INTRODUCTION
Les six métaux de la mine du platine présentent deux à deux des analogies qui ont conduit à les diviser en trois groupes de deux métaux chacun :
Platine, Rhodium, . Ruthénium, Palladium, Iridium, Osmium.
Le ruthéninm et l’osmium, en particulier, se distinguent des métaux des deux autres groupes par la propriété de posséder des composés nitrosés, c’est-à-dire contenant un groupe AzO.
Cette propriété a été mise en évidence par M. Joly.
Claus, dans ses remarquables travaux sur le ruthénium, avait isolé un composé cristallisé en octaèdres comme les tétrachlorures des autres métaux du platine, et auquel il auribuait la formule Ru Cl. M. Joly montra (1) que la
(!) Jory, Comptes rendus, t. CVII, p. 994.
composition de ce corps est toute différente, qu’il contient de l'azote et de l'oxygène et que sa formule est Ru.AzO.C{'; l'étude des propriétés de ce sel le conduisit à y regarder l'azote et l'oxygène comme formant un groupe AzO uni directement au ruthénium; il remarqua de plus que, par certaines aclions très énergiques, comine celles de l’eau ou des solutions de potasse, de soude ou d’ammoniaque, à l'ébullition, on ne parvient pas à séparer ce groupe AzO du ruthénium ; aussi donna-t-il un nom particulier, celui de ruthénium nitrosé, à ce groupe (Ru — AzO) d'une stabilité aussi inattendue.
D'autre part, Fritzsche et Struve (!) avaient préparé et décrit les sels d’un composé de l’osmium contenant de l'azote et de l’oxygène, l'acide osmiamique, auquel ils attribuaient la formule Os? Az?205H?2. Certaines considérations sur les circonstances de production des osmiamates et l'étude des produits de leur décomposition par la chaleur, conduisirent M. Joly (?) à modifier la formule proposée par Fritzsche et Struve et à la remplacer par la suivante : Os AZO*H ou Os.AzO.0.0H, qui permet de considérer l’acide osmiamique comme le premier anhydride d'un corps Os.AzO.(0H)}° correspondant à l'hydrate de ruthénium nitrosé Ru Az O.(OH } ; l'acide osmiamique et ses sels seraient ainsi des composés nitrosés de l’'osmium,
Les osmiamates possèdent d’ailleurs, comme les composés nitrosés du ruthénium, la propriété d’être beaucoup plus stables que les autres composés du mème métal.
L'étude de l’action des réducteurs sur ces composés métalliques si stables renfermant le groupe AzO présente un certain intérêt; il y a lieu de chercher, d’une part, dans quelles conditions la réduction est possible et quelles sont
(') FRITZSORE et STRUVE, Bull. Acad. Saint-Pétersb., t. NI, p. 81. (*) Jocy, Comptes rendus, t. CXII, p. 1442.
les circonstances qui l’accompagnent, et de voir, d'autre Part, si cette réduction ne permettrait pas d'obtenir de nouveaux composés azotés définis du ruthénium et de l’osmium. ;
Je me suis proposé, dans le présent travail (!), d'étudier à ce double point de vue les actions réductrices du chlorure stanneux et du chlorure ferreux en liqueur acide, et de laldéhyde formique en liqueur alcaline.