‹ Recherches sur la population, les naissances, les décès, les prisons, les dépôts de mendicité, etc., dans le Royaume des Pays-BasChapitre 4 sur 33 · I . P ou de >; environ par an · texte numérisé non relu

I . P ou de >; environ par an

6 SUR LES NAISSANCES, DÉCÈS, EIC., Decès, Naïssances, Mariages, Fécondité.

À ce premier aperçu, nous allons faire succéder les rapports de la population aux décès, aux naissances et aux mariages , ainsi que les rapports des naissances masculines aux naissances féminines, et les rapports des naissances aux mariages, rapports que l’on considère ordinairement comme les mesures de la fécondité. Nous avons cru inutile de donner le nombre des naissances, des décès et des mariages, que l’on peut toujours retrouver au besoin , au moyen des rapports précédens et de la population.

Pour rendre tous ces rapports plus sensibles, nous avons joint aux tableaux numériques, une planche dans laquelle différentes lignes courbes représentent, par leurs sinuosités, les variations de ces quantités, dans les différentes provinces du Royaume. Cette méthode est à peu près celle qu’adoptent les physiciens pour exprimer les variations thermométriques et barométriques , par les variations des ordonnées d’une courbe. Nous avons suivi aussi le même procédé pour représenter l'intensité de la mortalité et celle des naissances aux différens mois de l’année, pour les comparer aux oscillations thermométriques avec lesquelles elles ont de singuliers rapports.

Les moyennes n’ont pas été prises, en divisant Îa somme des élémens relatifs à chaque province, par le nombre des provinces, ce qui exigerait que la population de chaque province fût la même, mais en opérant

sur la population entière du Royaume et sur les totaux, Dour les naissances , les décès et les mariages.

RAPPORTS A PROVINCES. à HN NES ES « LU spip acte el <pnie dieu vx dl LS POPULATION. | À 3 â ï ÿ e : LÉ É Ë Dana munis nee enr bornes RUES : LAN N dé Zélande . . 128,045 0,960 | 5,49 ® Nord- Hollan. 385,696 0,956 | 4,50 Sud - Holland. 429,019 0,959 | 4,74 Utrecht . 115,980 0,939 | 4,86 Brab-Méridio. 478,005 0,970 |-5,45 Fland. - Occid. 556,459 0,950 | 5,01 Overyssel . 158,453 0,937 | 4,60 Fland. -Orien. 679,525 0,946 | 5,82 Frise - 499,492 0,944 | 5,75 Liége . 329,119 0,942 | 5,33 Limbourg 317,388 0,956 |'309 . Anvers. 320,362 0,960 | 4,65 Groningue. 153,908 0,898 | 5,17 Hainaut 538,105 0,921 | 4,98 Brab- hs 319,371 0,974 | 5,14 Gueldre 277495 0,952 | 4,75 ae 287,351 0,967 | 5,37 Drenthe 52,926 0,895 | 4,69 Namur. 187,207 0,907 | 5,06 Pour 1824. 5,913,526 0, na 4,90 fon 1825. 6,059,506 0, 943 4,70

La fécondité est en Belgique à peu près la même qu'en France, où l'on compte, pour 100 mariages, 408 naissances d’enfans légitimes, et 68 d’enfans naturels, en tout 476 naissances ; ici, nous comptons 480 naisnances pour 100 mariages. Il est remarquable que la fécondité dans les provinces méridionales est plus grande que dans la partie septentrionale du Royaume; on compte d’une part 5,21 enfans par mariage, et de l’autre 4,87 (1). Les rapports des naissances masculines aux naissances féminines diffèrent aussi très-peu ; ils sont pour la France de 1000 à 938, et pour notre pays de 1000 à 945. Quant au rapport moyen de la population aux mariages, il est pour la France de 138

à 1; et pourici, de 130 à 1. Nous avons déjà fait l’ob-

(1) Depuis la composition de ce Memoire, il a paru dans les Annales des Sciences naturelles , une notice fort interessante sur l’intensite de la feécondité en Europe, au commencement du 19° siècle, par M. Benoiston de Chateauneuf.L’auteur, cherchant à s'expliquer l'inégalité de fécondité dans … les deux parties du Royaume , croit reconnaitre que « le climat particulier à Ja Hollande triomphe ici des précautions prises par les habitans pour se préserver de sa dangereuse influence; que malgre tous leurs efforts, ils ne peuvent empêcher que l’atmosphère brumeuse , humide, dans laquelle ils sont , constamment plongés, ne développe chez eux une prédominance très-marquée du système lymphatique sur tous les autres ; n’entretienne unétat de

Jlangueur et d’obésité qui enlève aux organes une partie de leur énergie, affaiblit le corps, en énerve la vigueur. Ces conditions remarquables de température et de localité, n’existent point au même degré dans les deux Flandres, orientale et occidentale, où un air moins humide , un terrain plus sec, une agriculture plus riche, donnent aux individus une constitution plus forte. » J'avais déjà remarqué dans ma lettre à M. Villerme, qu'il existait aussi une distinction à faire entire nos provinces catholiques et protestantes, pour les rapports des mariages à la population, et que dans les premières, ce rapport était d'environ r à 148, et dans les secondes, de 1 à 123.

servation que proportionnellement les naissances sont ici plus nombreuses et les décès moins nombreux qu’en France, ce qui annonce un état de prospérité plus grand pour notre pays. Il est à remarquer que dans les seize villes les plus considérables du Royaume, la différence entre les naissances et les décès est moins forte que dans le reste du Royaume : le rapport entre ces deux élémens a été en 1824, pourles villes, de r à0,74609, et pour le Royaume entier, de 43, 8 à 27 ou de 1 à 0,6164 environ. Dans une planche qui se trouve à la fin de ce Mémoire, nous avons tâché de rendre sensibles à l’œil, par des lignes, les résultats des tableaux précédens.

Causes de. Mortalité.

M. V'illermé, en comparant entre eux les résultats consignés dans les Recherches statistiques sur Paris(r), a fort bien fait ressortir combien l’aisance et la propreté avaient d'influence pour diminuer la mortalité. C'est en effet par une nourriture saine et abondante, au milieu des produits qu'’amasse une industrie libre et acuve, et dans un pays où les besoins du peuplesont au-dessous de ses revenus, qu'une population croît et se développe avecrapidité. Cependant des causes locales peuvent, sinon arrêter, du moins ralentir ces développemens. Comme nous l'avons déjà fait observer ail-

(1) Ces recherches réunies par M. J'illot, se publient à Paris, in-4°, sous les auspices du comte de Chabrol, préfet de la Seine.

leurs (1), on peut ranger parmi les provinces les plus riches de notre Royaume, les deux Hollandes, les deux Flandres, le Brabant méridional; et parmi celles qui lé sont le moins, le Luxembourg et le Namurois. Cependant, il est remarquable que ce soit justement dans ces dernières provinces que la mortalité s’est trouvée être la moins grande : il est vrai que, dans le Luxembourg surtout, le peuple sans être généralement riche, est pourtant loin de se trouver dans un état d’indigence, et que c’est là plutôt ce qui constitue l'état d’aisance.

Parmi les causes locales de mortalité qui paraissent avoir une influence marquée dans notre pays, je crois pouvoir assigner l’inégalité de population selon les lieux et surtout l'humidité plus ou moins grande, dépendante de l’abaissement du terrain, ainsi que les va- | rations continuelles de température qu’on éprouve « dans le voisinage de la mer. Il suffit en effet, de jeter M les yeux sur le tableau précédent, pour reconnaitre « que les provinces les plus populeuses et les plus voi- ! sines de la mer.sont les plus exposées à la mortalité. 4 Le Luxembourg et la province de Namur, au con- si traire, qui ont une population peu nombreuse et qui « présentent les points les plus élevés du Royaume, ont une mortalité moindre. Il est remarquable que le prin- à cipe de Malthus retrouve ici son application; car on

(x) Letire à M. Villermé , brochure in-8o, imprimée à Gand, chez Van de Kerckhoven.

i DANS LE ROYAUME DES PAYS BAS. 11

peut voir que les provinces les plus exposées à la mortalité, sont aussi celles où les naissances sont les plus nombreuses : de cette manière, les vides de la population se comblent presqu’en se fôrmant. Mais ces successions rapides se font au détriment de la société, qui, proportion gardée, doit compter moins d'hommes faits, en état de produire et de contribuer à son bien-être.

Lois des Décès et des Naissances pendant l'année.

J'ai déjà fait remarquer dans mon Mémoire précédent sur les lois des naissances et de la mortalité à Bruxelles, que le principe de Malthus parait se vériher même pendant les différentes saisons de l’année. J'avais trouvé, d'après 18 années d'observations , que le nombre des décès croissait et décroissait successivement, et que ce nombre atteignait son maximum vers € mois de janvier et son minimum six mois après , en uillet. J'avais fait remarquer de plus, que le nombre les naissances croissait également et décroissait d’une nanière continue, pendant le cours d’une année, et itéignait son maximum et son minimum vers les ménes époques que le nombre des naissances; le maxinur pour les naissances tombe cependant plus partiulièérement en février, et se rapproche ainsi de l’époque lu rénimum qui a lieu en juillet. Ces observations it été répétées depuis, par M. Lobatto, d'après des onnées officielles , et pour cinq des principales villes lu Royaume ; M. Lemaire s’est aussi occupé de cette

recherche,d’après 20 ans d'observations faites àTournaï. Voici les différens résultats pour les décès : |

MOIS. BRUXEL. AMST. GAND. ROTT. ANV. LA HAYE. TOURN. LEROY.(1)! Janvier. . . 1472 1,285 1,178 1,256 1,137 1,210 41,272 1,04 W Février 0%. 12%4M40/44,0974,0720416504,113: 4,104 02502008 Mars. « . . 1,100 1,005 1,039 14,052 14,131 1,016 4,2357 1,25! Aveill © 270 14,068 0,972 0:99 4,03404,029)11,013: 1,0 OS Mai. . . . 0,995 0,942 0,913 4,921 4,025 0,905 0,942 0,95 4 Juin. . . . 0,916 0,863 0,906 0,928 0,918 0,880 0,878 0,88 Juillet. . . . (0,806 0,773 0,849 0,874 0,879 0,878 0,780 0,85 4 Août. . - . 0,844 0,803 0,957 0,825 0,880 0,921 0,800 0,88 \ Septembre. . 0,884 0,921 1,000 0,865 0,921 0,948 0,860 0,94 À Octobre. . . 0,954 1,037 1,000 0,929 0,977 0,934 0,867 0,99 3 Novembre. . 0,975 41,099 0,989 4,007 0,951 1,048 0,989 0,96 M Décembre … . 4,172: 4,200 1,104. 1,441: 1,017, ,4,148:MA167 0,92 |

On remarquera sans doute qu’au milieu des petites anomalies que présentent ces résultats, le rninimum: arrive presqu'invariablement en juillet. à

Voiciles résultats correspondans pour les naissances à

MOIS. BRUXEL. AMST. GAND. ROTT. ANV. LAHAYE. TOURN. LE ROYAU! Janvier !: . 4,040 4,055. 1,046 1,093 1,077 1,026) 1,041, 4080 Février à 224,457 4,109 4,059. 4,120: 1,107, 1ACOMAME ASS Mars OU ME 000 1104 4,082 "4,097 1,095" 74,119 AOC Avril (4 . : 4,079 4,503: 4,064 1,081 1,026 1,015: 1,130 14,08 4 Mai. : 2 0.989. 4,013 0,978 0,974. 0,987: 0,975, 4:11484,20 2 Juin , . . 0,956 0,984 0,946 0,926 0,856, .0,916 0,965 0,86 . Juillet. . . (0,901 0,932 0,934 0,928 0,863 0,897 0,927 0,82 Août. . + . 0,903 0,893 0,921 0,941 0,948 0,942 : 0,926 0,89: Septembre. . 0,940 0,918 0,952 0,957 1,001 0,961 : 0,859. 0,97 4 Octobre . . 0949 0,941 0,966 0,927 1,033 0,994 0,929 0,98

Novembre. . 0,968 0,976 1,012 0,955 1,021 1,006 0,951 0,99. Décembre. . 1,172: 4,016 1,040 1,005 0,985 0,976 : 0,970 097.

G) Les résultats de cette colonne et ceux pour les naissances , ainsi qi 1e . les nombres consignés dans le tableau précédent, sont tirés du Jaar boekje Ÿ publié par M. Lobatto. |

DANS LE ROYAUME DES PAYS.BAS. Ne

On voit que tous ces résultats, que nous avons représentés par des lignes à la fin de ce Mémoire, s’accordent assez bien pour montrer que les nombres des naissances-.et des décès croissent et décroissent d’une manière continue pendant le cours d’une année, et que les maxima et les minima se trouvent à peu prés à six mois de distance. M. Zillermé, secrétaire de l’Académie royale de médecine de Paris , a eu la bonté de me “communiquer depuis , les résultats des recherches faites à Livourne par MM, Gordini et Orsini. Ces résultats s'accordent fort bien avec les précédens, et semblent confirmer ce que j'avais avancé dans mon premier Mémoire (1) que ces nombres suivent, parun nouveau rapprochement assez singulier, à peu près les variations du thermomètre, mais prises dans un sens opposé : c’est-à-dire qu’à l’époque où le nombre “des degrés de l'échelle thermométrique est le plus “fort, le nombre des naissances et des décès est Le plus bte. C’est aussi la remarque faite par M. 'illermé pour la ville de Livourne où le minimum des naissan- “ces a lieu en juin et non en juillet(2). « Rappelez-vous, » ajoute ce savant, les résultats que je vous ai fait » voir sur mes tableaux manuscrits, qui prouvent que >» l’époque de ce minimum avance dans les pays méridionaux, retarde dans les pays septentrionaux, et

(1) Mémoire de l’Académie de Bruxelles, tom. IIT, pag. 5or. (2) Correspondance mathématique et physique, par MM. Garnier et Rncicic, tom. II, pag. 266.

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