PART. 111. L'INDIVIDU ET LA CONSOMMATION
exactement d'autant, ou même [Aus, si la baisse de l'autre article a pour eilet de rendre de nouvelles combinaisons les plus avantageuses pour la consommation des quantités correspondantes de l'article A. Pour la même raison, la jouissance croîtra également pour ces quantités de A, dans la combinaison plus avantageuse desquelles l'autre article n'entre qu'à la suite de sa baisse de prix. De même une partie ou la totalité des ordonnées de la courbe de la jouissance peuvent devenir plus longues, si un article devient meilleur marché, qui auparavant n'entrait dans aucune des combinaisons de consommation représentées dans la courbe. Par contre, le renchérissement de l'autre marchandise ne peut influencer la courbe de li jouissance relative à A que si celui-ci fait partie d'une ou plusieurs des combinaisons apparaissant dans cette courbe. Les ordonnées correspondantes de la courbe de la jouissance se raccourcissent soit du montant total du supplément de dépense causé par le renchérissement, soit seulement dans une moindre mesure, quand le renchérissement a cet eilet que des combinaisons auparavant moins bonnes deviennent les meilleures. L'influence de tout changement de prix d'un autre article peut naturellement s'étendre aussi à l'ordonnée initiale de la courbe de la jouissance et ne peut donc être suivie complètement que sur cette courbe et non sur la courbe de l'utilité, bien que celle-ci doive subir exactement tous les changements de forme de celle-là.
Ce que nous avons dit montre que, quand le changement de prix d'un article exerce une influence sur la courbe de la jouissance relative à A, il allonge ou raccourcit en règle générale d'une façon inégale les différentes ordonnées de celte courbe et en modifie la forme ainsi que celle de la courbe de l'utilité. Nous pouvons nous rendre compte à peu près du sens dans lequel a lieu une telle modification de la forme, quand il s'agit d'un changement* de prix d'un article concurrent avec A ou complétant A,
CHAP. II — PRIS El COURBE DE JOUISSANCE
mais l'influence d'articles plus éloignés serait difGcil préciser.
41. Changements de prix d'articles concurrents et complémentaires. — Si un article concurrent baisse de prix, l'allongement des ordonnées de la courbe fie la jouissance bg Bg. 13) sera plus considérable pour l'ordonnée initiale et les ordonnées suivantes les plus proches : mais il sera moins sensible et finira même par disparaître si l'on fait de A un usage plus considérable et surtout si cet article est livré à titre gratuit. La courbe bg deviendra aussi moins inclinée et revêtira une forme dans le genre de la courbe btg, en partie tracée en rouge. Au contraire, si un article complémentaire baisse de prix, l'allongement des ordonnées de la courbe bg sera considérable an point maximum et dans les environs du dit point, et il se fera le moins sentir du côté de l'ordonnée initiale, car li diminution de prix d'un article complétant A a beaucoup [»lus d'importance si l'on se sert beaucoup de A que si l'on n'y a point recours ; la courbe bg devient ainsi plus raide, comme la courbe ôg, partiellement tracée en pointillé. Le renobérissement d'un article romplémentaire a, bien entendu, l'etïet contraire ; la courbe devient moins raide, comme bg.2. Comme nous le voyons, la courbe originaire de l'utilité On devient Onlt donc plus raide, par suite de la baisse de prix d'un article complémentaire; au contraire, elle s'aplatit si cet article enchérit ou si le prix d'un article concurrent diminue ; de cette façon, elle peut, dans les deux cas, revêtir la même forme On,. On ne peut distinguer que dans la courbe de la jouissance, avec netteté, ces deux causes qui rendent moins raide, d'une façon identique, la courbe de l'utilité.
En cas de changements de prix considérables de ce genre, la quantité de pleine satisfaction peut aussi diminuer, car les combinaisons de consommation qui comportent un emploi important de t deviennent, par le renchérissement
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d'un article complémentaire, évidemment plus avantageuses, tandis que, si un article concurrent baisse de prix, elles deviennent plus avantageuses en soi, mais relativement plus défavorables si on les compare aux combinaisons de consommation comportant un usage limité de A. De même que ces cbangements de prix, en sens opposé, peuvent faire paraître avantageuses des combinaisons de consommation comportant un emploi encore plus important de .4 et augmenter la quantité de pleine satisfaction, de même des combinaisons basées sur un usage plus modéré de l'article en question procureront le maximum de jouissance, de sorte qu'il y aura pleine satisfaction pour des quantités plus petites. Si cet etï'et va plus loin et si les combinaisons de consommation tenant compte d'un emploi plus abondant deviennent toujours plus désavantageuses, la courbe de la jouissance peut revêtir peu à peu la forme de la figure 40, c'est-à-dire que la consommation de A peut, en fin de compte, cesser complètement par suite de la baisse de prix des succédanés ou du renebérissement des articles complémentaires. Ainsi une diminution du prix du vin restreindra, cbez beaucoup de personnes, la demande de bière et finalement la réduira à rien. L'abaissement du prix de la bière peut exercer la même influence sur la demande d'eau-de-vie, et les diverses sortes de ces boissons peuvent se remplacer et se supplanter à la suite de légères fluctuations des prix. 11 existe des relations réciproques du môme genre dans tous les groupes d'articles qui satisfont des besoins analogues ; tel est le cas des différentes céréales qui servent à faire le pain ou des diverses espèces de viande, des diverses sortes de luminaire et de combustible, de nombreux stimulants, de produits innombrables de l'industrie textile, etc. ; en outre, ces groupes eux-mêmes, les divers aliments par exemple se concurrencent mutuellement. Mais, pour comprendre la connexion des prix qu'on pourrait suivre jusque dans le détail s'il s'agissait d'articles très différents l'un de
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l'autre, il faut aussi prendre en considération le complément de jouissance dû à des articles d'espèce tout à fait dilï'érente. Ainsi le renchérissement du sucre peut diminuer ou supprimer tout à fait la demande de café ou de thé de la part de beaucoup de personnes ; de même les hoissons et les aliments solides se complètent, etc. Un rapport analogue à celui qui existe entre des articles complémentaires existe entre les trois grands besoins principaux: le logement, le vêtement et la nourriture; mais le genre et la manière de celte interdépendance sont déterminés par la situation sociale et le goût de l'individu.
Naturellement, les changements de prix d'autres articles en question exerceront aussi leur influence sur le rapport de grandeur de l'ordonnée de la quantité minimum à l'ordonnée initiale et à l'ordonnée du point culminant et souvent aussi sur la quantité minimum elle-même. Les modifications de forme, qui en résultent [»oui1 la courbe de la jouissance bg (lig. 44), qui différera beaucoup eelon les circonstances, se présentent avec plus de clarté quand nous laissons exemptes de ces changements la quantité de pleine satisfaction et son ordonnée. Si la satisfaction initiale augmente par suite de la baisse de prix d'un article concurrent dans une mesure plus forte que la jouissance liée aux combinaisons de consommation où l'emploi de A est peu considérable, de sorte que l'on ne tienne pas compte de telles combinaisons qui sont laissées de côté dans la nouvelle courbe big, la quantité minimum croit par exemple de Ox à 0fi-i » et 'e Pr'x maximum s'affaisse. La consommation de .1 n'a lieu eu général qu'aux bas prix, elle est ainsi rendue moins engageante, et seuls les modes d'emploi abondants entrent encore en considération; une modification de ce genre peut se produire quand il y a baisse «lu prix d'une qualité meilleure. Si, au contraire, L'ordonnée de la quantité minimum croit autant que l'ordonnée initiale, la quantité minimum et aussi le prix maximum ne