‹ Recherches sur la polarisation de la lumière des planètes et de quelques substances terrestresChapitre 75 sur 96 · ROCHES IGNÉES · texte numérisé non relu

ROCHES IGNÉES

Toutes ces courbes étant assez éloignées de celles de la Lune et de Mars, j ai dirigé mes recherches surtout sur les roches ignées et principalement sur les

roches éruptives dont l'existence parait plus probable sur notre satellite.

Roches présentant la réflexion métallique. — La figure 38 donne les courbes €, D, E, obtenues sur trois minerais pulvérisés : de l’oxyde de fer magnétique, de la pyrite de fer et de la galène.

Elles ont, toutes trois, un maximum très élevé entre 1/00 et 1450.

La courbe de la pyrite est confondue avec l’axe des abscisses entre 0° eb 120.

Celle de l’'oxyde de fer magnétique présente une très légère branche négative.

Celle de la galène offre, au contraire, une branche négative très importante.

Granils el porphyres. — Ces substances ont été étudiées sous forme d'échantillons tournants.

Les courbes À et B (fig. 57) sont relatives à un porphyre bleu-vert foncé, d'albédo 0,10 et à un porphyre gris, à grains rouges, d’albédo 0,15. La courbe B (fig. 59) correspond à un granit blanc, à grains gris, d’albédo 0,14.

Nous remarquons, sur toutes trois, une faible branche négative dont le minimum semble être atteint pour un angle inférieur à 2 degrés.

Basalle, — Un échantillon tournant de basalte a donné les mêmes résultats (courbe A fig. 39).

Grès quarlzeux. — Un échantillon tournant de grès formé de grains de quartz soudés, d’albédo 0,34, a donné la courbe D, figure 59, qui présente une forme voisine de celle du kaolin (C, fig. 56), mais avec une polarisation négative presque insensible,

Cette courbe ressemble également beaucoup à celle des sels pulvérisés dont le minéral possède d’ailleurs la constitution. Son maximum a lieu pour un angle

plus petit, sans doute parce que le pouvoir absorbant est plus important.

Grès rouge. — Sur un échantillon tournant de grès rouge, courbe C (fig. 39), les hénomènes sont très diffé “or isati éoativ : De P sont très différents : forte polarisation négative, avec un minimum

très net vers 70 à 8, inversion à 17 et forte polarisation positive, atteignant un maximum de 515 millièmes pour 130,

Au voisinage de ce maximum, la polarisation varie beaucoup avec la couleur de la lumière : elle est, comme on devait s’y attendre, plus forte pour les radia-

tions les plus absorbées.

Laves. — J'ai étudié un échantillon de lave de Volvic et sept échantillons de lave du Vésuve (1). Tous étaient orientés de manière à présenter une cassure normale à la bissectrice du rayon incident et du rayon diffusé vers le polarimètre. [ls ont donné des résultats assez variés, comme on peut en juger sur les courbes des figures 40 et 41. Ces courbes correspondent à des laves dont les albédos vont en décroissant.

D'une manière générale, lorsque l’albédo diminue, la polarisation maximum tend à augmenter.

La porosité paraît jouer un rôle important sur la forme de la courbe :

Les laves très poreuses ont, en général, leur maximum de polarisation relativement faible et un peu déplacé vers les petits angles de vision. Leur branche négative est, par contre, toujours plus développée.

Les laves très vitrifiées ont, au contraire, une polarisation positive relativement forte et une branche négative peu accusée ou même quelquefois inexistante.

Il semble bien que, plus la lave est poreuse, plus la branche négative est développée et plus l’abscisse du minimum et celle du point d inversion sont élevées.

Il est intéressant de vérifier ces propriétés sur des laves pulvérisées. Les courbes A’, B’ et C’, figure 40, sont relatives aux échantillons À, B, C, réduits à létat de poudre fine (grains dé omm-1 à-omm 2)

Pour tous les trois, la polarisation négative a augmenté ainsi que l'angle d inversion et l’abscisse du maximum a diminué. La polarisation maximum est accrue pour la lave À qui était très poreuse, tandis qu’elle est considérablement réduite pour les laves B et €.

Ces changements ne sont pas dus uniquement à des variations de teintes, car la pulvérisation a augmenté l’albédo des laves B et C, tandis qu'elle a diminué celui de la lave A : ils tiennent, en grande partie, à des modifications de la poro-

sité.

Cendres volcaniques. — J'ai étudié un grand nombre de cendres volcaniques rejetées par le Vésuve au cours des pluies de 1872, 1906 et 1908.

(1) Ces échantillons de laves, ainsi que les échantillons de cendres volcaniques qui seront étudies plus loin, m'ont été offerts par M. Malladra, directeur de l'Observatoire du Vésuve, à qui je tiens

à exprimer toute ma reconnaissance.

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