‹ Recherches sur la structure et les affinités botaniques des végétaux silicifiés requeillis aux environs d'Autun et de St. ÉtienneChapitre 4 sur 61 · EMBRANCHEMENT DES CRYPTOGAMES · texte numérisé non relu

EMBRANCHEMENT DES CRYPTOGAMES

L’embranchement des cryptogames est celui qui le premier a paru sur la terre.

Toutes les plantes rencontrées jusqu’à présent dans les formations, siluriennes et dévoniennes inférieures, appartiennent aux thalassophytes ou algues marines, qui sont des cryptogames cellulaires.

La couleur noire que quelques schistes cambriens et siluriens possèdent et qui est due à du charbon, prouve l’existence de plantes qui avaient déjà retiré de l’atmosphère le carbone 1 nécessaire à leur développement.

Les cryptogames vasculaires apparaissent dans les formations dévoniennes moyennes et supérieures, prennent un immense développement pendant cette dernière

1. Dans l’hypothèse de l’origine ignée de notre planète, le carbone n’aurait pu exister à l’état de liberté à la surface de la terre en présence de l’oxygène de l’atmosphère.

période, ainsi que pendant l’époque houillère, et vont en diminuant durant le dépôt des couches permiennes.

Les équisétinées, les fougères et les lycopodinées ont encore des représentants à l’époque actuelle, mais ils ont subi de profondes modifications ; d’arbres qu’ils étaient (les calamites de l’époque houillère atteignaient 8 à 10 mètres, et les lépidodendrons, 15 à 20 mètres de hauteur), les prêles et les lycopodes sont devenus de simples arbrisseaux.

Les fougères au premier abord paraissent avoir moins déchu dans leurs dimensions, puisqu’il existe encore entre les tropiques, principalement dans les îles chaudes et humides, de grandes fougères arborescentes ; mais il n’en est pas moins vrai que les familles qui se sont propagées jusqu’à nous ont considérablement diminué d’importance. C’est ainsi que les marattiées de nos jours émettent de leur tige bulbiforme des pétioles de 4 à 5 mètres de long seulement, tandis qu’à l’époque de la formation de la houille, ces mêmes pétioles atteignaient 8 à 10 mètres de longueur et étaient capables de couvrir de leur ombre plusieurs centaines de mètres carrés.

Les pecopterïs qui appartiennent à la même famille, au lieu d’avoir un bulbe de lm à lm50, comme celui des grandes marattiées de File de Java, s’élançaient dans les airs en hautes colonnes couronnées de frondes gigantesques ; ce sont les stypes de ces fougères que l’on rencontre en fragments si nombreux dans les champs des environs d’ Autan, et que tout le monde connaît sous les noms de psaronius , psarolithe, helmintho lithe, etc.

Le tableau suivant présente l’ordre d’apparition successive des différentes classes de cryptogames dans les couches superposées des terrains.

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