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NUAGES

La portion connue de la courbe de polarisation de Jupiter étant très courte, il est difficile de préciser la nature des bandes nuageuses dont la planète se trouve entourée, Notons, cependant, que cette courbe représente des polarisations très faibles et différentes de celles des brouillards étudiés.

De nouvelles expériences seraient nécessaires ; elles devraient porter, principalement, sur des brouillards formés de cristaux de glace dont on ferait varier le diamètre.

Nous avons vu, page 76, que la polarisation des deux bords équatoriaux de Jupiter diffère systématiquement et qu’elle est toujours plus forte en valeur algébrique au bord Est qu'au bord Ouest, Ce phénomène ne semble pouvoir être attribué qu’à une influence de rayonnement solaire sur la couche nuageuse supérieure de Jupiter. L’altitude ou la transparence de celle-ci se modifierait pendant la journée.

ATMOSPHÈRE

L’accroissement de polarisation observé aux bords équatoriaux de Jupiter semble, au premier abord, indiquer la présence d’une atmosphère épaisse audessus des nuages.

Pour produire ce phénomène malgré la faiblesse de l'angle de vision, l’atmosphère considérée devrait avoir un pouvoir diffusant très élevé, analogue à celui de l'atmosphère terrestre par beau Lemps. La lumière provenant des bords de Jupiter serait alors fortement polarisée dans un plan parallèle à ces bords, par un mécanisme analogue à celui qui donne naissance aux points neutres et à la polarisation horizontale que l’on observe sur notre globe, dans la direction opposée au Soleil.

Dans les régions équatoriales de Jupiter, il n’en est pas ainsi, puisque le plan de polarisation des bords Est et Ouest est toujours à peu près normal à ces bords et que leur proportion de lumière polarisée s’annule à l'opposition. Les bandes nuageuses ne sont donc pas entourées d’une atmosphère épaisse. L’accroissement de polarisation observé doit tenir à d’autres causes ; citons, par exemple, la diminution de transparence des couches nuageuses lorsqu'on les observe très obliquement.

Les curieuses polarisations que présentent les calottes polaires s’accorderaient, au contraire, très bien avec la présence, au-dessous des nuages, d'une atmosphère

épaisse ou fortement diffusante, Leur lumière, souvent bleutée, proviendrait, en crande partie, de cette atmosphère et sa polarisation, dans un plan parallèle au bord, serait produite par le mécanisme indiqué plus haut. L’atmosphère serait voilée progressivement vers l'équateur, ce qui occasionnerait la décroissance observée de la polarisation.

Dans cette hypothèse, la polarisation des calottes devrait augmenter vers la quadrature, car il s’y ajoute celle des rayons directement diffusés. L’augmentation produite pour l'angle de vision de 11040’ serait de 21 millièmes, si toute la lumière des calottes provenait des rayons solaires directs diffusés seulement par l'atmosphère. ,

Il n’en est pas ainsi, par suite des diffusions multiples et des brumes qui voilent progressivement les calottes vers l'équateur. C’est vers le pôle que l'influence de l'angle de vision est.le plus sensible : il es& peu probable qu'elle atteigne la moitié du chiffre calculé, soit 10 millièmes.

Dans ces conditions, il paraît difficile de constater cette influence, à cause des variations irrégulières que subit l’état des calottes polaires. L'ensemble des observations est plutôt favorable à notre hypothèse, sans permettre cependant de la confirmer.

Saturne.

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