INTRODUCTION
Ce sont les circonstances qui nous ont amené à écrire sur ce sujet,
Ainsi que nous le rappellerons en faisant l’historique de la question, on n’a pas encore su, jusqu’à présent, fixer certains points de la structure des uretères chez l’homme. A priori, cela parait singulier, car la composition de ces canaux est simple, et d’antre part, rien ne semble plus facile que de les recueillir, de les durcir, de les couper, d'étudier leurs trois tuniques avec la disposition des éléments que l’on y rencontre, de connaître par des dissociations la forme des cellules épithéliales, de voir s’il y a des glandes, des papilles, des follicules lymphatiques dans la muqueuse, d'analyser la disposition de la musculature. Pourquoi donc l'existence des glandes, papilles et follicules est-elle controversée ou niée ?
En réalité, c’est qu’il est difficile ici d’avoir des matériaux d'étude convenables. Si certains organes de l’homme, tels que la peau, peuvent être observés très frais et dans de bonnes conditions, à la suite d'opérations chirurgicales, si l’on a pu, dans ces dernières années, grâce aux progrès de la chirurgie, avoir assez fréquemment l’occasion d’examiner les ovaires, les trompes, l’utérus, l'intestin dans l'espèce humaine, avec tous les avantages que l’on a généralement quand on expérimente sur les animaux, il n’en est pas de même des uretères. L’urétérectomie n'a pas sa raison d’être pour uretères normaux, et si l’on veut avoir un uretère humain suffisamment frais, il faut devancer
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l'heure légale des autopsies, ou bien saisir l’occasion d’une exécution capitale.
Et encore n’est-on pas certain, en faisant des autopsies hâtives, de trouver des cas favorables. Trop souvent les maladies interviennent pour modifier les ciments épithéliaux pendant la vie et pour rendre plus rapide, après la mort, la caducité habituelle des épithéliums. Nous nous en sommes bien aperçu cet été, surtout pendant les fortes chaleurs ; tout récemment encore (en octobre) il nous fut impossible d'utiliser, autrement que pour des dissociations de l’épithélium, des uretères recueillis, trois heures un quart après le décès, sur un sujet mort de fièvre typhoïde.
D'autre part, quand se présente une exécution capitale, bien des organes à la fois sollicitent l’histologiste, et il peut très bien arriver que ceux auxquels il n’a tout d’abord prêté qu'une attention distraite lui causent plus tard des regrets. Ces longs canaux ont-ils la même structure dans toute leur étendue, du bassinet à la vessie ? Sera-t-il avantageux de les distendre pour en effacer les plis et se mettre à l'abri des illusions dont certains observateurs auraient pu être victimes? N°y a-t-1l pas chez l'homme des terminaisons nerveuses autres que celles qui ont été décrites par Dogiel dans les uretères de certains animaux ? Voilà des questions que l’histologiste peut se poser à propos des uretères d’un supplicié ; sinon, elles deviennent difficiles à résoudre plus tard avec les matériaux de l'hôpital, pour les raisons que j'ai dites plus haut.
Cependant, c’est le résultat de recherches conduites de cette facon que nous présentons, dans cette thèse, à l’indulgence du lecteur. Des uretères de deux suppliciés avaient été recueillis, à l’effet d'en tirer des préparations types, mais ils n'avaient pas été pris sur toute leur longueur, et d'autre part on avait négligé de numéroter les tronçons en lesquels ils avaient été divisés. Les coupes faites sur cer-
yes.
tains de ces tronçons ayant démontré l'existence de papilles et de dispositions jusqu’à présent ignorées, il était donc impossible de dire la situation exacte de ces tronçons, de savoir s'ils étaient à la partie juxta-rénale ou à la partie juxta-vésicale. C’est alors qu’il fallut s'adresser aux ressources du service des autopsies pour faire la topographie des particularités remarquées sur les suppliciés.
Dira-t-on qu’il était inutile de faire cette topographie ? Ce serait, à notre sens, méconnaitre les liens qui unissent si étroitement l'organe et la fonction, et négliger l’appoint qu'un détail anatomique, si minime qu’il soit en apparence, peut fournir au physiologiste et même au clinicien pour expliquer certains phénomènes normaux où morbides. Ne serait-il pas intéressant, par exemple, de savoir si un calcul qui chemine le long de lPuretère met en jeu la sensibilité de ce canal au même degré dans toute sa longueur ? Et si l’appareil de cette sensibilité n'offre pas la même richesse partout, le physiologiste ne sera-t-1l pas incité à en rechercher les conséquences ? A l’état normal la circulation de l’uretère est continue ou à peu près : comment se fait-il donc que, si l’on fixe sur l’uretère un petit ballon pour recueillir l'urine, la sécrétion urinaire soit suspendue pendant les deux ou trois premières heures de l’expérience ? Ne serait-ce pas parce que les nerfs de l’uretère jouent un rôle dans l'accélération ou le ralentissement de la fonction rénale ?
Mais nous ne voulons pas multiplier ces considérations. Toutefois avant d'aborder notre sujet, nous devons dire que les préparations types qui en sont le point de départ appartiennent à M. Baraban, ainsi que les dessins qui en reproduisent les principaux détails, Il à bien voulu nous les prêter, et nous l’en remercions sincèrement.
Enfin, bien que nous n’ayons pas eu lintention, en écrivant cette thèse, de nous occuper de la pathologie,
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encore si obscure, des uretères, nous n’avons cependant pas cru pouvoir en faire complètement abstraction en ce qui concerne les. kystes de ces canaux. Il nous à paru intéressant de les mettre en regard des glandes, comme une preuve de plus, une sorte de corollaire pathologique ajouté à la démonstration matérielle de l'existence de cellesci à l’état normal. Voici, du reste, l’ordre dans lequel nous exposerons notre sujet :