‹ Recherches sur la polarisation de la lumière des planètes et de quelques substances terrestresChapitre 21 sur 96 · CAUSES DIVERSES D'ERREUR · texte numérisé non relu

CAUSES DIVERSES D'ERREUR

Polarisalion marginale. — La biréfringence des objectifs, que nous venons d'étudier à propos des instruments, n'est pas la seule cause d'erreur. En exami-

(1) Le rapport d'ouverture du grand miroir étant F/3,5, l’angle d'incidence des rayons aux bords

est de soit 405’. Au bord du petit miroir il est un peu plus petit.

nant, avec un réfracteur, le bord de la Lune ou d’une planète, j'ai souvent constaté l’existence, au bord extrême, d'une polarisation. Celle-ci peut être observée facilement avec le polarimètre que j'ai établi ou même simplement avec un polariscope de Savart à franges fines. Les franges de ce dernier appareil, invisibles sur le disque, apparaissent au bord sur une largeur généralement inférieure à une seconde : elles disparaissent lorsque leur direction fait avec le bord un angle voisin de 45 degrés.

J'ai étudié ces phénomènes en observant la Lune lorsque sa polarisation est faible, avec le polarimètre orienté à 45° du plan de polarisation de la surface lunaire. Les phénomènes sont les suivants :

La polarisation marginale s'étend sur une largeur qui dépasse rarement une seconde ;

Elle atteint quelquefois 20 millièmes ;

Elle ne paraît pas dépendre de l'ouverture de l’instrument ;

Elle varie, au contraire, beaucoup avec la mise au point ;

A l’intérieur du foyer, le plan de polarisation est normal au bord ;

A l'extérieur du foyer, ce plan est tangent au bord ;

Au foyer même, si l'on a soin de supprimer le spectre secondaire de l'objectif avec un écran approprié, cette polarisation disparaît ;

Si l'on enlève l’écran, les franges apparaissent dans le liseré violet qui borde le disque. Le plan de Ia polarisation est alors normal au bord.

Ce phénomène est ,évidemment, de nature instrumentale, mais je n’ai pu Jusqu'ici en trouver aucune explication.

Pour éviter cette cause d'erreur, lorsque j'utilisais un réfracteur, j'ai toujours eu soin de supprimer le spectre secondaire avec un écran approprié (1) et de faire une mise au point précise; dans ces conditions, aucune polarisation marginale

n'apparaissait, quelle que soit l’agitation des images.

Polarisalion almosphérique. — Notre atmosphère est incapable de polariser la lumière des astres par réfraction, puisqu'elle ne donne naissance à aucun rayon réfléchi. Par contre elle peut, comme l’a découvert H. Becquerel, faire tourner son plan de polarisation. Cette rotation, maximum dans le méridien magnétique,

atteint seulement 45’ à 5° de l'horizon. Mes observations étant presque toujours faites à une plus grande hauteur, je n’ai pas tenu compte de ce phénomène.

() Ces écrans étaient formés d’une lame de gélatine collée au baume de Canada entre deux glaces minces. et contenant une forte proportion de tartrazine, ainsi qu’une très petite quantité de vert naphtol. La proportion de ces deux colorants était réglée suivant l’achromatisme de l'objectif utilisé : la tartrazine enlève complètement le violet et l'extrémité du bleu ; le vert naphtol affaiblit l'extrême rouge. Ces écrans absorbent très peu de lumière.

Lorsque notre atmosphère n’est pas éclairée, elle n’altère donc pas sensiblement la polarisation des astres.

Le jour, il en est tout autrement : la brillance de l’atmosphère, comparable à celle des planètes et sa polarisation très supérieure semblent, a priori, rendre les mesures diurnes impossibles. En effet, la lumière atmosphérique, se confondant avec celle que l’on étudie, fausse complètement les résultats.

D'autre part, les planètes Mercure et Vénus accomplissent une grande partie de leurs phases dans des directions trop voisines de celle du Soleil pour qu'il soit possible de les observer la nuit. J'ai donc été amené à rechercher un procédé permettant d'éliminer l'influence gênante de notre atmosphère. Voici les solu-

tions qui m'ont paru les meilleures.

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