ETAT ACTUEL DE LA QUESTION
Les travaux qui sont résumés dans ce chapitre montrent que les substances
que nous avons, en général, sous les yeux donnent naissance à des polarisations
() Mie, Annalen der Physik, 1908, vol. 5, p. DE (©) W. SaouLeskiN, Philosophical Magazine, 48, 1924, p. 907 4 320,
très diverses. Nous allons voir que, malgré tout l'intérêt qu'ils présentent, ils ne sont souvent, ni assez complets, ni assez précis pour permettre d'expliquer les résultats obtenus sur les planètes.
En effet, les mesures effectuées sur les solides ont montré l influence de leur degré de poli et de leur pouvoir absorbant sur leur polarisation, au voisinage du maximum. Par contre, elles n’ont pas porté sur la lumière diffusée dans les directions voisines de la source, Aucune inversion analogue à celles que présentent la Lune et Mars n’a été signalée.
Les mesures faites sur les minéraux ont été effectuées, en général, sur des roches polarisant la lumière plus fortement que ne le font les planètes, aucune des courbes obtenues n’est comparable à celle des planètes et, enfin, la précision des résultats ne dépasse pas 1 p. 100, ce qui est insuffisant.
Les observations de gouttelettes, en particulier celles de Soret, mettent bien en évidence l'influence capitale de la grosseur des gouttes, conséquence de la diffraction. Elles montrent l’existence de points d’inversion analogues à ceux de Vénus; mais les résultats obtenus diffèrent encore beaucoup trop de ceux que cette planète a donnés, pour qu’il soit possible de conclure.
Soret a remarqué que les résultats dépendent, en partie, de l'épaisseur du nuage ; mais cette influence demande à être précisée.
Pour expliquer la forme de la courbe de polarisation de Vénus, il faudrait une étude plus complète, portant sur des exemples très variés.
Dans ces conditions, il m'a semblé nécessaire de faire, sur des substances diverses, des mesures ayant une précision égale à celle des observations astronomiques et en nombre suffisant pour permettre de construire une courbe complète, dans chacun des cas étudiés.
Il fallait choisir parmi des substances en nombre considérable, pouvant être étudiées dans les états physiques les plus variés : poudres à divers degrés de finesse, solides à divers degrés de poli, etc.
Espérant recueillir quelques renseignements généraux destinés à guider ces recherches, j'ai d’abord étudié des poudres de verre ou desels métalliques, choisies de manière à mettre en évidence l'influence de l'indice des grains, de leur forme et, s’il y a lieu, de leur absorption ou de leur biréfringence.
Mes mesures ont porté, ensuite, sur des minéraux naturels, soit taillés sous forme d'échantillons présentant une cassure rugueuse, soit pulvérisés, en orientant le choix, de préférence vers ceux qui paraissaient donner des polarisations analogues à celles de la Lune et de Mars. J'ai examiné également des milieux troubles. limités à des nuages de gouttelettes d’eau et à quelques brouillards de
glace qui sont les plus fréquents dans la nature.