CALOTTE POLAIRE NORD
J'ai suivi la calotte polaire Nord de Saturne, avec la grande lunette, de 1924 à 1927, pendant chaque opposition.
Le 18 avril 1924, Saturne passait en opposition et la polarisat'on des régions centrales était presque insensible. Sur les régions voisines du pôle Nord, elle était,
au contraire, très forte, son plan semblait parallèle au grand axe de l’anneau.
Plan de polarisalion. — Les mesures effectuées les jours suivants ont montré que le plan de polarisation ne dépendait pas de la direction du Soleil :
. Suivant le méridien central, il était, à deux degrés près, perpendiculaire à l'axe de Saturne.
En s’écartant de celui-ci de part eb d'autre, 1l tournait de manière à rester, en chaque point, à peu près parallèle à la portion du bord la plus voisine,
Des mesures faites près du bord, le 3 mai 1924, à 300 à l'Est et à l'Ouest du méridien central, ont donné des déviations de 219 et de 30°. Le 4 mai 1925, les déviations correspondantes, relevées à 200 du méridien, ont été respectivement de 17° et 180, Ces phénomènes sont tout à fait semblables à ceux que présente Jupiter.
Llendue des régions inléressées el proportion de lumière polarisée. — L'ensemble des observat'ons est résumé par le tableau XII. En 1924, les 20 et 21 avril, la polarisation atteignait 25 millièmes au pôle, restait sensiblement constante entre celui-ci et le bord Nord et décroissait, au contraire, à peu près linéairement vers le Sud, pour devenir égale à celle du centre, à une distance du bord Nord correspondant à 28 centièmes du diamètre polaire, soit à la latitude 42. |
Les régions de polarisation anormale débordaient très largement la calotte sombre qui occupait les latitudes supérieures au 68° degré environ,
Il en était encore de même le 3 mai. Au contraire, à partir du 10 mai, la polarisation anormale fut réduite à cette calotte ; son étendue diminua encore le 9 juin, si bien qu’à la fin des observations, elle occupait seulement q à 10 centièmes du diamètre, soit les latitudes supérieures au 70€ degré.
En même temps, la polarisation avait diminué, son maximum oscillait entre 19 et 20 millièmes.
En 1925, le 21 avril, reprenant les mesures, je fus surpris de trouver la polarisation anormale à nouveau très étendue et aussi forte qu'en avril 1924. Elle occupait 51 cenlièmes du diamètre polaire et descendait jusqu'à la latitude 40. Il en fut de même jusqu'au 50 juin, fin des observations, tandis que la calotte sombre conservait sa dimension d avril 1924.
La proportion de lumière polarisée, de 25 à 30 millièmes près du pôle, restait constante sur 6 à 8 centièmes du diamètre. polaire, puis diminuait régulièrement.
En 1926, du 13 mai au 7 août, la polarisation anormale resta, au contraire, limitée aux 16 centièmes du diamètre, soit à la latitude 65, sauf le 31 mai, où elle descendit jusqu'au 58° degré.
La tache sombre, plus réduite que l’année précédente, n'atteignait que le 83e degré.
La proportion de lumière polarisée n’était plus que de 5 à 10 millièmes, en moyenne, et de 14 millièmes au bord.
En 1927, la polarisation anormale avait encore diminué, dépassant à peine la calotte grise, elle couvrait moins de 11 centièmes du diamètre, soit les latitudes supérieures au 80€ degré. Elle se développa un peu à la fin du mois, pour atteindre le 70€ degré, le 4 juillet.
La proportion de lumière polarisée était très variable, sa valeur moyenne allait de 3 à 10 millièmes.
Les régions polaires Nord de Saturne présentent donc des phénomènes tout à fait semblables à ceux que j'ai décrits sur Jupiter, mais beaucoup moins constants : leur étendue et leur intensité subissent des variations parallèles: très
importantes.