SUR
, LA POPULATION, LES NAISSANCES, LES DÉCÈS, LES PRISONS, LES DÉPOTS DE MENDICITÉ , ETC.,
DANS
Cer ouvrage renferme l’ensemble desrecherches que j'ai insérées successivement dans les volumes 3 et 4 . des nouveaux Mémoires de l'Académie Royale de Bru-
xelles. Quelques nouveaux matériaux que j'ai eu occasion de me procurer, rendront mon travail moins . incomplet. Je ne regretterai pas les peines que je me * suis données pour réuuir et discuter tous ces documens, s'ils peuvent inspirer à d’autres le gout.et la patience nécessaires, pour donner plus d'extension à * cet essai sur un sujet que nous avons trop long-temps négligé et qui mérite cependant toute notre attention. PTe m'occuperai d'abord de l’état de la population ,
dans notre Royaume ; je passerai ensuite à ce qui coni cerne les naissances et les décès, et j’exposerai les va-
riations singulières qu'ils nent subir pendant le * cours de l’année et même aux différens instans du jour. Cette recherche me donnera l’occasion de citer
quelques faits curieux résultant d'observations nouvel-
. lement faites. J'ai réuni à la table de Kerseboom, la
seule que l’on eût jusque dans ces derniers temps pour |
notre Royaume, trois autres tables de mortalité, que l’on ne verra peut-être pas sans intérêt, aujourd'hui qu'on s'occupe particulièrement des sociétés d'assurance sur la vie. Enfin, j'ai puisé dans des Mémoires manuscrits qui m'ont été communiqués par M. le baron De Keverberg, des détails intéressans sur les enfans trouvés. et sur les détenus dans les dépôts de mendicité et dans les prisons du Royaume. Je le répète, je m'estimerai fort heureux, si ces nouvelles recherches peuvent engager des amis des sciences à en faire d'autres de leur côté , et à les multiplier de manière à donner aux aperçus que je présente, cette précision qui, seule, peut leur assurer un caractère d'utilité générale {t).
Population du Royaume.
D’après des renseignemens officiels , on estimait, qu’au 1+ janvier 1825, la population du Royaume des Pays-Bas et du grand-duché de Luxembourg, s'élevait à 5,992,666 âmes. Cette estimation était basée sur deux recensemens partiels , faits antérieurement, l’un sous le gouvernement impérial, et l’autre vers le commencement du gouvernement actuel. On s’est borné: depuis, pour avoir la population au commencement de
(1) Le gouvernement, encreant une commission de statistique, a fait espérer la publication des documens précieux qu’il possède. Ces élémens soumis à la discussion des savans, présenteront des résultats qui ne pourront manquer de tourner au profit de la science et de la société.
chacune des années suivantes , à ajouter à la population de l’année qui précédait , l'excès des naissances sur les
décès; mais, outre les inexactitudes que peuvent pré-
senter les anciens relevés de la population par le dénombrement, opération pénible et difficile à faire avec exactitude (1),on ne doit pas perdre de vue que beaucoup d'étrangers, appelés par les avantages politiques
qu'offre ce pays, sont venus s’y fixer et y ont apporté
leurs richesses et leur industrie, deux sources puissantes de fécondité. Il serait donc à désirer que le gouvernement fit faire un nouveau dénombrement, d’après.
la méthode proposée par M. De La Place; les don-
nées que nous avons jusqu à présent, ne peuvent être
considérées que comme provisoires et ont besoin d’être
rectifiées.
En faisant usage du rapport 31 2 trouvé dernièrement en France (2), entre la population et les naissances, et en l'appliquant à notre pays, où le nombre des naissances s'élevait en 1824 ,ù 218,666, on trouve pour valeur de la population 6,924,424. En faisant usage du rapport 39 < entre la population et les décés dans le même pays, on trouve pour le nôtre, où les décès en
1824 sesontélevés à 134,915, le nombre 5,351,628. La
première de ces deux valeurs surpasse de beaucoup l’estimation que nousavons donnée plus haut; la seconde au contraire lui est inférieure ; la moyenne 6,138,026
(1) Essai phil. sur le calcul des probabilités , par M. De La Place. (2) Revue encyclopédique, 94e et 95e cahier, tom. XXXIT, octobre et noyembre 1826.
excède encore notre population de 145,360 âmes. Nous verrons bientôt qu'en considérant l’estimation de notre population comme exacte, les rapports précédens pour notre pays, sont 27 et 42,4. l'inégalité de ces nombres prouverait un accroissement de population plus considérable dans notre pays qu’en France; ce qui parait du reste hors de doute. Le moyen accroissement de la population en France est de 6,36 sur 1000 par an,et chez
nous de 62 en cinq ans, ou de 12,4 par an, c’est-à-dire,
à peu près double de ce qu'il est en France; le tableau suivant offre les populations des différentes provinces, en même temps.que le rapport de l’accroissement (1) pour cinq années. |
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(1) Ces données ont été tirées de l'annuaire ( Jaarboekje over 1826), par .
M. Lobatto.