry, éd. Guiffrey, 1. 1, p. 258, n" 972, et t. II, p. 282, n° 1194.

4. Fonds français 174 et 542. — Le ms. français 810 vient aussi de Jean de Montaigu.

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Le 22 mai 1422, on déposa pareillement dans la tour du Louvre deux pontificaux qui s’étaient rencontrés dans la succession de Gérard de Montaigu, évêque de Paris, frère de l’infortuné grand maître1.

Malgré le silence des inventaires, nous savons que la librairie du Louvre contenait un fonds de livres hébraïques dont le noyau s’était formé sous le règne de Charles Y et qui reçut un notable accroissement sous celui de Charles VI.

Le premier de ces rois avait réglé l’emploi qu’il entendait faire de livres confisqués sur les Juifs et déposés au Trésor des chartes. Il en fit prêter quelques-uns à des Juifs établis à Paris, il en déposa d’autres dans la librairie du Louvre et il en mit plusieurs à la disposition de son astronome Thomas de Bologne, le père de Christine de Pisan. Il en fut dressé un état général, au bas duquel le Roi mit sa signature2, pour servir de décharge au garde du Trésor des chartes, Gérard de Montaigu, qui, dans une des préfaces de l’Inventaire du Trésor, a mentionné la remise à la librairie d’un très beau rôle de la loi et de plusieurs autres très beaux livres juifs3.

Une seconde collection de livres hébraïques fut livrée à Gilles Malet vers 1 397 : elle se composait de cent quatorze volumes, de quatre rôles et d’une quantité de cahiers de la Bible ou du Talmud, qu’on avait trouvés, après l’expulsion des Juifs, dans une maison du faubourg Saint-Denis ayant pour enseigne un porcelet4.

L’énumération des pertes que subit la librairie du

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