‹ Recherches sur la structure et les affinités botaniques des végétaux silicifiés requeillis aux environs d'Autun et de St. ÉtienneChapitre 42 sur 61 · PLANCHES XXIII ET XXIV · texte numérisé non relu

PLANCHES XXIII ET XXIV

La fig. 1, pl. xxm, qui représente une coupe transversale, permet de se rendre compte de la disposition relative des différentes parties qui composent la tige; au centre se trouve une masse de tissu cellulaire, b b , dont les éléments ont des formes variables à cause de leur pression mutuelle, et à cause de celle des vaisseaux volumineux dont on voit les orifices en a.

Ces vaisseaux réunis par groupes plus ou moins nombreux ou disséminés dans la masse du tissu cellulaire

1. Unger, Beit. zur Palœont. thuringer icaldes. tab. xii, f. 12.

précédent, rappellent dans leur coupe transversale la disposition offerte par beaucoup de lycopodes, Lycop. cernuum, Lycop. plilegmaria , Lycop. mirabile , etc., etc.

La figure 3, faite à un grossissement de 35 diamètres, et mieux encore la figure 5, permettent de saisir des détails intéressants sur la structure de ces vaisseaux ; aux points de contact entre eux, la section de leurs parois montre des bandes brunes : ces lignes foncées sont autant de perforations qui mettaient ces vaisseaux en communication. Les petits tubes résultant de ces perforations ne sont pas cylindriques, mais vont en s’évasant en entonnoir en arrivant à la surface interne ou externe de chaque vaisseau ; il en résulte nécessairement que, comme les ouvertures se correspondent dans deux vaisseaux en contact, il doit exister, là où deux tubes se touchent, une petite cavité lenticulaire qu’on peut distinguer fig. 5, en a\ Cette structure particulière des vaisseaux rappelle celle des fibres ponctuées des conifères ; l’analogie est rendue encore plus frappante si l’on se reporte à la figure 7 qui est une coupe longitudinale, intéressant quelques-uns de ces vaisseaux en même temps que quelques cellules environnantes.

La paroi de ces vaisseaux se montre avec des aréoles hexagonales dont la majeure partie offre à son centre un espace brun correspondant aux perforations dont il vient d’être question.

Le nombre des aréoles sur la paroi du vaisseau dépend de la largeur de la portion par laquelle il se trouve en contact avec son voisin, leur forme hexagonale résulte du rapprochement des ponctuations.

Il n’y a pas lieu de tenir compte par conséquent du nombre des rangées verticales des ponctuations, pour

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servir à un classement ultérieur, dans le cas où des espèces nouvelles de lycopodiacées à ponctuations aréolées seraient rencontrées de nouveau.

Le tissu cellulaire qui sépare ces faisceaux vasculaires est formé de cellules de dimensions et de formes variables (6 b fig. 7), mais toutes munies de pores.

Dans la partie des vaisseaux en contact avec les cellules, on retrouve bien les aréoles hexagonales (fig. 7, a’), mais sans indice de ponctuation centrale. Dans les conifères, on sait que les ponctuations existent dans les fibres du côté des fibres ligneuses qui correspondent aux rayons médullaires; les aréoles hexagonales des vaisseaux du côté des cellules (a’, fig. 7) sont plus petites que celles qui se trouvent du côté des vaisseaux.

En dehors de cette portion celluloso-vasculaire de la tige que je viens de décrire, on rencontre une zone (c, fig. 1) qui entoure la partie centrale ; elle est formée de cellules plus serrées et plus régulières que celles qui composent le parenchyme du centre de la tige ; leur section transversale et longitudinale (fig. 3 et 4, c) est sensiblement rectangulaire, et leur arrangement offre une certaine régularité : il est possible qu’en vieillissant elles s’allongent, s’épaississent et qu’elles puissent former alors une première enveloppe plus ou moins résistante autour de l’axe.

Ce tissu est traversé par un nombre assez considérable de cellules allongées (d, fig. 2, 3, 4) dans le sens transversal et qui vont du centre à la circonférence. Ces cellules accompagnent les faisceaux vasculaires qui se rendent aux feuilles, et l’on peut les suivre jusqu’à une petite distance à travers le tissu cellulaire extérieur (fig. 4).

La figure 1 offre quatorze de ces faisceaux; les figures

2 et 4 faites d’après des coupes longitudinales, et qui rencontrent les faisceaux des feuilles en d d, sensiblement sur une même verticale et à une distance assez rapprochée, indiquent que les verticilles des feuilles étaient rapprochés.

Cette disposition en verti cille des feuilles sur les tiges de nos deux échantillons de lycopodes fossiles est à remarquer, car elle indiquerait une constance qu’on est loin de remarquer dans les lycopodes vivants, qui dévieraient beaucoup plus, sous ce rapport, de leur organisation primitive.

Les faisceaux foliaires, avant d’arriver à l’écorce, étaient obligés de traverser une épaisseur de tissu cellulaire relativement assez considérable ; quelques parties de ce tissu ont été conservées (e e, fig. 1) presque jusque vers l’écorce, il paraît assez lâche et moins résistant que celui qui avoisine cette dernière.

Ce tissu est également parcouru, non plus horizontalement, mais verticalement, par des faisceaux vasculaires (g g , fig. 1) qui sont, sans aucun doute, des faisceaux qui circulaient entre l’axe ligneux et l’écorce pendant un certain temps avant de se rendre dans les racines, comme on l’observe dans beaucoup de lycopodes actuels.

On voit (fig. 4) la coupe transversale de l’une de ces racines au centre g, des faisceaux vasculaires groupés plus ou moins régulièrement en forme d’étoile à cinq rayons.

Sur la figure 6, en h, g, on reconnaît que la coupe longitudinale de cette racine présente des vaisseaux scalariformes et des vaisseaux aréolés semblables à ceux de l’axe ; en g” (fig. 4), le tissu cellulaire qui entoure le faisceau vasculaire des racines est plus coloré et

formera plus tard la partie corticale extérieure de la racine.

La tige de ce lycopode est entourée par une écorce dont les parties disjointes se voient dans la figure 1 ,f f.

La figure 4 en présente une portion plus grossie, la partie f, formée de fibres, est très peu épaisse, et comme c’est la partie la plus résistante, cela explique la rareté de l’écorce dans la plupart des échantillons fossiles ; on peut remarquer en outre que le tissu cellulaire sous-jacent, épais, mais peu résistant, devait se dessécher ou se détruire rapidement et laisser des vides, de façon à déterminer la séparation de Taxe d’avec la partie la plus extérieure ou corticale, surtout si cette séparation était encore favorisée par les racines plus ou moins nombreuses qui descendaient entre ces deux parties du végétal.

En dehors du cercle formé par l’écorce, on remarque, fig. 1, en h , une racine à faisceaux franchement étoilés; n’ayant pu établir sûrement les rapports de cette racine extérieure à l’écorce avec la tige étudiée, je ne fais que l’indiquer.

D’après ce qui précède, je crois donc qu’il ne peut s’élever aucun doute sur la détermination générique du végétal décrit; car il offre tous les caractères essentiels des ly copodium, et cela dans un état de réunion et de conservation assez rares.

Quant à la détermination spécifique, n’ayant pas eu la possibilité de constater les feuilles, elle est naturellement impossible puisque les lycopodium fossiles connus jusqu’à présent ne le sont qu’à l’état d’empreinte.

La plupart des lycopodes vivants ont les gros vaisseaux de la tige scalariformes ; cependant cette organisation n’est pas absolue, car certains lycopodes, comme

par exemple le lycopodium pachystachyum, présentent sur la paroi des gros vaisseaux des ponctuations aréolées 1 semblables à celles du lycopodium punctatum, établissant ainsi un lien de plus entre les lycopodes vivants et les lycopodes fossiles ; du reste Ton sait 2 que certains genres de la famille des lycopodiacées ont normalement le tissu ligneux formé de vaisseaux dont les ponctuations rappellent celles des fibres des conifères.

Mais ces ouvertures existent tout autour des vaisseaux,

tandis que dans notre plante les ponctuations ne paraissent exister que du côté appliqué contre des vaisseaux semblables.

LYCOPODIUM RENAULTII (AD. BR.)

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