OBSERVATIONS EFFECTUÉES
J'ai profité de deux périodes favorables pour observer Mercure, la nuit, avec la grande lunette de Meudon.
19 Du 16 au 29 mai 1922, cinq observations ont été faites par un ciel régulièrement beau et transparent jusqu’à une faible distance de l'horizon.
20 Du 7 au 24 avril 1924, le temps, beau vers le début, a été troublé vers la fin par de violentes averses suivies d’éclaircies qui découvraient un ciel d'une transparence remarquable. En pointant la lunette avec les cercles à l'heure du coucher du Soleil, j'ai pu utiliser de courtes éclaircies pour faire un nombre suffisant de lectures.
J’ai eu soin de déterminer, comme pour la Lune, par des mesures préliminaires, l'instant où la lumière du ciel était devenue assez faible pour ne plus influencer les résultats.
La faible hauteur de Mercure obligeait l'observateur à s'élever très haut dans la coupole, dans des positions fortin commodes. Les images étaient, en général, extrêmement bouillonnantes et la dispersion atmosphérique étalait la planète en un petit spectre. Malgré cela, les franges apparaissaient aisément sur la tache lumineuse et les mesures donnaient la polarisation générale, à 2 ou 3 millièmes près. Par contre, l'étude séparée des diverses régions était impossible. Le grossissement employé était, en général, de 550, quelquefois de 350, lorsque l’absorption atmosphérique était forte.
J'ai fait également une série diurne d'observations, du 1° au 20 août 1923, avec la lunette de 175 millimètres, en compensant la polarisation atmosphérique grâce au dispositif décrit page 28. Au cours des quatre dernières observations, Mercure était très pâle et la polarisation atmosphérique variait rapidement, ce qui obligeait à refaire constamment la compensation et rendait les mesures très difficiles. Les cinq premiers résultats de cette série sont incertains et les quatre
derniers sont entièrement à rejeter.