CHAPITRE III
Etude anatomique des espèces.
MYRTOIDÉÉES.
IPsipiüu GuayavaRaddi.
Le fruit, ou goyave, est une baïe jaunâtre de la grosseur d’un citron, surmontée des lobes persistants du calice. Il renferme de nombreuses graines, très dures, noyées dans une pulpe blanche, rougeâtre ou verdâtre, très odorante, de saveur sucrée et un peu acide.
À part quelques localités abritées de la Provence, il n'atteint jamais son complet développement sous le climat de France. Toutefois, même dans le fruit de la grosseur d’une cerise, les graines sont müres.
On distingue deux principales variétés de Goyavier, qui correspondaient même, pour LINNÉ, à deux espèces distinctes, le Psidium pyriferum, ou Goyavier blanc, à fruits pyriformes, à chair blanche, à fleurs isolées, et le Psidium pomiferum, ou Goyavier rouge, à fruits sphériques ou ovoïdes, à chair rosée, à fleurs groupées par deux ou trois. Ces deux principales variétés ont elles-mêmes donné naïssance à toute une série d’autres variétés horticoles.
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Quelle que soit la variété observée, l'ovaire et le fruit présentent toujours une structure anatomique sensiblement identique.
Fig. 27. — Psidium Guayava. — Coupe transversale de l'ovaire à un stade jeune. Les cellules scléreuses, cs, sont déjà très abondantes; ps, poches sécrétrices ; fl, faisceau libéro-ligneux. Gr. 80.
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Considérées de face, à un stade peu avancé du développement de l'ovaire, les cellules de l’épiderme externe affectent la forme polygonale. Elles sont petites et à parois minces. Un certain nombre d’entre elles s’allongent en poils (au moins dans la variété pyriferum), mais qui restent toujours très courts et unicellulaires.
Les stomates, assez nombreux, ne présentent aucune particularité.
En coupe transversale (fig. 27), sous les cellules épidermiques, dont la paroi externe est cutinisée, on observe un très grand nombre de poches sécrétrices, de diamètre variable, vraisemblablement d’origine épidermique et exclusivement localisées dans cette zone périphérique de l'ovaire, où les cellules sont un peu plus petites et plus intimement accolées que dans le reste de la paroi ovarienne.
Indépendamment d’un premier cercle externe de faisceaux libéro-ligneux, très développés, dont les uns à bois concentrique, on en trouve un second, de moindre importance, au voisinage de l’épiderme interne, sans préjudice des nombreux petits faisceaux conducteurs qui cheminent dans tout le parenchyme ovarien.
Chez les faisceaux les plus développés de la zone externe, on observe très nettement, à la pointe du bois, le tissu criblé périmédullaire.
L'oxalate de calcium, principalement sous forme de mäâcles, existe dans de nombreuses cellules de la paroi ovarienne, et en plus grande abondance, semble-t:l, dans les régions externe et interne.
En outre, il est à remarquer, que de très bonne heure, un nombre considérable de cellules acquièrent des dimensions beaucoup plus grandes que leurs voisines, et épaississent leurs parois pour les sclérifier ensuite.
Les unes conservent une paroi relativement mince, tandis que d’autres s’épaississent au point de ne plus présenter qu'un étroit lumen.
EL HPrO Es
La membrane est, de toute façon, parcourue par de nombreux et fins canalicules.
Dans chacune des loges carpellaires, le plus souvent au nombre de 5, et où la placentation rappelle celle des Cucurbitacées, les ovules sont nombreux et nettement anatropes (fig. 14). Le tégument externe, qui comprend 2 à 3 assises de cellules, est un peu plus épais que le tégument interne qui n’en possède que 2. Dans la graine müre (fig. 28), les 2 assises de cellules les plus profondes, demeurées parenchymateuses, proviennent du tégument ovulaire interne. Quant au tégument externe de l’ovule, ses cellules se sont multipliées et sclérifiées, à l’exception d'une ou deux assises les plus profondes. Ces cellules scléreuses à membranes très épaissies et pourvues de nombreux canalicules, donnent au tégument séminal une grande dureté. Elles sont allongées tangentiellement dans la région externe du tégument, et plutôt isodiamétriques dans la partie profonde.
En dehors de ces cellules scléreuses, les cellules parenchymateuses (cp) quileur sont accolées semblent faire corps avec le tégument séminal lui-même. Le manque de matériaux ne nous a malheureusement pas permis de voir si elles dépendent véritablement du tégument ovulaire externe, à la façon de celles de la graine des Ribes, ou si l’on est en présence d’un arille.
Entre le tégument séminal et l'embryon, on observe une assise d’albumen parfaitement nette (assise protéique de GUIGNARD).
L'embryon est totalement dépourvu de poches sécrétrices.
Psinium ARAÇA Raddi.
Sur l’épiderme externe, les poils semblent être, dans
cette espèce, plus nombreux que dans l’espèce précédente,