INTRODUCTION
Le présent travail est la suite d’une étude sur quelques yeux réduits, publiée dans ce Bulletin en 1932. Pour étendre ces recherches, il m’a paru nécessaire en premier lieu d'observer plus complètement la morphogénèse des organes visuels. Ainsi, le désir de mieux interpréter les cas d’atrophie m'a conduit vers une descripüon nouvelle des yeux normaux : leur développement et leur croissance montrent d’ailleurs en eux-même quelque intérêt biologique.
Tout en me limitant à l'œil composé proprement dit ('), j'ai trouvé profitable de m'adresser à des groupes relativement variés parmi les Arthropodes. Peu de questions, en effet, restent aussi éparses que celles des organes sensoriels. La plupart du temps, chaque auteur n’a décrit qu’un groupe restreint, parfois même une seule espèce, sans avoir toujours connaissance de l’embryologie normale des parties étudiées. Aussi, toute la structure des yeux réduits, si souvent invoquée par les théoriciens de l’évolution, mérite-t-elle un examen d’ensemble : à une nouvelle monographie spéciale, j’ai préféré une comparaison étendue, plutôt anatomique que cytologique. -
Suivant un principe bien naturel, je donnerai une place plus large aux phénomènes les moins examinés jusqu'ici : par exemple, la croissance sera longuement décrite. Les notions quantitatives, indispensables quand il s’agit de comparer des organes entre eux, prendront une certaine importance à cause des facilités de mesure offertes par l'œil à facettes. D'autre part, les groupes zoologiques peu abordés au point de vue des yeux (Orthoptères, Fourmis, Téné-
(:) On trouvera p. 15 une définition de l’œil composé. J’aborderai surtout ici la structure des ommatidies, réservant pour un prochain travail celle des ganglions nerveux. La description précise de ces derniers exigerait des techniques peu compatibles avec la difficulté histologique et la rareté habituelle des Arthropodes à yeux dégénérés : seules des indications sommaires sur la taille et le nombre des parties internes pourront être fournies.
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brionides) ont retenu mon attention aux dépens d’autres Arthropodes tels que les Crustacés et les Lépidoptères, dont la bibliographie est déjà touffue.
Cette étude comprend trois parties. Après un bref rappel de nos connaissances sur les yeux composés, un premier chapitre concerne leur développement. La croissance détaillée des cellules et de l’ensemble des ommatidies fait l’objet des pages suivantes. Ensuite vient une révision des yeux réduits : l'examen d’une vingtaine d'exemples nouveaux, complété par celui des espèces déjà décrites, permet d'énoncer quelques règles générales à propos des modalités anatomiques actuellement connues.
Dans les laboratoires successifs où s’est poursuivi ce travail, j'ai reçu de précieux encouragements. Je tiens à remercier tout d’abord MM. les professeurs L. BLariNGHeM et L. FAGE, qui m'ont permis d’effectuer, avec la sécurité d’un poste d’assistant, des recherches éloignées de ma spécialité officielle.
Poussé d’abord par une simple curiosité de naturaliste, J'avais commencé l'étude des yeux réduits sur les indications de M. lé professeur M. Prenant. La tendance de mon travail a changé sous l'influence de mon ami Georges Teissier, dont les méthodes quantitatives seront utilisées ici à maintes reprises : je lui dois une gratitude particulière pour ses conseils.
Le docteur Rocnon-Duvieneaup m'a fourni diverses références bibliographiques, et ses propres recherches sur les yeux des Vertébrés ont constitué pour moi un exemple profitable. Il m’est agréable de remercier aussi MM. les professeurs O. Dusoscg et Ch. Pérez, à qui je dois tant pour ma formation dezoologiste.
Des exemplaires d’Arthropodes intéressants me sont parvenus grâce à Mile Cousin, MM. P. Grassé et P. Vayssrère. Je leur en suis reconnaissant, ainsi qu’à mon ami Jean MarriN pour son aide dans la recherche des Insectes cavernicoles. Pour les nombreux dessins et mesures exécutés en vue de ce mémoire, j'ai bénéficié de laide de Miles A. Mizzon, M. Naceorte, et du docteur “M. Lominsxr.
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