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A cette date, l'angle de vision était de 79229’ et la polarisation se montrait
très uniforme sur toute la planète.
Cornes, plan de polarisalion. — Le 21 avril, sous un angle de 89 degrés, les choses avaient changé. Le plan de polarisation qui, dans toute la partie la plus large du croissant, était normal au plan passant par le Soleil, c’est-à-dire parallèle à la ligne des cornes, tournait, vers les pointes, en sens inverse du rayon de la planète, La déviation paraissait maximum à une distance des extrémités un peu inférieure au quart du rayon de Vénus, un peu plus près du limbe que du terminateur. Elle garda une valeur sensiblement constante; de 5° environ, Jusqu'au Q juin (V -- 157093’). A partir de cette date, la faiblesse de la polarisation, puis la lumière du jour m'empêchèrent de continuer les mesures d’azimut.
Rien de semblable n’a lieu pour la Lune dont le plan de polarisation est cons-
tant, à moins d’un demi-degré près.
Cornes, proporlion de lumière polarisée. — Cette déviation dans les cornes s’accompagna d'altérations de la proportion de lumière polarisée.
Le 20 avril, la polarisation était devenue beaucoup plus négative dans les cornes qu'au centre ; il en fut de même jusqu’au 5 juin. Elle diminuait en valeur algébrique, régulièrement, à partir d’une distance du centre égale, environ, au quart du rayon de Vénus, pour atteindre son minimum près des pointes.
Cette différence, mesurée à un demi-rayon des pointes, n’était généralement pas la même au Nord et au Sud et paraissait osciller irrégulièrement entre — 2 et — 8 millièmes ; à la pointe nord, elle atteignit — 13 millièmes. Le 5 juin, les cornes étaient presque égales au centre ; le 9 juin, la différence avait changé de signe.
Limbe el lerminaleur. — Pendant cette période, la polarisation s’est montrée moins forte, en valeur algébrique, au terminateur qu’au limbe.
Elle variait lentement, près du limbe; au terminateur, la chute s’accentuait et devenait quelquefois assez considérable. Le 26 mai, notamment, la différence des deux bords du croissant atteignit 14 millièmes.
La polarisation $'inversa d’abord au limbe, un peu avant le 15 juin, puis au terminateur, assez longtemps après ; si bien que, pendant plusieurs jours, les deux bords du croissant furent polarisés en sens inverse.
Le 23 juin, en particulier, ce fait s’est manifesté d’une manière très curieuse : le polariscope était orienté de telle façon que les franges traversaient normalement le milieu du croissant et la polarisation atmosphérique était annulée, au moyen de la pile de glaces. En plaçant les deux lames du polarimètre normale-
ment à l’axe de la lunette, j'ai vu les franges disparaître et le croissant devenir
sinueux. Sa largeur n’excédait pas alors 1”,5 et son aspect était celui de la figure 13.
Ce phénomène était dû à la présence de deux systèmes de franges complémentaires qui renforçaient alternativement le limbe et le terminateur. Cet aspect
Hors Apparence présentée par Vénus, à travers le polarimètre, les 23 et 24 juin 1924.
persista le lendemain, puis disparut, sans doute parce que la largeur du croissant devenait inférieure au pouvoir séparateur de la lunette.
Malgré sa finesse qui augmenta vraisemblablement encore beaucoup jusqu'à la conjonction inférieure, le croissant resta bien visible, dans un ciel très lumineux. Sa brillance devait donc aller en augmentant, à l'inverse de ce qui se pro-
duit pour la Lune.
Jupiter.
Conditions d'observation. — En raison de sa grande distance au Soleil, Jupiter nous apparaît toujours éclairé à peu près de face. On sait, d’ailleurs, que ses phases se bornent à une ombre obscurcissant légèrement soit l’un, soit l'autre de ses bords.
L’angle de vision atteint son maximum aux quadratures où il ne dépasse jamais 11052 ; aux oppositions, il descend toujours au-dessous de 0017", grâce à la faible inclinaison de l'orbite. Nous pouvons donc connaître seulement une très courte portion de la courbe de polarisation, décrite deux fois en sens inverse, de la qua-
drature Ouest à la quadrature Est.
Jupiter tourne autour d’un axe presque normal au plan de l’écliptique, aussi voyons-nous ses pôles toujours très obliquement ; en revanche, les observations sont facilitées par son diamètre apparent toujours très élevé (37° aux quadratures) et par son grand éclat qui équivaut à celui de Mars aux oppositions périhéliques. Une lunette de 175 millimètres d'ouverture suffit pour étudier séparément ses principaux détails.
J'ai commencé les mesures en 1922 ; depuis cette époque, la déclinaison de Jupiter est restée très australe ; sa hauteur maximum au-dessus de l'horizon de Meudon était de 37 à l'opposition de 1922, elle s’est abaissée à 19° en 1924 eten 1925, pour atteindre à nouveau 260 en 1926.
Le pôle austral de Jupiter est resté légèrement incliné vers la Terre pendant la série des observations ; la latitude du centre, maximum au début, varia ensuite
de — 39 à o°.
RÉGIONS CENTRALES
Les premières mesures ont montré, vers le centre de Jupiter, une polarisation très uniforme qui paraissait varier régulièrement, comme celle des planètes déjà étudiées, avec la direction des rayons incidents. Vers les pôles, au contraire, la polarisation semblait obéir à des lois très différentes. C’est pourquoi, au lieu d’effectuer des mesures sur la lumière générale de Jupiter, j'ai préféré étudier la polarisation moyenne d’une plage occupant le centre de son disque et couvrant environ la moitié du diamètre polaire. |
En 1922, j'ai commencé les mesures le 15 mai, longtemps après l’opposition ; l'angle de vision était déjà de 7030’. Elles ont donné, pour le centre, un plan de polarisation sensiblement normal au plan passant par le Soleil. Les proportions de lumière polarisée trouvées ont été portées sur le tableau IX. La polarisation négative, voisine de zéro au début, atteignit rapidement — 6 millièmes, pour rester ensuite à peu près constante pendant le mois de juin.
En 1925, les mesures ont été plus fréquentes; elles sont représentées par les points de la figure 15. La polarisation, positive et très faible au début, s’inversa, vingt-cinq jours environ après l’opposition, pour atteindre — 5,5 millièmes à la quadrature.
En 1924, comme le montre la figure 16, la polarisation, négative au début, devint rigoureusement nulle à l'opposition, pendant une quinzaine de jours, pour descendre jusqu’à — 6 millièmes, un peu avant la quadrature.
Jupiter : Proportion de lumière polarisée des régions équatoriales.
Date et heure
1922 15 mai 22h
1€T juin 22
on: 21 18 2T D9 23
28 juill. 21
10 août 21 1923 23 avril 20 1€ mai 22
1€T juin 22