‹ Recherches sur la polarisation de la lumière des planètes et de quelques substances terrestresChapitre 42 sur 96 · RL EN · texte numérisé non relu

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OO tandis que sur les terres telles que Hellas, Aeria et Edom, le polarimètre n’accusait que 10 millièmes.

Des polarisations fortes ont été trouvées, à plusieurs reprises, sur la mer des Sirènes. Le 8 juillet 1924, sous un angle de 3251’, sa polarisation était de 13 millièmes, supérieure de 4 millièmes à la moyenne des régions centrales. Le 29 juin 1926, elle était de 6,7 millièmes, supérieure de 2 millièmes à la moyenne.

Rappelons, à titre de comparaison, que sur la Lune, pour l’angle de 42°, la différence des mers et des terres est, en moyenne, de 21 millièmes et qu'elle s'élève, entre les terres, jusqu'à 5 millièmes. D'ailleurs, sur Mars, lès différences d’albédo

sont beaucoup moins marquées que sur la Lune,

Calolle polaire australe. — Il est difficile d'étudier la polarisation des calottes polaires de Mars : lorsqu'elles présentent leur plus grand développement, nous les voyons très obliquement, tandis qu'aux époques où le pôle observé s incline fortement vers la Terre, l'été martien est proche et la tache blanche a déjà perdu beaucoup de son étendue.

J'ai obtenu cependant quelques résultats certains sur la calotte australe, principalement en juillet 1922 et d'avril à juillet 1924, pendant le printemps de l'hémisphère austral. Sa polarisation s’est montrée très variable ; parfois, elle semblait la même que sur le reste de la planète, parfois, au contraire, elle était beaucoup plus forte. En 1922, elle était de 30 millièmes pour les angles de vision de 29° et 32% ; en 1924, elle parut atteindre 68 millièmes vers la quadrature, tandis qu’en 1926, elle est restée voisine de celle du centre. r

La calotte boréale semble subir des variations analogues, d’après les mesures de 1922.

Terminalcur el limbe. — Les bords de la planète, à l'Est et à l'Ouest, ont donné des résultats aussi irréguliers que les calottes polaires, Le terminateur et le limbe se sont montrés tantôt plus, tantôt moins polarisés que le centre, avec des écarts souvent inverses,

La différence entre le terminateur et le centre variait de — 13 à + 10 millièmes. Pour le limbe, elle était comprise entre — 10 et + 16 millièmes.

Ces changements ne sont pas dus à la rotation de Mars différences de sens contraire pour les mêmes longitudes du centre, Ils ne sont

pas liés non plus aux variations de l'angle de vision, Je chercherai plus loin à les expliquer,

car j'ai observé des

Nébulosilés diverses. — En 1922 et jusqu’en septembre 1924, les seules formations nuageuses observées ont été des blancheurs, visibles seulement près des

bords, soit parce que l’obliquité des rayons en ces points les rend plus opaques,

rire

soit parce que la chaleur solaire atténuée leur permet alors seulement de prendre naissance.

Celles qui apparaissent aux faibles latitudes étaient, en général, pâles et diffuses et possédaient une polarisation inférieure à celle du centre.

Celles qui se formaient aux latitudes élevées se montraient étroites et brillantes el possédaient quelquefois, au bord extrême, sur une largeur inférieure à une demiseconde, des polarisations tantôt très supérieures à celle du centre, tantôt très inférieures.

Entre le 8 et le 19 décembre 1924, comme nous l'avons dit précédemment, la planète s’est recouverte entièrement de voiles jaunâtres. Ceux-ci étaient complètement opaques dans l’hémisphère Nord et s’éclaircissaient vers le Sud.

La polarisation était loin d’être uniforme. En particulier, le 22 décembre, elle atteignait 27 millièmes au pôle austral, tandis qu’au pôle boréal elle était inverse et d'environ 4 millièmes. Cette inégalité s’atténua les jours suivants et la polarisation devint nulle sur des blancheurs recouvrant le pôle austral, s’élevant à 25 millièmes sur une blancheur visible près du pôle boréal.

Le 18 janvier, le temps s'était beaucoup éclairci sur Mars et la polarisation était bien plus uniforme. Des formations blanches continuaient cependant à apparaître près des bords accusant :

Le 23 janvier, 4 millièmes au pôle austral et 29 millièmes au pôle boréal ;

Le 17 février, + 4 millièmes au limbe, dans l'hémisphère Sud.

Ces observations montrent que les blancheurs ont une constitution différente des voiles jaunâtres ; elles doivent flotter dans l'atmosphère de Mars à un niveau plus élevé, puisqu'elles sont restées visibles pendant la grande perturbation atmosphérique.

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